Grignan-les Adhémar ex-Coteaux du Tricastin se décline en rouge, rosé et blanc. Cette appellation gênée par la notoriété (!) de la centrale nucléaire du même nom mais aussi par la petite taille de son vignoble, a obtenu à partir de la récolte 2010 par décision exceptionnelle de l’INAO, de se rebaptiser en Grignan-Les Adhémar. A l’appui, un nouveau cahier des charges avec un rendement limité à 45 hl/ha, des encépagements de syrah et de viognier accrus (30 % minimum par exploitation), une interdiction du désherbage total ce qui entraîne un meilleur travail du sol et enfin,  une incitation au développement de la culture bio. Sa zone de production est située dans la Drôme, sur la rive gauche du Rhône, à 50 km au sud de Valence, entre le Dauphiné et la Provence, de Montélimar à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

La frontière de la culture de l’olivier

Cette région de Grignan de la Drôme Provençale marque la frontière de la culture de l’olivier. C’est un terroir offrant des lumières, des odeurs, des couleurs à l’infini où la vigne se mêle à la lavande, aux garrigues, aux oliviers et aux chênes truffiers ; un pays qui ne pouvait que séduire la Marquise de Sévigné qui venait y voir sa fille, la comtesse de Grignan après son mariage avec François Adhémar de Monteil (Elle devait d’ailleurs y mourir en 1696). Du haut de son château de Grignan, la marquise décrivait ces ceps produisant des vins exquis. Elle parlait des vins de Donzère sur le rocher duquel les romains avaient édifié un temple dédié à Bacchus, le dieu du vin, des vins vendus aujourd’hui sous le nom de Grignan-les Adhémar.

Repris par les rapatriés d’Algérie

Edifié sur une crête, le village de la Garde Adhémar est un nid au-dessus de la vallée du Rhône. Il a en commun avec le village de Grignan d’appartenir historiquement à la famille des Adhémar. C’est d’ailleurs cette association des deux villages qui donna naissance au nouveau nom de l’appellation : Grignan et Les Adhémar. Le vignoble de 1800 ha aujourd’hui,  fut planté à l’origine par les Phéniciens dès le Ve siècle avant J.-C. Il reprit vie après la crise du phylloxera dans les années 60  grâce aux viticulteurs rapatriés d’Algérie. Classées VDQS en 1964, les vignes ne couvraient plus alors que 365 ha (2 500 ha un siècle plus tôt !). L’obtention de l’AOC date de 1973.

Les quatre terroirs de Grignan-les Adhémar

Le sous-sol est principalement argilo-calcaire ou sablonneux, avec la présence de gros galets roulés par le Rhône ou de terrasses formées de cailloutis calcaires et d’alluvions anciennes en bordure de la plaine du Rhône. On y distingue 4 grands terroirs :

  • Le centre : une chaîne de collines aux sols de terres de grès;
  • Le sud-est : plaine à forte pente, terrains très caillouteux ou graves;
  • L’ouest : un ensemble de terrasses formées de cailloutis calcaires et d’alluvions anciennes en bordure de la plaine du Rhône;
  • Le nord : terroirs composé de gros galets ronds roulés par le Rhône.

Une production dominée par les vins rouges

Les vins rouges représentent 72 % de la production, les rosés 22 % et les blancs 6 %. Cette appellation affirme sa personnalité au sein de la vallée du Rhône par le mariage réussi de 6 cépages rouges : syrah, grenache, carignan , mourvèdre, cinsault et nouvellement introduit dans le cahier des charges, le marselan. Ce sont des vins à la robe rubis sombre, au nez de coulis de fruits rouges, de cassis et de bigarreau ; des vins bien équilibrés, francs, nets, vineux avec une finale sur des tannins bien mûrs.

  • Les rosés sont obtenus par pressée ou par saignée. Fruités et élégants, avec des nuances à la fois fraîches et chaleureuses et une bonne persistance en bouche.
  • Les blancs sont rares. Ils sont élaborés à partir de cépages qui ont le caractère de leur terroir de garrigues : la marsanne (qui apporte intensité aromatique et élégance), la roussanne (pour la grande finesse, la complexité et le bel équilibre), le bourboulenc (pour la vigueur), la clairette (pour la fraîcheur et les arômes de pommes), le grenache blanc (pour la longueur en bouche, le gras et l’ampleur) et le viognier (pour les arômes complexes et puissants de pêche, d’abricot, de miel et d’épices).

La superficie en production est de 1632 ha pour un rendement de 30 hl/ha et une production de 48 387 hl (6,5 millions de bouteilles). L’appellation recense 230 producteurs, 33 caves particulières, 10 caves coopératives et 2 unions de producteurs. Le quart de la production est issu de l’agriculture biologique.