Pourriture grise (viticulture) : l’un des pires ennemis de la vigne est le Botrytis (appelé plus communément pourriture grise). Il est provoqué par le champignon Botrytis cinerea particulièrement polyphage.

Pourriture grise, pourriture noble

C’est une maladie très redoutée des viticulteurs en raison des dégâts qu’elle occasionne et de l’incidence sur la qualité des vins : pertes quantitatives et incidence qualitative qui se traduit essentiellement par une altération de la couleur et des arômes du vin. Mais si, sous certaines conditions, Botrytis attaque des baies de raisins blancs déjà mûres, on a affaire à un véritable miracle, la pourriture noble (voir article précédent), le saint graal que recherche tout vigneron pour produire de très grands liquoreux (Sauternes, Monbazillac,  Layon, etc.).

Surtout visible à partir de la véraison

Botrytis cinerea est un champignon dont l’épidémiologie est extrêmement complexe. La maîtrise de ce pathogène nécessite une stratégie de lutte globale alliant prophylaxie et protection phytosanitaire. Il faut savoir que le Botrytis cinerea  se conserve pendant le repos végétatif, sous forme de sclérotes (la forme de conservation hivernale de ce champignon) ou de mycélium (partie végétative des champignons), sporule puis se dissémine. Le Botrytis n’est vraiment visible qu’à partir de la véraison et son développement s’effectue par la création de nouveaux foyers puis par extension des foyers existants (contaminations de baies de proche en proche). A ce stade et jusqu’à la récolte, le développement de la maladie est fortement conditionné par la météorologie, en particulier par les précipitations* surtout à l’approche de la maturité des baies. Pendant la véraison et peu de temps avant la récolte, les grains montrent un aspect pourri caractéristique, avec développement d’une moisissure grisée typique. De nombreux raisins tombent alors au sol avant leur maturité. Les pertes deviennent catastrophiques.

*Ou à partir de blessures occasionnées par les tordeuses de la grappe notamment.

Stratégie de lutte

Des mesures prophylactiques telles que le choix du porte-greffe, le choix du clone, l’enherbement contrôlé et l’effeuillage précoce et modéré peuvent réduire de 50 % les niveaux d’attaques.

Méthodes de lutte prophylaxie
Elle s’opère :
1/en limitant la vigueur (choix du matériel végétal, gestion de la fumure, enherbement) et en réalisant tous travaux en vert favorisant l’aération des grappes.
2/en limitant les blessures mécaniques mais surtout dues à des maladies ou ravageurs (protection préventive contre les tordeuses et l’oïdium).
3/ en réduisant les apports d’azote.

Lutte écologique
L’utilisation d’organismes vivants (levures,bactéries, champignons) pour lutter contre le botrytis est en cours d’étude, ainsi que l’utilisation de stimulateurs des défenses naturelles de la vigne.

Lutte chimique
Elle est exclusivement préventive et l’alternance des familles chimiques est impérative : une famille chimique par parcelle et par an. La qualité de la pulvérisation doit être irréprochable. L’application de la bouillie doit s’effectuer face par face et être localisée sur la zone des grappes.

  • Les bienfaits du cuivre : outre son efficacité fongique directe contre le mildiou de la vigne, le cuivre (bouillie bordelaise ou hydroxyde de cuivre) a aussi des effets secondaires notamment contre la pourriture grise.