Quel parcours et quelle épopée pour une Maison fondée en 1829 dans le village d’Aÿ qui est depuis une quarantaine d’années, The Champagne of James Bond, le plus british des agents secrets de Sa Majesté !

Bollinger, le Champagne de James Bond
Bollinger, le Champagne de James Bond depuis une quarantaine d’années

Ce partenariat (ou mieux, cette relation teintée d’amitié) est née en 1978, lors d’une visite à Aÿ d’Albert Boccoli* (décédé en 1996) détenteur des droits de production du célèbre agent britannique. Cette rencontre avec Christian Bizot alors directeur général de la Maison Bollinger, aboutit à un hand check agreement, un accord oral qui perdure encore. Il faut dire que James Bond est sans doute le héro le plus bankable de tout le cinéma mondial. Bollinger  y tire une couverture médiatique planétaire à l’instar de la vodka Belvédère ou du Château Angélus (Saint-Emilion Premier Grand Cru classé A), alcool et vin préférés de James Bond.

* Droits gérés aujourd’hui par la société de production britannique Eon aux mains des deux héritiers d’Albert Boccoli, Barbara Broccoli et Charles Wilson.

My Bolly darling

Edouard VII,
Edouard VII, couronné en 1902 fut grand amateur du Champagne Bollinger (cliché datant de 1870 alors qu’il était Prince de Galles, surnommé Prince Bertie)

Il est vrai que depuis 1884, le Champagne Bollinger est le fournisseur officiel de la cours d’Angleterre (Royal Warrant). Il fut le Champagne préféré du roi Edouard VII (my Bolly darling disait-il) et en 1981, celui du mariage de Charles et Lady Diana spencer qui se célébra avec un Bollinger R.D. 1973. Les anglais raffolent du Bollinger au point que le marché anglais est encore le premier marché à l’export de la Maison. Fin 1970,  que faire des dernières caisses d’expédition en bois ? Plutôt que les brûlées, elles sont distribuées aux vendeurs de rue du Evening Standard. Beau coup de pub pour Bollinger ! Et quand il fallut choisir le lieu pour la Fondation Madame Bollinger, Londres fut toute désignée (la fondation est un des principaux soutiens de l’Institut des Masters of Wine).

En 2015, pour le dernier opus de la saga James Bond* (le 24e),  Bollinger sortait en édition limitée, Spectre 007, millésime 2009 issu comme il se doit des plus grands crus (68 % de pinot noir d’Aÿ et de Verzenay, 32 % de chardonnay du Mesnil-su-Roger, d’Avize et de Cramant), le reflet  parfait du style Bollinger, vendu avec son coffret isotherme 170 €. Et c’est ainsi qu’à l’instar de ce héro à la réputation planétaire, mais en 6 générations, la Maison qui est restée résolument indépendante, se forgea une image mondiale, faisant de Bollinger, un Champagne mythique.

*Dès 1956, James Bond buvait déjà du Bollinger mais c’était dans le roman de Ian Fleming : Les diamants sont éternels.

Bollinger Spectre Limited Edition, millésime 2009,
Bollinger Spectre Limited Edition, millésime 2009, sorti en 2015, pour le dernier James Bond

Madame Bollinger, Grande Dame du Champagne

Cette Maison so british se devait d’avoir comme icône, un sujet de Sa Gracieuse Majesté (un sujet écossais en plus !) : Elisabeth Law de Lauriston-Boubers, arrière-petite-fille de John Law, tout à la fois aventurier, banquier et économiste, co-fondateur de la Compagnie des Indes. En épousant  en 1923 Jacques Bollinger, petit-fils de Joseph Jacob (dit Jacques Bollinger) cofondateur de la Maison un siècle plus tôt, elle épousait la France et le Champagne. Elle a 24 ans (millésime 1901). Encore aujourd’hui, la Maison lui doit presque tout, son style, son ambiance, ses ambitions. Lui a 29 ans. C’est un pilote héro de la Grand Guerre qui jusqu’à sa mort en 1941, agrandit la Maison (les nouveaux celliers notamment) et acquiert de nouvelles vignes à Tauxières. En femme de caractère, Madame Jacques Bollinger pour les gens d’Aÿ ou tante Lily pour la famille, veuve à 42 ans reprendra avec une incroyable énergie, les rênes de la Maison lui faisant traverser l’occupation sans encombre.

