Costières de Nîmes AOC (Rhône)

Costières de Nîmes, une appellation résolument rhodanienne ! Elle s’expriment en rouge à 55 %, en rosé à 35 % et en blanc 10 %. Costières de Nîmes a déposé début 2017 un dossier auprès de l’INAO pour faire reconnaître deux dénominations géographiques complémentaires à son appellation : Franquevaux et Saint-Roman. Il s’agit de la première étape d’une hiérarchisation pyramidale de ses vins calquée sur celle des Côtes du Rhône. Costières de Nîmes, AOC depuis 1986*, la plus méridionale de la vallée du Rhône se veut résolument rhodanienne. Curieux paradoxe puisque le Gard appartient  administrativement au Languedoc (et à sa nouvelle région, l’Occitanie) ! Mais, dans le caractère si singulier des Costières de Nîmes, tout, sols, cépages, climat, et vent rattachent cette appellation indubitablement à la vallée du Rhône.

*Cette reconnaissance en AOC se fit d’abord sous l’appellation Costières du Gard qui devint en 1989 Costière de Nîmes. Aboutissement d’une démarche engagée  dans les années 1920, lorsque les producteurs créèrent un syndicat pour définir la zone de production des vins des Costières.

Costières de Nîmes

Les Costières de Nîmes s’étendent des garrigues du sud-est de Nîmes jusqu’aux berges du Rhône, au nord-ouest de la Camargue (© Christophe Grilhé – Inter Rhône)

Entre Nîmes et les étangs de Camargue

Carte Costières de Nîmes)

La carte de l’appellation Costières de Nîmes (souce : www.torvund.net)

Les Costières de Nîmes s’étendent des garrigues du sud-est de Nîmes, célèbre pour ses monuments romains jusqu’aux berges du Rhône, au nord-ouest de la Camargue (marais et étangs de la Petite Camargue) constituant le trait d’union entre les vignobles des Côtes du Rhône (limitrophe des appellations Tavel et Lirac) et ceux du Languedoc.

Cette vaste zone de collines et de plateaux* située entre 20 et 130 m d’altitude forme un quadrilatère de 40 km de long entre Meynes et Vauvert, et de 10 km de large entre Saint-Gilles et Beaucaire dans les limites de la vallée du Gardon au nord-est, de la plaine de la Vistre au sud-ouest et du canal du Rhône à Sète au sud.  Sur les 25 000 ha de l’aire de production, seuls 4500 ha sont plantés en vignes (dont 25 % en bio) auxquels il faudrait ajouter les 7 ha de l’AOC Clairette de Bellegarde. L’appellation regroupe 70 domaines (voir leur liste plus bas), 12 coopératives et 3 négoces. La production annuelle est de 30 millions de bouteilles dont 30 % vendues à l’exportation. Le coût de vente de l’hectare est estimé à 15 000 € en Costières.

* Costières est le terme géographique qui désigne cette plaine caillouteuse, parfois ondulée de la Vistrenque  considérée comme le jardin de la ville de Nîmes. Elle est traversée par la Vistre, fleuve qui lui a d’ailleurs donné son nom. Cette zone viticole produit également un IGP (ex Vin de Pays) en rouge, rosé et blanc appelé tout simplement Vistrenque.

Un climat méditerranéen aux inflexions maritimes

Galets Costières de Nîmes

Ces galets roulés si spécifiques aux terroirs des Costières de Nîmes et de Châteauneuf-du-Pape sont essentiellement siliceux (sédimentaires de silice). Photo du domaine Michel Gassier (Château de Nages à Caissargues).

Dominant les vallées du Gard et du Rhône, la vigne établie sur des pentes ensoleillées s’enracine dans des sols composés d’alluvions caillouteuses. Elles constituent un sous-sol de galets enveloppés sur une épaisseur de 5 à 15 mètres dans un sable jaune clair ou rouge foncé. Il s’agit d’un lit d’argile rouge appelé gapan, situé le plus souvent en profondeur ainsi que le taparas (sorte de ciment calcaire) qui lie les galets entre eux. Cet ensemble forme des terrasses de galets roulés (les galets libres sont appelés gress) sur des terres argilo-calcaires très similaires à Châteauneuf-du-Pape, venant des Alpes et transportés par le Rhône et la Durance, il y a plus d’1,5 million d’années. Et quand les brises marines en provenance de la Camargue rencontrent la masse chaude de ces terrasses de galets, un effet de convection crée une forte ventilation entraînant une grande amplitude thermique entre le jour et la nuit, propice à la préservation de la fraîcheur du fruit et à la typicité de ces vins. Le climat de type méditerranéen aux inflexions maritimes constitue un autre atout pour produire des vins qui bénéficient du vent. Le mistral qui souffle ici tout au long de l’année assainit le vignoble avec un régime des pluies concentré sur un nombre réduit de jours et un fort ensoleillement annuel comptant une moyenne de 2700 heures.

