Flavescence dorée est cette grave maladie de la vigne appelée aussi jaunisse de la vigne. Elle est due à un phytoplasme*, micro-organisme proche des bactéries qui est transmis par la cicadelle de la flavescence dorée (ou cicadelle jaune). A ne pas confondre avec la cicadelle verte ou cicadelle des grillures.

*le phytoplasme responsable de la maladie se trouvait dans des plantes sauvages telles que l’aulne et la clématite avant de contaminer les vignes. En revanche, l’insecte vecteur, une cicadelle appelée Scaphoideus titanus, a été introduit en France avec les portes-greffes américains pour combattre le phylloxéra. C’est cette cicadelle qui a répandu la maladie dans le vignoble français d’où l’importance de lutter contre elle (Source INRA).

La cicadelle vecteur de la flavescence dorée (Jean-Jacques Milan Wikimedia)
La terrible cicadelle, vecteur de la flavescence dorée (photo Jean-Jacques Milan Wikipedia)

Impossible à traiter

Les symptômes apparaissent au mois d’août. On observe d’abord un enroulement et une coloration des feuilles (rougissement ou jaunissement selon qu’il s’agit d’un cépage rouge ou blanc). Ce premier phénomène est suivi d’une destruction des grappes et d’une absence d’aoûtement des sarments, à ne pas confondre avec la maladie du bois noir beaucoup moins grave.La flavescence est impossible à traiter lorsqu’elle est déclarée. La souche touchée est alors condamnée. Seuls l’arrachage et le traitement contre la cicadelle vecteur de la maladie peuvent être envisagés.

Surveillance sur plus de la moitié du vignoble

Cette maladie a tendance à se répandre en France depuis une soixantaine d’année ce qui a contraint les autorités à établir sur plus de la moitié du vignoble un plan de lutte obligatoire en vertu des règles françaises et européennes. Les vignerons doivent obligatoirement s’astreindre à surveiller leurs plants, n’utiliser que de jeunes plants traités à l’eau chaude et arracher les souches contaminées. Enfin, le plus important est encore de s’attaquer au vecteur de la maladie, la cicadelle par des traitements chimiques.

Gare aux contrevenants

Que faire comme en 2013 quand on est viticulteur bio en Bourgogne et qu’un arrêté préfectoral oblige  un traitement chimique sur l’ensemble des vignobles de la Côte-d’Or*  par application d’un insecticide ? Pourtant aucun foyer de flavescence dorée n’avait encore été détecté dans le département. Mais depuis, il s’en est trouvé dans les communes voisines, à Pommard, à Volnay, à Saint-Aubin et à Meursault. Le cas d’Emmanuel Giboulot fut très médiatisé. Il exploite 10 ha de vignes en biodynamie sur la côte de Beaune et la haute-côte de Nuits. Il en a été l’un des pionniers. Il a tout simplement refusé de traiter ses vignes contre cette maladie prenant  le risque de 6 mois de prison assorti d’une amende de 30.000 €. Le jugement a été rendu en avril 2014 par le tribunal de Dijon. Emmanuel Giboulot devra au final verser 500 € d’amende mais échappe à la prison. Il a annoncé qu’il allait faire appel.

Un test ADN pour une détection précoce de la flavescence dorée

C’est une première mondiale, un test ADN mis au point par une start-up de biotechnologie installée à Grenoble, ANOVA-PLUS* permettra de détecter très tôt la flavescence dorée. Cette start-up a lancé en octobre 2014 une campagne de crowdfunding pour démarrer la production de c e kit ADN. Il est simple et rapide. Il permet au viticulteur de l’utiliser lui même sur le terrain en complément du test au laboratoire 

*ANOVA-PLUS est une jeune entreprise innovante de biotechnologies incubée au Genopole. Le coeur de métier de la société est le développement d’outils d’analyse et de diagnostic simples et adaptés aux activités du secteur agricole et de l’environnement.
Une expérience forte de ses fondateurs à la fois dans les biotechnologies vertes et dans l’agro-industrie permet de trouver les solutions qui répondront aux besoins quotidiens de ces filières à savoir détecter les pathogènes et l’identification de gènes marqueurs pour la sélection variétale.