The first lady of Champagne

Madame Bollinger
Madame Bollinger, infatigable ambassadrice des vins Bollinger dans le monde

Dès le début des années 50, Elisabeth Law va devenir une infatigable  ambassadrice des vins Bollinger dans le monde. On la voit sur le paquebot Liberté, sur le Queen Mary, destination New York. Elle parcourt les Etats-Unis, Boston, Chicago, Los Angeles, San Francisco, Miami jusqu’à La Havane fréquentant les établissements les plus huppés, séduisant sans relâche par sa personne et par son Champagne  au point d’y acquérir le titre honorifique (évidemment puisque officiellement pris depuis peu à cette époque par Yvonne de Gaulle !) de the first lady of France. Sous sa direction, la Maison s’étoffera avec l’acquisition de nouvelles vignes à Aÿ, Mutigny, Grauves et Bisseuil.

Récemment Dégorgé (R.D.)

Bollinger R.D. Millésime 2002
Bollinger R.D. Millésime 2002 R.D. pour récemment dégorgé (dont la date est indiquée sur l’étiquette),

Elle prendra deux décisions qui vont marquer de son empreinte l’histoire de la Maison : le lancement de la cuvée Bollinger R.D. en 1967 et deux ans plus tard, celui de la cuvée Vieilles Vignes Françaises.

R.D. pour récemment dégorgé (dont la date est indiquée sur l’étiquette), est une idée de génie qui permet à l’amateur de  consommer un Champagne immédiatement après son dégorgement ; un Champagne qui a  vieilli au moins huit ans et auquel a été ajouté une liqueur d’expédition très faiblement dosée (3 à 4 g/l). Un R.D. offre alors une fraîcheur extraordinaire exprimant d’étonnants arômes secondaires et tertiaires. Une expérience unique qui bouleverse autant les amateurs que le monde du Champagne !

Seuls les grands millésimes sont élevés au rang de Bollinger R.D. Le dernier n’est autre que le 2002 élaboré à partir de 60 % de pinot noir et 40 % de chardonnay. Il est issu de 23 crus : 71 % de Grands Crus et 29 % de Premiers Crus.

Vieilles Vignes Françaises, les deux prestigieux clos Bollinger,

Madame Bollinger eut aussi l’idée de faire un Champagne exceptionnel élaboré à partir de vignes miraculeusement préservées du phylloxera et donc non greffées (francs de pieds) ; des vignes qui proviennent de deux parcelles Bollinger classées Grands Crus à Aÿ : les Chaudes Terres (15 ares) et le Clos Saint-Jacques (21 ares). Elles ont la particularité d’être cultivées à l’ancienne, en foule (provignage) et travaillées à la main avec l’aide d’un cheval. Dernier millésime 2005, un Blanc de Noirs (assemblage 100 % pinot noir), dosage 0 g/l et une production de 3702 bouteilles toutes numérotées.