Une appellation en pointe au niveau environnemental

Costières de Nîmes a été la première AOC à se doter dès 2006 d’une Charte Paysagère et Environnementale afin de protéger son terroir. Un plan organisé en trois niveaux : 1/la propreté générale de l’exploitation en phase de démarrage ;  2/ le développement de pratiques culturales durables et l’entretien des éléments paysagers en phase de déploiement ; 3/ la généralisation des pratiques culturales durables et une valorisation active des éléments paysagers en phase de confirmation.

Les 24 communes de l’appellation Costières de Nîmes marquée par plus de 20 siècles d’Histoire

L’appellation Costières de Nîmes s’étend sur le territoire de 24 communes du département du Gard, marqué par l’Histoire gallo-romaine. Elle englobe dans son aire d’appellation, comme un rappel de son passé, l’IGP (Indication Géographique Protégée, ex Vins de Pays) Coteaux-du Pont-du-Gard occupant le tiers sud-est du département du Gard (possibilité donc de produire de l’AOC Costières de Nîmes et/ou de l’IGP Coteaux du Pont du Gard, appellation qui autorise en plus le cabernet sauvignon, le cabernet franc et le merlot). Tout proche, Sernhac voit sa commune traverser par l’aqueduc reliant Uzès à Nîmes à la suite du pont du Gard. A la sortie de Beaucaire sur la route de Saint-Gilles, le Mas des Tourelles construit sur les vestiges d’une cave gallo-romaine (et ses ateliers de fabrication d’amphores), produit des vins (hors appellation pour ceux là !) à partir des recettes de vinification laissées par les auteurs latins. Autre période, le temps des abbayes qui propagèrent le vignoble comme à Saint-Gilles avec son abbatiale romane qui fêtait ses 900 ans en 2016, une étape importante sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Sait-on qu’au XIVe siècle, les vins de Saint-Gilles, de Nîmes et de la Costière étaient bus et appréciés à la Cour pontificale d’Avignon. Le pape Jean XXII faisait alors venir son vin nouveau de Saint-Gilles, Nîmes et Beaucaire. Plus tard, Urbain V ayant quitté Avignon pour Rome se fit envoyer par le port d’Arles une cargaison de vin de Nîmes et… de Beaune.

Costières de Nîmes

Le Domaine de Poulvarel à Sernhac, proche du Pont du Gard est un vignoble familial mené par Elisabeth et Pascal Gas produisant des cuvées (Les Cantarelles, Les Perrottes, Les Agapans) reprenant les noms des antiques tunnels Romains.

Des vins côté mer, côté garrigues

Aujourd’hui, les Costières de Nîmes sont des vins essentiellement rouges qui s’expriment par des arômes de fruits rouges et noirs, d’épices douces, avec de légères notes torréfiées. Ils sont en général plus puissants et plus charpentés sur les versants tournés vers la mer, plus souples et fruités sur ceux exposés au nord, vers les garrigues de Nîmes. Ne pas attendre, les boire entre 2 et 6 ans.

  • Aubord,
  • Beaucaire,
  • Beauvoisin,
  • Bellegarde,
  • Bernis,
  • Bezouce,
  • Bouillargues,
  • (Le) Cailar,
  • Caissargues,
  • Garons,
  • Générac,
  • Jonquières-Saint-Vincent,
  • Lédenon,
  • Manduel,
  • Meynes,
  • Milhaud,
  • Nîmes,
  • Redessan,
  • Rodilhan,
  • Saint-Gilles,
  • Sernhac,
  • Uchaud,
  • Vauvert,
  • Vestric-Candiac.

L’encépagement dominé par les rouges

En rouge (55 % de la production) et en Rosé (35 %), l’appellation offre 3 cépages principaux : le grenache, le mourvèdre et la syrah. Leur proportion (depuis 2015) doit être supérieure ou égale à 60 % de l’encépagement sachant que pour ces deux derniers, elle doit être supérieure ou égale à 20 %. En cépages accessoires on trouve le carignan, le cinsaut et le marselan. Pour ce dernier, sa proportion doit être inférieure ou égale à 10 % de l’encépagement. En ce qui concerne  la vinification en rouge et en rosé, la proportion du cépage principal ou de l’ensemble des cépages principaux doit être supérieure ou égale à 50 % de l’assemblage et pour le marselan, une proportion égale ou inférieure à 10 %.

En blanc (10 % de la production), on trouve 3 cépages principaux : le grenache blanc, la marsanne, la roussanne et en cépages accessoires : le bourboulenc, la clairette, le macabeu, le vermentino et le viognier. En vinification, les vins blancs doivent provenir de l’assemblage d’au moins 2 cépages prévus dans l’encépagement dont au moins un des cépages principaux. La proportion du cépage principal ou de l’ensemble des cépages principaux doit être supérieure ou égale à 60 % de l’assemblage. Enfin, la proportion de viognier doit être inférieure ou égale à 20 % de l’assemblage.

