Château Valandraud  est un Saint-Emilion Premier Grand Cru classé B  depuis 2012. Le journal Le Monde titrait le 8 septembre 2012 : Le roturier, le vin de garage et le classement. Roturier, Jean-Luc Thunevin l’est, aux antipodes de cette aristocratie du vin qui règne sur Saint-Emilion, une sorte de mouton noir comme on aima le qualifier.

La révolution Valandraud

Ce fils d’agriculteurs pieds-noirs algériens y avait débarqué 28 ans auparavant avec sa valise en carton et 100 000 francs en poche (15 000€). Mais du demi-hectare qu’il put s’offrir à l’époque, aidé par un petit négoce de vin et après avoir frôlé la faillite, jaillira la révolution Valandraud. C’était une nouvelle philosophie, un nouveau concept, celui de vin de garage si critiqué à l’époque par l’establishment bordelais. On peut penser qu’il eut la révélation de ces micro-cuvées à tout point exceptionnelles au cours d’une dégustation de Le Pin, un Pomerol issu d’un petit vignoble de Jacques Thienpont.

Le Bad boy de Saint-Emilion

Le Bad boy surnom que lui affubla le critique américain Robert Parker*, se mua alors en précurseur, en  vigneron talentueux aidé il est vrai par sa femme et son ami Michel Rolland. Il devint également en redoutable homme d’affaire au point d’en remontrer aux plus retords de ces notables héritiers du vin de la cité. Son Valandraud, salué par le monde entier entra dans le célèbre classement. Pourtant la véritable consécration ne viendra qu’en septembre 2012 lorsqu’il put enfin monter sur la seconde marche du classement officiel. Alors Champagne Monsieur Thunevin !

*95/100 attribué par Parker pour le Valandraud 1995. C’est ce millésime qui fut surnommés pour la première fois vin de garage par la presse anglo-saxonne, un vin d’une concentration exceptionnelle au succès foudroyant. Le Valandraud 95 sera l’un des vins les plus chers du monde dépassant même la Romanée-Conti.

De la micro-cuvée à l’empire Thunevin

Des 0,6 ha acquis en 1989 dans le vallon de Fongaban, aux pieds des vignes de Pavie-Macquin et La Clotte (d’où l’origine du nom de Valandraud : val pour vallon et Andraud pour le nom de sa femme, Murielle), on est aujourd’hui à 10 ha. Pour château, le couple choisit un vieux poulailler du XVIe siècle. De parcelles en propriétés, le domaine gagnera en quelques années de nouvelles implantations à Saint-Christophe-des-Bardes et à Saint-Etienne-de-Lisse en direction des Côtes de Castillon sur des sols argilo-calcaires et siliceux graveleux. L’encépagement privilégie le merlot à hauteur de 65 % pour 25 % de cabernet franc. A noter la présence d’un peu de cabernet sauvignon (5 %), de malbec (4 %)  et 1 % de carmenère, un cépage devenu rare. Les vignes ont en moyenne une trentaine d’années.

L’esprit garage

Au départ, c’est l’esprit garage comme ce tout premier millésime en 1991 ! Les Thunevin font tout. Ils travaillent leur parcelle à la pioche, taillent, labourent, effeuillent chaque pied de vigne, recherchent la maturité optimale des raisins pour démarrer les vendanges et trient les grappes bien mûres grain par grain. Ils fabriquent leur vin tel des parfumeurs de génie. Petites quantités mais très grandes qualité avec apport d’une technologie de pointe.

L’esprit Valandraud Premier Grand Cru classé B

Aujourd’hui, c’est un cru à part entière qui est produit. Tout est fait de manière à la fois traditionnelle et moderne avec le concours de Rémi Dalmasso maître de chai et d’un œnologue-consultant du Laboratoire Rolland : taille en guyot double, épamprage, levage, effeuillage, vendange en vert, rendement de 30 hl/ha en moyenne. Les vendanges sont manuelles, un premier tri s’effectue directement sur le terrain afin de ne ramasser que les grappes bien mûres. Parvenues au chai les grappes sont de nouveaux sélectionnées, avant d’être égrenées. L’étape suivante consiste à éclater les graines. Le moût obtenu, très riche et pur, est alors écoulé dans les cuves de fermentation (bois et inox ou béton). A la fin de la fermentation alcoolique, le vin est écoulé dans des barriques de chênes neuf à 100% pour la fermentation malolactique. L’élevage à une durée variable selon la qualité du millésime, de 18 à 30 mois.

  • La production annuelle se monte à environ 15 000 bouteilles.
  • Second vin : Virginie de Valandraud (du nom de la fille de Jean-Luc Thunevin) Saint-Emilion Grand Cru. Lancé en 1992, en tant que second vin, il est depuis 1997, une cuvée à part entière produite dans les mêmes conditions que celles du château sous la direction de Murielle Andraud. La production se monte à 15 000 bouteilles.

L’empire Thunevin

  • 3 de Valandraud : Saint-Emilion Grand Cru (4,5 ha, 35 000 bouteilles)
  • Clos Badon Thunevin : Saint-Emilion Grand Cru. 6,5 ha en bas des célèbres coteaux  de la Côte de Pavie (15 000 bouteilles)
  • Bad Boy en appellation Bordeaux (60 000 bouteilles)
  • Domaine Virginie Thunevin en appellation Bordeaux rouge : 9 ha à Lalande de Fronsac (30 000 bouteilles)
  • Baby Bad Boy : vin de France (45 000 bouteilles)
  • Le Clos du Beau Père : Pomerol (4 ha, 20 000 bouteilles)
  • Château Bel Air Ouÿ : Saint-Emilion Grand Cru (6,5 ha, 30 000 bouteilles)
  • Domaine des Sabines : Lalande de Pomerol (10 ha, 20 000 bouteilles)
  • Château Bellevue de Tayac : Margaux (3,5 ha et 1 ha en fermage, 7000 bouteilles)
  • Bad Girl : Crémant de Bordeaux (20 000 bouteilles)
  • Château Franc Maillet Cuvée Jean-Baptiste : Pommard (Côte de Beaune, Bourgogne) 0,70 ha, 3600 bouteilles