Le Clos Saint-Jacques à Aÿ (21 ares), appartenant à Bollinger
Le Clos Saint-Jacques à Aÿ (21 ares), appartenant à Bollinger. Cette parcelle franc de pieds a la particularité d’être cultivée à l’ancienne

Tante Lily sur sa bicyclette bleue

Tante Lily
Tante Lily avait l’habitude de parcourir le vignoble Bollinger à bicyclette

On garde de tante Lily à Aÿ, le souvenir de sa frêle silhouette sur sa bicyclette bleue parcourant le vignoble. On garde aussi cette réponse à une interview qui résume en quelque sorte la philosophie de la Maison. Elle  répondait le 17 octobre 1961à un journaliste du London Daily Mail sur son Bollinger 1955 Vintage (appelé depuis 1997, La Grande Année) : « I drink it when I’m happy and when I’m sad. Sometimes I drink it when I’m alone. When I have company I consider it obligatory. I trifle with it if I’m not hungry and drink it when I am. Otherwise I never touch it – unless I’m thirsty … » *

Elle quittera la présidence de la société en 1971 et s’éteindra 6 ans plus tard. Sans enfant, elle s’était appuyée sur ses neveux, Claude d’Hautefeuille et Christian Bizot qui lui succéderont tour à tour.

La bicyclette bleue de tante Lily.
La bicyclette bleue de tante Lily. Son seul luxe, la selle confectionnée par Hermès (Photo FC)

* « Je le bois lorsque je suis joyeuse et lorsque je suis triste. Parfois, je le prends quand je suis seule. Je le considère obligatoire lorsque j’ai de la compagnie. Je joue avec quand je n’ai pas d’appétit, et j’en bois lorsque j’ai faim. Sinon, je n’y touche jamais, à moins que je n’aie soif ».

Les 3 secrets de Bollinger

Ce qui différencie Bollinger des autres grandes maisons de Champagne se résume à trois grandes originalités. La toute première est le fait de posséder en propre 166 ha situés dans la Marne et qui assure à la Maison 60 % de ses besoins. Il s’agit de 7 vignobles placés pour chacun d’eux sous la responsabilité d’un contremaître logé au cœur des vignes. 85 % des surfaces sont constituées de parcelles classées Premiers et Grands Crus.

Le pinot noir signature du style Bollinger

La deuxième originalité est le choix du cépage, le pinot noir, colonne vertébrale du style de la Maison. Il est planté autour de la Montagne de Reims. Il constitue plus de 60 % du vignoble Bollinger. S’y retrouvent le vignoble historique d’Aÿ mais aussi ceux de Tauxières, Louvois, Avenay et Verzenay. La proportion très exceptionnelle de pinot noir dans les assemblages signe le style Bollinger. Mais quel paradoxe pour une maison dont l’ADN est le pinot noir de voir que c’est à Cuis, dans la Côte des Blancs que se situe le plus ancien vignoble de la Maison (héritage d’Athanase de Villermont, cofondateur de la Maison) planté depuis toujours de chardonnay.

Enfin, Bollinger ne fait pas exception, la Maison possède 24 ha de meunier sur des sols mêlés d’argile de la Vallée de la Marne à Champvoisy, Passy-Grigny et Vanteuil donnant des vins souples et riches en sucre qui apportent rondeur et bouquet aux cuvées non millésimées.

Le temps qui prend son temps

C’est en quelque sorte le troisième secret de Borringer : donner du temps au vin  pour qu’il se fasse et surtout ne pas aller trop vite. Ce temps suspendu est le temps des remueurs. Après une période de repos de 3 ans (le double des règles de l’appellation), ces gardiens des caves vont d’un infime mouvement, un petit geste sec du poignet, remuer quotidiennement les bouteilles. Ce rituel va durer 6 semaines jusqu’à ce que la bouteille atteigne très lentement une position  quasi verticale avec pour finalité de rendre au vin sa limpidité en dirigeant le dépôt vers le goulot. Des milliers de bouteilles de La Grande Année, La Grande Année Rosé, Bollinger R.D. et Vieilles Vignes Françaises attendent ainsi dans les caves de la Maison (6 km de galeries) sagement dressées sur leur pupitre, le passage de leur remueur. Ce temps infiniment long, infiniment silencieux prendra fin par un simple geste, celui du dégorgement à la volée marquant pour ces grands champagnes le temps retrouvé.

Les caves Bollinger à Aÿ.
Les caves Bollinger à Aÿ. Les grandes cuvées dans le silence des 6 km de galeries (photo FC)

Ah ces magnums de réserve !

