Pyrénées (les vignobles pyrénéens)

Pyrénées (vignobles des Pyrénées) : pour bien délimiter les vins du piémont pyrénéen face à  ses frères du grand sud-ouest, ces premiers se nichent dans des vallées qui convergent toutes vers l’Adour et Bayonne. Le vignobles se répartit sur une  zone qui va en gros de Pau à Bayonne le long des contreforts occidentaux des Pyrénées. Qu’il soit basque, béarnais ou bigourdan, chaque pays du piémont pyrénéen a voulu avoir son vin né pour la plupart, de vignes plantées  par les monastères qui jalonnaient alors la célèbre route de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle.

Des vignobles presque inaccessibles

Avant le cataclysme que fut le phylloxéra et surtout, la guerre de 1914 qui anéantit une bonne partie de la main d’œuvre, les coteaux du Jurançon et du Madiran étaient alors couverts de vignes. Du fond des vallées,  cultivée en céréale, jusqu’au sommet des collines, le vignoble couvrait tout,  des vignes souvent inaccessibles, en pentes abruptes qui ne pouvaient être cultivées qu’à la main. De ce tentaculaire vignoble, il ne reste aujourd’hui que quelques niches. Mais, depuis quelques années chaque terroir a cœur à reprendre possession de terres à vignes abandonnées depuis des décades..

Ici, le climat est à la fois sous influence atlantique et pyrénéenne, donc doux et humide grâce à la proximité de l’océan mais faisant  face aussi à la montagne et ses menaces de gelées printanières.  Le foehn, cet air chaud et sec qui descend des Pyrénées, permet aux vignes de bénéficier d’étés et d’arrière saisons souvent chaudes et ensoleillées. Ces valeureux vignobles pyrénéens, aux sols constitués de calcaires, de marnes et de grès, nés du travail des glaciers ou du charroi des torrents se valorisent de mieux en mieux grâce à l’art de l’assemblage des vignerons. Ils construisent l’identité de chaque appellation à partir d’une palette de cépages exceptionnels.

Cépages, les deux écoles

Cette région est en effet représentative de deux écoles d’encépagement : plantation à la bordelaise (les cabernets, le merlot, le malbec, le sémillon, la muscadelle…) ou cépages locaux. Ains :

  • le Jurançon (AOC)  dont les vignes s’étagent en terrasses sur des coteaux ensoleillés soumis à des influences pyrénéennes et océaniques, reste fidèle au gros manseng et au courbu. Il peut être sec (60 % de la production) ou moelleux. C’est alors un très grand vin ambré et doré, aux arômes de miel, de fruits confits, d’épices. La production moyenne est de 33 000 hl pour 800 h.
  • les Irouléguy (AOC). les blancs sont à base de petit et gros manseng et petit courbu, les rouges et les rosés sont issus du tannat (50 %) et des cabernets. Ce vignoble, le seul du pays basque, fut fondé par les moines de l’abbaye de Ronceveaux. Il est accroché aux flanc des coteaux de Saint-Etienne de Baîgorry. La majeure partie est vinifiée en rouge. La production moyenne est de 7500 hl pour un vignoble de 215 ha.
  • Tursan (AOC depuis 2011). Au nord-ouest du Madirannais, dans les coteaux de Chalosse, s’étend un petit pays aux villages perchés. Les Tursan blancs sont produits à partir du baroque et du manseng, et  les rouges à partir du tannat et des cabernets. La production moyenne est de 30 000 hl de vins blancs, rouges et rosés vinifiés à 95 % par la Cave des vignerons landais à Geaune. Le vignoble regroupe aujourd’hui 450 ha.
  • Le Pacherenc -du-Vic-Bilh, exclusivement blanc, provient du gros et du petit manseng et du petit courbu. A cheval sur 3 départements (Hautes-Pyrénées, Gers et Pyrénées-Atlantiques) et cultivé sur les mêmes aires de production que le Madiran, le Pacherenc est un vin blanc sec et moelleux (selon l’ensoleillement de l’année), aromatique, aux saveurs de fruits exotiques. La production moyenne est de 8500 hl dont 6300 hl en moelleux pour un vignoble de 250 ha.
  •  tandis que, sur le même territoire, le Madiran (AOC), exclusivement rouge, occupe une position intermédiaire entre les deux écoles : il associe les cabernets et au tannat et au pinenc (fer servadou). Il est à cheval sur les Pyrénées atlantiques, les hautes Pyrénées et le Gers,  occupant les collines surplombant la vallée de l’Adour. Ces vins très marqués par le cépage tannat, sont âpres et tanniques dans leur jeunesse, mais après cinq ou six ans de vieillissement, deviennent chauds et corsés avec des arômes de pruneaux, d’épices et de grillé. Les 1 300 ha que compte l’appellation produisent chaque année 70 000 hl de vin.
  •  Bearn (AOC auquel peut être adjoint le nom de Bellocq depuis 1990). Cette appellation est localisée sur 3 département : Pyrénées-Atlantique pour 74 communes; Hautes-Pyrénées pour 6 communes; Gers pour 3 communes. C’est dans les collines de l’Entre-deux-Graves, autour de Salies-de-Béarn, et sur la rive droite du gave de Pau, en aval d’Orthez, que se situe l’essentiel du vignoble. La production  moyenne est de 8 500 hl.  L’encépagement est essentiellement à base des cabernets franc et du tannat. Pour un vignoble de 259 ha, la production est de 52,80 hl pour les blanc ; 7 343,86 hl pour les rouges et 6 072.68 hl pour les rosés (surprenant !).
  •  Côtes de Saint-Mont (AOC depuis 2012). Contiguës au Madiran, les côtes de saint-mont se situent sur les collines encadrant l’Adour en amont d’Aire sur Adour. Les rouges (et rosés) sont issus du tannat, du fer servadou (appelé ici pinenc) et des cabernets. Les blancs, minéraux mais très aromatiques sont à base de mansengs, de petit courbu, et d’arrufiac,.  Aujourd’hui, le vignoble couvre  couvre 1 200 ha. La production annuelle est de 60 000 hl. Les volumes sont produits à 98 % par 1 cave coopérative (Coopérative de Plaimont) et 3 % par les caves particulières.