Le département de l’Hérault, bordé par la Méditerranée au sud-est, limitrophe des départements de l’Aude au sud-ouest, du Tarn et de l’Aveyron au nord-ouest et du Gard au nord-est, est le deuxième département viticole de France  (11 % de la superficie viticole nationale). Il est aussi le premier département viticole du Languedoc-Roussillon avec 35 % des surface  et 38 % des volumes( 45 % des vins sans indication géographique, 42 % des vins de pays, 21 % des vins AOC). Le vignoble représente  50 % de la surface agricole soit  16 % de la surface totale du département (100 083 ha en 2007). On y recense 7 800 exploitations viticoles,  1300 caves particulières, 61 caves coopératives (70 % de la production). Le vin représente 67 % du chiffre d’affaires de l’agriculture du département et  35% du chiffre d’affaires viticole de la région.

Vaste plantation de cépages améliorateurs

l’Hérault connaît une transformation profonde de sa viticulture : historiquement orientée vers la production de vin de consommation courante, elle évolue pour s’adapter à la demande. Depuis les années 30, le vignoble a perdu quelque 90 000 hectares. Mais il s’est orienté vers la qualité : entre 1981 et 2004, 55 000 ha ont été replantés en cépages améliorateurs.

A la pointe des nouvelles technologies

Après la mécanisation dans les années cinquante, la filière viti-vinicole connaît une nouvelle vague de mutations technologiques. Elle vise d’une part à adapter le vignoble au réchauffement climatique par une maîtrise des apports d’eau à la vigne. D’autre part, elle permet d’adapter les qualités gustatives du vin au goût des consommateurs dans le cadre d’une concurrence mondialisée grâce au suivi de maturité de la plante.

Les appellations de l’Hérault

Languedoc (ex-Coteaux du Languedoc). L’appellation Languedoc regroupe, entre autres, des zones dites pédo-climatiques liées à l’influence des vents, la pluviométrie, la température moyenne ainsi qu’à l’ensoleillement. Ces zones, présentant des caractères distincts, sont :

  • Languedoc-Grès de Montpellier,
  • Languedoc-Pic-Saint-Loup,
  • Languedoc-Pézenas,
  • Picpoul de Pinet.
  • Terrasses du Larzac

Au sein de ces zones, se trouvent les terroirs :

  • Languedoc-Cabrières,
  • Languedoc-Saint-Saturnin,
  • Languedoc-Montpeyroux,
  • Languedoc-Saint-Georges-d’Orques,
  • Languedoc-Saint-Drézéry,
  • Languedoc-la Méjanelle,
  • Languedoc-Coteaux de Vérargues,
  • Languedoc-Saint-Christol.

Dans l’Hérault, ce sont 119 communes qui peuvent prétendre à l’appellation régionale Languedoc. La production est de l’ordre de 300 000 hl. Les cépages :carignan, cinsault, grenache noir, mourvèdre, syrah (vins rouges) ;  grenache blanc, clairette, bourboulenc, piquepoul, marsanne, roussanne, vermentino, maccabeu, ugni (vins blancs).

Les Crus du Langudoc

  • Faugères  AOC depuis 1982 (2005 pour les blancs). L’appellation Faugères s’étend sur des sols composés de schistes, à une altitude moyenne de 250 m sur le versant sud des montagnes du Caroux. Elle couvre 7 communes de production et produit 58 444 hl en 2010. Cépages : grenache, syrah, mourvèdre, carignan, cinsault.
  • Clairette du Languedoc (AOC depuis 1948). La Clairette du Languedoc est un vin blanc sec ou moelleux produit sur 11 communes produisant 2 376 hl, issu d’un seul cépages, la clairette blanche.
  • Minervois (AOC depuis 1985).  Le vignoble du Minervois s’étale sur l’Hérault au nord et à l’est et l’Aude au sud et à l’ouest, sur des sols à dominante calcaire, avec une exposition plein sud, ce qui confère aux vins un caractère méditerranéen bien structuré. L’appellation couvre 16 communes de production dans l’Hérault (45 dans l’Aude) qui représentent en 2005 le tiers de la production totale de l’appellation soit 46 962 hl produits (dont 98 % rouge) en 2010.  La commune de la Livinière donne son nom à une appellation :
  • Minervois La Livinière regroupant cinq communes.