Serait-ce le quatrième secret de la Maison, une caractéristique unique dans le monde champenois, ces fameux magnums de réserve ? Chez Bollinger en effet, on ne stocke pas les vins de réserve (ceux qui serviront pour les assemblages futurs) dans des cuves mais on les embouteille (après une légère prise de mousse), cru par cru, année après année dans des magnums bouchés de lièges et dotés d’une agrafe en acier qui sert à maintenir la tête du bouchon. Et c’est ainsi que 700 000 magnums  de réserve* vont vieillir jusqu’à 12 ans au bon vouloir du chef de cave qui pourra disposer d’une incroyable palette de vins à ajouter à son assemblage de l’année dans une proportion de 5 à 10 %.

*Au visiteur de déchiffrer ces messages à la craie sur les ardoises suspendue par un fil de fer aux parois formées de milliers de magnums qui jalonnent les galeries ! AVZ c’est sûr c’est pour Avizes…mais le reste !

Les caves Bollinger
Dans les caves Bollinger, l’ardoise indique la provenance du vin de réserve entreposé dans ces magnums, Vertus dans la Marne (Premier Cru) 2008 (Photo FC)

Coup de foudre chez Bollinger

Bollinger dispose d'un parc de 3000 fûts
Bollinger dispose d’un parc de 3000 fûts au bon soin d’un tonnelier à demeure (Photo FC)

Chez Bollinger, les tonneaux sont partout. Chaque année, il en faut 3000* pour la vendange (soit 6000 hl de vin), la Maison étant l’une des dernières à vinifier ses grands vins en fûts (fermentation alcoolique suivie d’une fermentation malolactique). Alors le tonnelier (meilleur ouvrier de France), le dernier tonnelier à demeure de Champagne ne chôme pas. Quatre mois lui sont nécessaire pour remettre à neuf 300 tonneaux cerclés de fer ou de châtaignier soit 10 % du parc chaque année ; des tonneaux  bourguignon mais surtout pas neufs. D’ailleurs leur moyenne d’âge est de quarante ans certains même atteignant les cent ans. On se rappelle encore avec émotion l’année 1854 quand  la Russie avait envahie la Crimée (déjà !). La Grande Alliance (dont la France) dût déclarer la guerre au Tsar Nicolas Ier bloquant toute expédition de Champagne vers la Russie, alors que le pays était le plus gros client de la Maison. Mais point question de licencier tonneliers et caissiers ! Georges Bollinger pour les occuper, passa commande de boiseries pour le salon de sa maison. Elles sont toujours là.

*Il faut chaque année pour contenir la vendange, très exactement 3000 fûts de chêne et 350 cuves en inox de 100 hl. Leurs contenus permettront d’élaborer 400 vins différents bien identifiés depuis les vendanges qui serviront à élaborer les assemblages.

Bollinger, plus de 3000 fûts
Bollinger est l’une des dernières Maisons à vinifier ses grands vins en fûts (fermentation alcoolique suivie d’une fermentation malolactique). Photo FC

Une Maison atteinte du HVE

Gilles Descôtes, Chef de Cave de Bollinger.
Gilles Descôtes, Chef de Cave de Bollinger après avoir occupé le poste de directeur technique. Il est secondé par Denis Bunner, Chef de Cave adjoint (Photo FC)

