Château d’Arlay, Jura : Arlay en Franche-Comté, non loin des contreforts jurassiens et en bordure de la Bresse, est le cœur du vignoble jurassien.

Lons-le-Saunier n’est qu’à 12 km plus au nord, à mi-chemin entre la Bourgogne et la Suisse. Le village est dominé par le célèbre château d’Arlay dont les vignes descendent en pente douce depuis les vestiges de l’ancienne forteresse. C’est un vignoble de 25 ha qui se reconvertit à l’agriculture biologique. Il est planté de vieilles vignes dont certaines parcelles sont en lyre : trousseau, poulsard, chardonnay, savagnin et pinot noir. Implanté au XVe siècle, ce dernier cépage occupe aujourd’hui 47 % du vignoble. Il offre ici le meilleur vin rouge du Jura. Tous bénéficient d’un terroir exceptionnel, une géologie riche en calcaires à fossiles et en marnes (lias inférieur), une  exposition plein sud et une protection des vents du nord.

Depuis le Haut Moyen Âge

Ce château dont les vignes remontent au Haut Moyen Âge a acquis une réputation mondiale grâce à des vins devenus légendaires :

  • son vin corail, une spécialité du domaine, obtenue par macération et non par saignée des cinq cépages du château, suivie d’un élevage de 3 ans en vieux fûts ;
  • ses remarquables vin jaune et vin de paille, les fleurons du château. Le vin jaune est élevé près de 7 ans en fût, laissés en vidange par évaporation naturelle, sans ouillage ni soutirage ni sulfitage, sous un voile de levures indigènes. Le moindre défaut est systématiquement écarté. Il n’y a qu’une seule mise en bouteille par millésime, variant de 5 à 8000 bouteilles. Quant à son vins de paille, il est considéré comme l’un des meilleurs vins moelleux du monde.

Nul doute, château d’Arlay est un véritable Grand Cru de l’appellation Côtes du Jura dont la production (environ 90 000 bouteilles par an) est exportée dans le monde entier.

Jamais vendu

Constitué dès le IXe siècle en tant que demeure seigneuriale dotée d’un vignoble, le château d’Arlay est surement le plus ancien château viticole de France voire du monde. De plus, voici un prestigieux domaine qui n’a depuis le XIe siècle jamais été vendu mais toujours transmis par héritage légitime. Le château actuel dominant le village blotti à son pied date du XVIIIe siècle. Il est dû à la comtesse de Lauraguais et fut réaménagé en 1830 par le prince d’Arenberg. C’était à l’origine un ancien monastère de l’ordre des Minimes aujourd’hui habité par la famille des derniers héritiers, les Laguiche. Il est classé monument historique.

Des vignes royales

Au XVe siècle, la lignée des comtes de Chalon-Arlay dont les terres sont en marge du Saint Empire romain germanique voit sa puissance renforcée par l’exploitation du sel (Lons-le-Saunier, Salins-les-Bains). Elle prend alors par mariage le titre de Prince d’Orange et au  XVIe siècle, par héritages et testaments entre dans le giron de Guillaume de Nassau donc ancêtre à la fois de la famille royale d’Angleterre et de celle des Pays-Bas. D’ailleurs parmi ses nombreux titres, la reine de Hollande est encore aujourd’hui Baron van Arlay. Plus tard, château d’Arlay deviendra vigne royale d’Angleterre, d’Espagne, de France puis au XIXe siècle, vigne de S.A.S le prince A. d’Arenberg et au XXe siècle, celle du comte R.J. de Vogüe.

Depuis le comte Renaud de Laguiche

Depuis 1960, le comte, Renaud de Laguiche a entrepris de créer une entreprise viticole de renom international. Alain de Laguiche, son fils, est arrivé au château d’Arlay en 1985 et le dirige depuis 1995. Tous ses efforts aujourd’hui portent sur une conduite moderne des vinifications, suivie par un élevage traditionnel en fûts dans les magnifiques caves voûtées du château. Il voue une fascination au vin jaune et à son mystère. Pour lui, c’est un des plus grands vins du monde. Sans doute se rappelle-t-il que c’est un comte de Chalon d’Arlay qui rapporta d’une croisade un nouveau cépage, le savagnin, offrant au Jura son vin le plus singulier, doté par son exceptionnelle persistance d’une très grande aptitude à vieillir (un siècle et au-delà). En plus, ce vin jaune au goût à nul autre pareil se marie à merveille avec la gastronomie locale (volaille aux morilles, fromage de Comté…) et transcende la Grande Cuisine avec le caviar, les oursons, le curry, le canard à l’orange, les sushis japonais, les fromages affinés de montagne… et jusqu’au chocolat.

Pas étonnant que la renommée de tels vins est établie aujourd’hui sur les cinq continents !