Cépages : grenache, syrah, mourvèdre, lladoner-pelut, carignan, cinsault, piquepoul noir, marsanne, roussanne, maccabeu, bourboulenc, muscat à petits grains.

  • Saint-Chinian  AOC depuis 1982 (2004 pour les blancs). Les vignes du Saint-Chinian, situées à l’ouest du département, s’épanouissent sur des sols de schistes pour donner des vins fruités, souples et généreux, à l’exception de la zone sud, située sur des cailloutis calcaires, offrant des vins plus denses et corsés. L’appellation couvre 20 communes de production avec deux appellations communales depuis 2004 :
  • Saint-Chinian  Berlou,
  • Saint-Chinian Roquebrun.

Cépages : grenache, syrah, mourvèdre, carignan, cinsault. La production annuelle est de l’ordre de 105 004 hl.

Les Muscat (Vins Doux Naturels)

La réputation des vins héraultais doit également beaucoup à la qualité de ses  muscats, vins doux naturels particulièrement aromatiques. Leur production était de 21 792 hl en 2010.

  • Muscat de Lunel (AOC depuis 1943). C’est un vin fin et moelleux, généralement très fruité, produit exclusivement sur quatre communes, à partir de muscat à petits grains sur une surface n’excédant pas 350 ha.
  • Muscat de Saint-Jean de Minervois (AOC depuis 1949). Produit sur un sol calcaire à l’extrême ouest du département, à une altitude voisine de 200 m, il donne un vin doux naturel très aromatique, rond en bouche et doté d’un nez puissant aux arômes de citronnelle, d’abricot, de coing, de mandarine et de miel.
  • Muscat de Frontignan (AOC depuis 1936). Produit sur des sols caillouteux et secs malgré la proximité de la mer, il donne un vin doux naturel, élégant et généreux aux arômes complexes de fruits mûrs et d’agrumes.
  • Muscat de Mireval (AOC depuis 1959). Proche de Frontignan géographiquement, il s’en distingue par des saveurs fruitées. Il est gras et rond en bouche, révélant des arômes de miel et de fleurs.

Les vins à indication géographiques protégée (IGP)

L’Hérault propose la plus grande diversité de vins à IGP en France. Dans le département , ils recouvrent près des deux tiers de la surface en production. Il s’agit de vins produits à partir des cépages traditionnels de la Méditerranée tels que le carignan, la syrah, le cinsault, le grenache pour les rouges, mais aussi avec d’autres variétés, notamment le merlot et le cabernet-sauvignon. Pour les blancs, on retrouve entre autres le grenache blanc, le maccabeu et le terret mais aussi le chardonnay, le sauvignon et le viognier. Leur production était de 3 831 648 hl en 2010.

On distingue trois catégories de vins à IGP :

– Les vins à IGP Pays d’Hérault. Comme leur nom l’indique, ils proviennent exclusivement du département. La rigueur avec laquelle ils sont élaborés (rendement limité, degré naturel minimum exigé) fait des vins IGP des médaillés réguliers dans les concours de vins (Paris, Mâcon, etc.).

– Les vins à IGP de zones. Ils Proviennent de zones géographiques fixées par décret. On en compte depuis 2011 sept dans le département

  • Saint-Guilhem-le-Désert,
  • Coteaux d’Ensérune,
  • Côtes de Thau,
  • Coteaux de Béziers,
  • Haute Vallée de l’Orb,
  • Côtes de Thongue,
  • Vicomté d’Aumelas.

Chaque IGP a déposé son cahier des charges qui détermine son territoire, son identité et ses caractéristiques.

– Les vins à IGP Pays d’Oc. Ce sont des vins à dénomination régionale, dont la notoriété a franchi les frontières. Ils sont issus de la sélection des meilleurs cépages internationaux et méridionaux. Ils peuvent être vins de cépages purs ou issus d’assemblages, pour donner des vins rouges aux arômes harmonieux et équilibrés, à la fois ronds, frais et fruités et des vins blancs légers et tendres.

Sources : Conseil général de l’Hérault.