Rien d’inquiétant, au contraire, Bollinger est la Maison exemplaire que le CIVC (le Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne) aime montrer en exemple. La preuve, le domaine Bollinger fut le premier vignoble d’une maison de négoce à se voir attribuer en 2012 la certification HVE pour Haute Valeur Environnementale. Elle récompense la pratique d’une viticulture durable (réduction massive de produits phytosanitaires, lutte biologique contre les insectes, etc.) et fut complétée en 2014 par une nouvelle certification : Viticulture Durable en Champagne adaptée à la spécificité du Champagne (conduite de la vigne, protection phytosanitaire, fertilisation, entretien des sols, gestion des déchets, préservation du paysage et de la biodiversité). Autre sujet de fierté chez Bollinger, la certification ISO 22 000 obtenue dès 2012 qui porte sur les démarches de la Maison sur l’ensemble du process pour les sites d’Aÿ et d’Oger (nouveau site datant de 2012), de la vinification jusqu’à l’expédition ; des normes  visant à assurer la protection des consommateurs, la sécurité des produits, le respect de la réglementation, la communication des informations à tous les niveaux de la chaîne alimentaire et la satisfaction des clients. Gilles Descôtes, le Chef de Cave de la Maison appuie cette démarche en précisant que chez Bollinger, 75  % du vignoble est enherbé, que l’utilisation des pesticides a pratiquement disparu et que la quantité d’insecticide et d’acaricide a diminué en dix ans, de 20  %.

Le format du petit magnum 1846

C’est un joli flacon daté de 1846 qui fut découvert par hasard quelque part dans les caves de la Maison ; un petit magnum très esthétique dont on prit  le format très particulier avec son col plus fin et sa la base plus large pour en faire le nouveau flacon Bollinger 1846. Il est aujourd’hui décliné sur l’ensemble de la gamme, de la demi-bouteille au jéroboam.

Bollinger, une affaire de famille depuis près de 190 ans

Bollinger à Aÿ
Bollinger, une histoire familiale qui court depuis près de 190 ans (Photo FC)

Au sommet de cette affaire familiale fondée en 1829, se trouve la société Jacques Bollinger (SJB) holding familiale dirigée depuis 2015 par Etienne Bizot avec comme Président du Conseil d’Administration, Jean-Marc Coureau. Etienne Bizot, 53 ans, père de 3 enfants est le descendant direct de la famille Bollinger. SJB, propriétaire de 270 ha de vignes (160 ha en Champagne, 43 ha en Bourgogne, 71 ha dans la Loire dont 11 ha en Sancerre), réalise aujourd’hui 140 M€ de CA, emploie 270 personnes et dispose de deux sociétés de distribution, l’une en France, l’autre en Angleterre. La holding a réalisé 80 % de son CA à l’export dans plus de 100 pays. Elle regroupe 8 entités :

  • Le Champagne Bollinger
  • Le Champagne Ayala (racheté en 2005). C’est la Maison voisine de Bollinger à Aÿ. Ayala est spécialisée dans des champagnes au dosage minimaliste (chef de cave, Caroline Latrive). Elle est dirigée par Hadrien Mouflard, ancien secrétaire général de Champagne Bollinger. La production annuelle est de 700 000 bouteilles.
  • Le Domaine Chanson à Beaune en Bourgogne a été fondé en 1750 et racheté par Bollinger en 1999. Il est dirigé par le tandem Gilles de Courcel et Jean-Pierre Confuron
  • Langlois-Château en Val-de-Loire fondé en 1885. Ce domaine installé à Saumur, spécialisé dans les Crémants de Loire a été repris par Bollinger en 1973. Il est dirigé par François-Régis de Fougeroux. Autres appellations : Saumur, Saumur-Champigny, Cabernet-de-Saumur et Sancerre. Production annuelle : 900 000 bouteilles.
  • Château de Fontaine-Audon à Sancerre
  • Le Cognac Delamain (SJB possède une participation de 34 %). Fondée en 1824, la maison Delamain est spécialisée dans l’élevage et le vieillissement des Cognacs provenant exclusivement du premier cru de Cognac : la Grande Champagne.
  • Bollinger Diffusion en France
  • Mentzendorff à Londres créé en 1858 et distributeur des marques du Groupe SJB en Grande Bretagne.

