Bellefont-Belcier (château Bellefont-Belcier) Saint-Emilion Grand Cru classé (confirmé en 2012) Bordeaux, vin rouge : et de deux ! Après l’achat par l’actrice et chanteuse chinoise Zhao Wei (née en 1976) du château Monlot, un Saint-Emilion Grand Cru (non classé) fin 2011, ce qui lui valut d’être intronisée lors la dernière Jurade de Saint-Emilion, c’est au tour de Bellefont-Belcier d’être vendu à un investisseur chinois. Il s’agirait d’un industriel de la métallurgie qui emploierait  20 000 personnes. Le prix de la transaction est tenu secret mais pourrait tourner autour de 1,5 m d’€/ha. C’est donc un premier grand cru classé à passer sous contrôle chinois à l’instar de la Bourgogne qui a vu son emblématique château de Gevrey Chambertin se faire accaparer* pendant l’été 2012 (pour 8 md’€) par l’empire du Milieu.

*Tout comme les château du Grand Mouëys, de Cugat, Bertranon, Branda, de Grand Branet, Laurette, Thebot, Tour Saint-Christophe, Latour Laguens, Richelieu, Viaud, Laulan Ducos, Chenu Lafitte (liste qui avec le temps est de moins en moins exhaustive).

Entre Pavie et Larcis Ducasse

Le domaine de 20 ha dont 13 d’un seul tenant se situe plein sud, sur 3 terroirs principalement argilo-calcaires, entre Pavie et Larcis Ducasse, sur le coteau sud de Saint-Emilion. L’encépagement est à majorité merlot (70 %) avec 20 % de cabernet franc et 10 % de cabernet sauvignon ; des vignes qui ont en moyenne une trentaine d’années et un rendement qui ne dépasse pas les 40 hl/ha avec, tout au long du processus, un grand respect des lots parcellaires. Quant à la cuvaison, elle est variable suivant les millésimes avec une fermentation malolactique en fûts de chêne. L’élevage est de 18 à 24  mois en barriques neuves de chêne.

  • La production est estimée à 100 000 bouteilles par ans.
  • Second vin : Marquis de Bellefont.

Belle fontaine et cuvier circulaire

L’histoire du domaine est très ancienne puisqu’on en trouve trace dès le XVIIe siècle. Belcier est le nom d’une puissante famille bordelaise dont un membre au XVIIIe siècle, le comte Louis François de Belcier commence par planter le vignoble puis en 1803, construire sur le site, le château qu’il baptise Bellefont (belle Fontaine) en raison des nombreuses sources toutes proches, naissant sur ce coteau argilo-calcaire qui fait aujourd’hui la fortune de ce vignoble. Les héritiers du Comte garderont le château jusqu’en 1871.

Aux mains de trois complices

En 1889, il passe aux mains de la famille Faure et surtout dans les mains très habiles de Pierre Faure, brillant ingénieur agronome et auteur de nombreux ouvrages sur les travaux de drainages et autres améliorations agricoles. On lui doit le fameux cuvier circulaire conservé intact depuis son identification et qui constitue aujourd’hui l’un des joyaux de la propriété. Les héritiers des Faure, la famille Labusquiere cèdera en 1994 le château aux actuels propriétaires, trois complices, Jacques Berrebi, Alain Laguillaumie et Dominique Hebrard (PDG de la maison de négoce Hébrard SA qui fut, jusqu’à sa cession en 1999, co-propriétaire du château Cheval Blanc).

L’arrivée des chinois

Dès 1994, une grande restructuration du vignoble et des bâtiments est mise en oeuvre dans l’esprit de remettre à niveau la propriété à la hauteur des grands crus classés de Saint-Emilion. Mission aujourd’hui accomplie ! Les 3 complices et associés ont alors cherché à vendre. C’est la Chine qui s’est présentée. Il faudra s’y faire. Robert Tinlot, ancien directeur de l’Office International du Vin ne va-t-il pas jusqu’à prédire que dans vingt ans, la Chine sera le premier producteur mondial de vin !