Libournais (le) : dans le bordelais, cette région englobe les appellations

–         Saint-Émilion (avec ses satellites),

–         Pomerol,

–         Lalande-de-Pomerol,

–         Fronsac,

–         Canon-Fronsac.

Libourne, seconde métropole du Bordelais, haut lieu du négoce des vins et sous-préfecture de la Gironde, n’est pas une appellation. Pourtant, le Libournais, flanqué de la butte de Fronsac à l’ouest et des coteaux du Saint-Émilionnais à l’est, rassemble quinze appellations parmi les plus réputées du monde. Chaque année, le Libournais fournit 600 000 hl de vins exclusivement rouges provenant d’un encépagement où domine le merlot. L’insolence de ce cépage semble ici, sans limite. Non content d’apporter sa couleur, sa souplesse, son fruit et son alcool à bon nombre de vins, il va jusqu’à constituer 95 % d’un cru exceptionnel comme le sublime Petrus. Quel rôle est donc laissé au cabernet franc, appelé localement bouchet ,  au cabernet sauvignon, si ce n’est de jouer les outsiders, aidés en cela par le malbec (côt ou  noir de Pressac ), avec leur faible obole de pigments, de tannins et d’arômes ?

Ici, dans le Libournais, on est loin des grands domaines du Médoc. Le morcellement du vignoble en une multitude de minuscules propriétés (2 à 3 ha) est de mise. Pas de grands châteaux, mais de simples maisons. Modestie des bâtiments, taille réduite des exploitations : Petrus, par exemple, vin à l’histoire récente mais déjà légendaire est une simple maison blanche qui tire son nom d’une statue de Saint Pierre placée sur un des murs extérieurs du château. Le domaine ne s’étend que sur 12 ha à peine. Ausone, vignoble de coteaux admirablement situés, dépasse à peine les 7 ha. Le 36 ha de Cheval Blanc semblent être la seule exception.