La gamme Bollinger

Bollinger caisse
Bollinger, le souvenir des caisses en bois qui servaient à expédier le Champagne dans le monde entier

Special Cuvée

C’est la figure emblématique des champagnes non-millésimés de la Maison. Le nom de Special Cuvée (à l’anglaise et sans accent) est une idée en 1911*de l’agent britannique de Georges Bollinger. Special Cuvée est le fruit d’un assemblage à 60 % pinot noir, 25 % chardonnay et 15 % meunier dont plus de 85 % de Grands et Premiers Crus avec un dosage modéré (8 à 9 g/l) et une maturation en cave plus de 2 fois supérieure à la norme.

*Un nom plus compréhensible que Feuilles dorées non millésimé (pour la couleur des feuilles d’étain qui composait la coiffe de la bouteille) qui lui avait été donné.

Bollinger Rosé

Ce Bollinger Rosé créé en 2008 est le fruit d’un assemblage à 62 % pinot noir, 24 % chardonnay et 14 % meunier ; de l’adjonction de 5 à 6 % de vin rouge* seulement du fait de sa puissance ; d’un dosage modéré (7 à 8 g/l) et d’un temps de maturation en cave plus de 2 fois supérieure à la norme.

*Les vins rouges qui servent à l’élaborer proviennent des parcelles Poirier Saint-Pierre et Montboeuf  à Verzenay. Elles sont travaillées à l’identique de la mythique parcelle de La Côte aux Enfants (voir plus bas).

La Grande Année 2005

Bollinger, Gilles Descôtes La Grande Année 2005
Gilles Descôtes Chef de Cave de Bollinger dégustant La Grande Année 2005 (70 % pinot noir et 30 % chardonnay issus de 13 crus). Photo FC

Cette cuvée de prestige Bollinger qui fut appelée avant 1976, Bollinger Vintage, est élaborée seulement lorsqu’une vendange atteint un équilibre parfait, lors d’une année hors du commun. Ainsi, l’assemblage du millésime 2005 est à 70 % pinot noir et 30 % chardonnay issus de 13 crus (Aÿ et Verzenay pour le premier, Avize, Chouilly et Mesnil-sur-Oger pour le second (95 % Grands Crus et 5 % Premiers Crus). La fermentation est réalisée en fûts. Le dosage est modéré (6 g/l) et la maturation en cave, plus de 2 fois supérieure à la norme.

La Grande Année Rosé 2005

Pour Madame Bollinger, un rosé n’avait de sens chez Bollinger que s’il possédait la puissance, l’amplitude aromatique et avant tout la structure. Il fallait qu’il soit l’assemblage d’un grand Champagne et d’un très grand vin rouge champenois du même millésime. Et c’est ainsi qu’est né La grande Année Rosé. L’assemblage du millésime 2005 est assuré par 72 % de pinot noir (majoritairement issus d’Aÿ et de Verzenay) et 28 % de chardonnay (Avize, Chouilly, Mesnil-sur-Oger…) soit 95 % de grands crus, 5 % de premiers crus et 5 % de vin rouge de La Côte aux Enfants. Le dosage comme toujours chez Bollinger est modéré (7 g/l) et la maturation en cave, plus de 2 fois supérieure à la norme.

Bollinger R.D. 2002

Bollinger R.D. 2002 en magnum
Bollinger R.D. 2002 en magnum, assemblé avec 60 % de pinot noir et 40 % de chardonnay à partir de 23 crus (71 % de Grands Crus et 29 % de Premiers Crus)

R.D. pour « Récemment Dégorgé» : c’est en 1967 que Madame Bollinger crée cette cuvée mythique offrant la possibilité de déguster un champagne juste dégorgé après un long vieillissement sur lies ; un Champagne qui se révèle d’une extraordinaire fraîcheur et à l’expression aromatique somptueuse. Ce millésime 2002 (seuls les plus grands millésimes sont élevés au rang de Bollinger R.D.) est assemblé avec 60 % de pinot noir et 40 % de chardonnay à partir de 23 crus (71 % de Grands Crus et 29 % de Premiers Crus). Son dosage est très faible, c’est un extra brut (3 à 4 % g/l). Le temps de sa maturation est trois fois plus long que les règles de l’appellation le prévoient.