Costières de Nîmes

Jean-Paul Cabanis est vigneron en bio depuis 1984. Le domaine Cabanis en Petite Camargue, à Vauvert possède 14 ha de vignes sur un terroir constitué de grès roulés sur un sous-sol argilo-siliceux. Il a fait le choix du bio dès 1984, ce qui en fait l’un des plus vieux domaines bio de la Vallée du Rhône.

Une prochaine hiérarchisation du vignoble en trois niveaux

2017 marque une première étape. Elle s’est faite par un dépôt de dossier auprès de l’INAO pour la reconnaissance de deux dénominations géographiques complémentaires à l’appellation Costières de Nîmes : Franquevaux et Saint-Roman. Il s’agit pour l’appellation de structurer son vignoble en trois niveaux : 1/appellation régionale, 2/dénomination géographique complémentaire, 3/appellation communale (ici, Franquevaux et Saint-Roman). Ce chantier, réalisé en collaboration avec le géologue Georges Truc, spécialiste des terroirs de la vallée du Rhône doit permettre de consolider l’identité et la typicité des terroirs de l’AOC Costières de Nîmes. Réponse attendue pour 2019.

Un cahier des charges plus restrictif

Bernard Angelras,

Bernard Angelras, Président depuis 2003 du Syndicat des Costières de Nîmes.

Nous avons identifié deux zones particulièrement propices à la production de grands vins de par le sol, la qualité du vignoble et les pratiques des vignerons. Un projet de cahier des charges plus restrictif a été validé avec les 51 caves particulières et 7 caves coopératives engagées dans le projet. Il intègre des notions plus strictes en termes de conditions de production mais aussi de normes environnementales * précise Bernard Angelras, président depuis 2003 du Syndicat des Costières de Nîmes et également adjoint au maire de Nîmes. Il a aussi été élu Président de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), en janvier 2017 succédant à Bernard Nadal, viticulteur au Pic Saint-Loup. Bernard Angelras, la cinquantaine, né à Nîmes pendant une corrida (cela ne s’invente pas !) exploite le domaine du Petit Romain, un vignoble de 80 ha situé aux portes de Nîmes avec son épouse et ses deux fils.

* Un cahier des charges plus strict : rendement à 48 hl/ha au lieu de 60 hl/ha, des vignes de plus de 7 ans contre 3 ans, plus de paillage plastique, interdiction de désherber, suppression des engrais de synthèse…)

Costières de Nîmes et ses deux futures appellations communales 

Le terroir de Franquevaux

Ce terroir situé entre 10 et 60 m d’altitude sous influences maritimes est marqué par l’histoire de sa prestigieuse abbaye cistercienne sur la commune de Beauvoisin. Au XIIIe siècle, les moines avaient su déceler ici un terroir d’exception pour y implanter de la vigne et des oliviers. L’abbaye est en ruines mais ses pierres permirent de construire le hameau. On est au cœur de la Petite Camargue avec ses étangs et ses marais. Le terroir de Franquevaux est à mi-chemin entre les villes de Saint-Gilles et de Vauvert, au sud des Costières de Nîmes occupant les terres formées par les alluvions de la Durance. Il couvre les communes de

  • Beauvoisin,
  • Le Cailar,
  • Générac,
  • Saint-Gilles,
  • Vauvert.

    Le terroir de Franquevaux

    Le terroir de Franquevaux, future appellation communale de l’AOC Costières de Nîmes sous influence maritime, ici dans la Petite Camargue.

Le terroir de Saint-Roman

Là encore, une abbaye (près de Beaucaire) nichée dans le rocher de l’Aiguille, a laissé son empreinte sur ce terroir à vignes. Dominant le Rhône au dessus de Comps s’élèvent au milieu des garrigues, les vestiges de cette étonnante abbaye troglodytique de Saint-Roman fondée au Ve siècle par des ermites disciples de Saint Roman. Cette future appellation communale, à une altitude entre 60 et 150 m, se situe dans la partie nord de l’appellation Costières de Nîmes sur les terres rhodaniennes des communes  suivantes :

  • Aubord,

    Terroir de Saint-Roman

    Vignobles du Cellier des vestiges romains à Bouillargues sur le terroir de Saint-Roman. Cette cave coopérative de Bouillargues-Garons devenue Cellier des Vestiges Romains occupe un terroir de gress à galets roulés sur sol argileux et calcaire.

  • Beaucaire,
  • Bellegarde,
  • Bernis,
  • Bezouce,
  • Bouillargues,
  • Jonquières-Saint-Vincent,
  • Lédenon,
  • Manduel,
  • Meynes,
  • Milhaud,
  • Nîmes,
  • Redessan,
  • Rodilhan,
  • Sernhac,
  • Uchaud,
  • Vestric-et-Candiac.

Liste non exhaustive des producteurs de l’appellation Costières de Nîmes

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