Château Grand Corbin Saint-Emilion Grand Cru classé (confirmé en 2012) Bordeaux, vin rouge : c’est officiel, les châteaux Grand Corbin et Haut Corbin* domaines mitoyens, ne font plus qu’un. A partir de la récolte 2012, seul le nom du château Grand Corbin apparaît sur l’étiquette. Ils forment dorénavant (et ensemble), un vaste domaine de 29 ha propriété du Groupe SMABTP, à 1 km à peine des grands crus de Pomerol. Le groupe SMABTP, faut-il le préciser est l’assureur leader du BTP qui permet aux entreprises BTP de protéger leurs chantiers, leurs biens et leurs collaborateurs. Ce groupe d’assurance a été le premier avant Groupama, Axa et les autres à investir dans un grand cru classé du Médoc en achetant Cantemerle, Cinquième Cru (1855) en appellation Haut Médoc, à Macau.

*Quoique, ayant obtenu cette reconnaissance, le château Haut Corbin ne figure donc pas dans le classement des grands crus classés (rendu public en septembre 2012) du fait de sa fusion avec Grand Corbin.

Pourquoi tant de Corbin ?

Mais d’abord une explication historique. Ce secteur de Corbin est une pépinière de crus classés. Ainsi, sur les 6 crus portant ce nom, 5 figurent dans le classement des grands crus de Saint-Emilion. Normal, ils sont tous originaires d’une même propriété détenue par la famille Maillet de Corbin avant la Révolution. Château Corbin fut éclaté en 1789 en Maillet (Pomerol) et Corbin, Grand-Corbin (Saint-Émilion). Ainsi, le lieu-dit Corbin se déclina-il en une multitude de châteaux, tous Corbin, suite à des successions ou des ventes mais liés* par une histoire commune et un long et amical voisinage :

  • Corbin,
  • Grand-Corbin,
  • Grand Corbin-Despagne,
  • Grand Corbin Manuel,
  • Haut Corbin,
  • Corbin Michotte.

*D’ailleurs en 2009 naissait l’association Les Corbin, une famille de crus de Saint-émilion.

Fief du Prince Noir

Corbin au Moyen Âge était une seigneurie appartenant au Prince de Galles, Edouard Plantagenêt ou Prince d’Aquitaine (1330-1376), fils ainé du roi Edouard III d’Angleterre. Il ne régna pas, car il décéda de maladie avant son père. Son principal titre de gloire fut d’avoir fait prisonnier le Roi de France, Jean Le Bon, à l’issue de la bataille de Poitiers qui vit la défaite de l’armée française pourtant très supérieure en nombre. Dans notre histoire, peut-on avoir oublié les chevauchées de ce Prince noir (surnom venu plus tard, au XVIe siècle dont l’origine est la couleur de la housse qui recouvrait son armure) qui dévastèrent le Languedoc et l’Aquitaine lors de la guerre de Cent Ans ? De ce Prince noir, resterait-il à Saint-Emilion, le nom même de Corbin qui pourrait être dérivé de corbeau par référence à la couleur noire du Prince ? Puis, au fil du temps, la terre fut partagée par les successions, les ventes, les guerres, la Révolution donnant naissance à une série de domaines portant encore aujourd’hui, haut et fort le nom de Corbin.

I/Château Grand Corbin (avant la fusion)

Les 15,45 ha du vignoble se situent à la frange limitrophe des communes de Saint-Émilion et de Pomerol, à 3 km au nord-ouest de la cité médiévale. Le vignoble composé de 68% de merlot, de 27% de cabernet franc et 5 % de cabernet sauvignon, âgé d’une quarantaine d’années en moyenne, est implanté sur un sol constitué d’une couche d’environ 70 cm de sable reposant sur un lit d’argile ferrique de couleur verte. C’est cette veine argileuse que l’on retrouve, mêlée à une certaine quantité de silex, sur le plateau de Certan à Pomerol. Le rendement moyen est de 40 à 45 hl/ha. Le mode de conduite de la vigne est traditionnelle avec Guyot simple et Guyot double. Les vendanges sont manuelles avec sélection des raisins avant l’encuvage. L’élevage se fait en barriques, renouvelées par tiers chaque année et une durée de 11 à 14 mois.

  • La production était de 90 000 bouteilles par an.

Philippe Dambrine, un pied rive droite, un pied rive gauche

En 1960, Grand-Corbin était acquis par Alain Giraud. Il est à noter que le château a sans doute été conçu par le même architecte que le château L’Evangile à Pomerol, tant la similitude architecturale est évidente. Lors de sa mort en 1982, la propriété est reprise par ses héritiers directs au sein de la Société familiale Alain Giraud dont Philippe Giraud a assuré la direction jusqu’à janvier 2011. C’est à cette date que le château a été vendu très discrètement à la SMABTP. Le groupe a nommé Philippe Dambrine, déjà directeur de Haut-Corbin, à la tête de Grand Corbin. Avec 33 ha à Saint-Émilion*, Philippe Dambrine fait ainsi partie des rares dirigeants de domaines à avoir un pied rive gauche (Cantemerle) et un autre rive droite (Les deux Corbin et Le Jurat, un Saint-Emilion Grand Cru).

II/Château Haut Corbin (avant fusion)

A un jet de pierre du clocher de Pomerol, au nord de Saint-Émilion, les 6 ha du vignoble sont plantés sur des sables reposant sur une matrice argilo-calcaire (sables éoliens ou argiles mélangées à des sables). L’encépagement est à majorité merlot (80%) avec 15 % de cabernet sauvignon et 5 % de cabernet franc ; des vignes âgées en moyenne de 45 ans. L’élevage est  de 16 mois dont 12 mois en barriques et 4 mois en cuves après assemblage final (barriques en chêne français, dont 50% neuves, 50% 1 vin).

  • La production annuelle est estimée à 36 000 bouteilles.

Propriété de la SMABTP

Déjà, quand les anglais vendangeaient l’Aquitaine, le domaine appartenait au Prince Noir (Edouard, Prince de Galles, fils d’Edouard III). Au fil des siècles, le vignoble fut éclaté. On trouve ainsi différents châteaux portant le nom de Corbin au nord de l’appellation, en limite de Pomerol. Le château Haut-Corbin a été repris en 1986 par les Mutuelles d’Assurance du Bâtiment et des Travaux Publics (SMABTP). En 2007, le cuvier et les chais sont rénovés avec l’installation de cuves en bois thermorégulées. Hubert de Boüard (château Angélus), devient l’œnologue consultant du domaine. Son directeur est Philippe Dambrine, responsable également depuis 2011 de Grand Corbin. Il est aussi depuis 1993, à la tête d’un Cinquième Cru (1855), le château Cantemerle (Haut Médoc), propriété de la SMABTP également.