Vieilles Vignes Françaises 2005

Deux parcelles Bollinger classées Grand cru ont échappé miraculeusement au phylloxera : les Chaudes Terres et le Clos St Jacques, à Aÿ. Ces deux parcelles francs de pieds (non greffées) sont cultivées à l’ancienne, en foule, selon la méthode du provignage et travaillées manuellement et à l’aide d’un cheval. Le millésime 2005 (seules les vendanges les plus exceptionnelles peuvent entrer dans un millésime) est un 100 % pinot noir non dosé (0 g/l) après une maturation en cave, plus de 2 fois supérieure à la norme de l’appellation. La production du millésime 2005 est de 3702 bouteilles toutes numérotées.

La Côte aux Enfants 2012

Bollinger La Côte aux Enfants
Bollinger La Côte aux Enfants (en appellation Coteaux Champenois) produit à seulement quelques milliers de bouteilles

(en appellation Coteaux Champenois)

Ce n’est pas un Champagne mais un très grand vin rouge tranquille réservé aux plus grands millésimes. Il est l’expression la plus pure du pinot noir Grand Cru d’Aÿ*, produit à seulement quelques milliers de bouteilles après un vieillissement de 8 mois en petits fûts de chêne. La Côte aux Enfants, parcelle mythique aurait été baptisée ainsi en raison de son dénivelé, si escarpé que seuls les enfants parvenaient à escalader. A l’origine, un autre nom beaucoup plus évocateur lui avait été donnée : la Côte aux Enfers. C’est Jacques Bollinger qui l’a patiemment reconstituée au début du XXe siècle alors que plus de cinquante propriétaires se la partageaient. Bollinger est désormais propriétaire des quatre ha d’un seul tenant de ce lieu-dit. Depuis 2012, la vigne y est travaillée selon les principes de l’agriculture biologique.

*La Côte aux Enfants est le vin rouge également utilisé dans l’assemblage de La Grande Année Rosé.

Bollinger La Côte aux Enfants
La Côte aux Enfants une colline abrupte, aux abords d’Aÿ. On aperçoit la petite falaise de craie, blanche, en plein vignoble (Photo Bollinger)

Quand Bollinger est confronté à son Histoire

Bollinger, la Maison
Bollinger, la Maison familiale dans la commune d’Aÿ (Photo FC)

La découverte date de 2014. Lors d’un grand nettoyage dans les 6 km de caves de la Maison, on trouve dans un recoin qui sert de débarras, une cache secrète avec des niches où sont rangés en pointes ou tête bêche, des millésimes très anciens. Un véritable trésor dont des magnums de mono cru de Verzenay 1928, des champagnes millésimés 1830 mais aussi 1910, 1911 ! D’autres lots également sont découverts qui remontent à 1914, 1918, 1928 ou encore 1893. Evidemment, le temps a fait son œuvre avec des bouteilles plus ou moins remplies. Il fallut les ausculter grâce à un appareil appelé aphromètre laser qui permet par une technique non effractive de connaître notamment le niveau de pression dans la bouteille. Il fallut déboucher, remettre à niveau (en utilisant le contenu de 2,3 bouteilles du même millésime) et reboucher les flacons avec un nouveau bouchon marqué du millésime. Ainsi, sur les 54 flacons de 1830 découverts, 13 ont été préservés précise Gilles Descôtes, le Chef de Cave de Bollinger (pour rappel Perrier-Jouët détient dans sa cave, une bouteille de Champagne millésimée 1825, la plus ancienne à ce jour). Mais quel plus beau cadeau pour l’oenothèque de la Maison ! Oui vraiment Life can be perfect*.

*Titre du luxueux recueil qui relate les presque 190 ans du Champagne Bollinger.