Petit verdot (cépage noir) : c’est le plus petit des trois grands cépages noirs du Médoc. Il vient en appoint, il joue le rôle d’assaisonnement, de troisième rôle ; il est monsieur 5 % (et encore !) des assemblages des plus grands châteaux. Mais ni l’impérial cabernet sauvignon ni son complice, le cabernet franc, tous les deux à la carrière internationale ne peuvent se passer de lui. Lui, le modeste* est resté chez lui, à Bordeaux. D’ailleurs n’était-il pas cultivé ici, avant même le cabernet sauvignon.

Monsieur 5 %

Dans le jeu des assemblages, il est le joker. Il apporte cette petite touche qui va affiner à la perfection la plupart des grands crus. N’a-t-il pas dans sa manche, la couleur et ce supplément d’âme que représente sa richesse aromatique, tannique (difficile à déguster les premières années, du fait de sa richesse en tannins, il s’arrondit en vieillissant) et alcoolique avec ces notes épicées qui rappelle la syrah. L’origine de ce grand méconnu est bordelaise bien que l’on penche également aujourd’hui pour une origine pyrénéenne. Son nom petit verdot viendrait de vert, vert comme acide comme dur ou plutôt, vert pour qui n’est pas mûr, normal pour ce cépage tardif dont les fruits restent verts plus longtemps que les autres.

Un regain de plantation

Que dit-on de lui ? Que du mal et/ou que du bien ! On le boude et on l’encense. Il est très dur à vendanger, c’est un cépage qui produit beaucoup de raisins, mais ils sont très petits, explique-t-on pour aussitôt ajouter que son rendement est très aléatoire. En général, on dit que deux récoltes sur dix sont bonnes mais… quand sa culture est bien maîtrisée et que le climat se fait complice alors, ça donne des choses extraordinaires !

Plutôt délaissé ces trente dernières années, il existe actuellement un véritable regain pour ce cépage (400 ha en tout). Il est de nouveau planté et avec le réchauffement climatique, ce cépage tardif semble promis à un avenir très prometteur. Aujourd’hui,  les crus classés du Médoc lui consacrent 5 à 10 % de leur encépagement. Il est aussi présent depuis peu surtout au Chili et en Californie.

Ses synonymes : verdau (Gironde), héran (Landes), lambrusquet (Pyrénées-Atlantiques) et carmelin (Dordogne).

*Il était autrefois réservé aux plaines et aux palus du Médoc.