Les maladies de la vigne sont si nombreuses qu’il est essentiel de les identifier avec exactitude afin de prévenir le plus rapidement possible les infestations graves et des pertes de rendement ou de qualité. Cependant, la présence d’un agent pathogène ou d’une maladie ne signifie pas automatiquement qu’un traitement soit nécessaire. La sévérité des maladies varie d’une année à l’autre, principalement en fonction des conditions climatiques, de l’inoculum présent (historique de la maladie) et de la sensibilité des cépages. En conséquence, certaines maladies peuvent être dévastatrices une année et de peu d’importance une autre année. Les mesures à prendre pour éviter les pertes peuvent donc varier d’une saison à l’autre.

Les maladies de la vigne sont de 2 ordres :

1/ Les maladies cryptogamiques 

Elles sont généralement due à des champignons qui attaquent selon les espèces soit les organes verts de la vigne (feuilles, rameaux, grappes) soit le tronc. Attention, cette liste est loin d’être exhaustive !

  • Le Black-rot de la vigne : cette maladie qui fut importé d’Amérique est apparue en 1885 dans l’Hérault et le Lot-et-Garonne. Sur feuilles, la tache de Black-Rot, de forme assez régulière, est nettement limitée à son pourtour par un cerne brun. Sur grains, l’attaque se manifeste plus tardivement par l’apparition de boursouflures qui évoluent sous forme de taches grises devenant progressivement rose violacé sur leur pourtour, puis ocre sur leur ensemble. Enfin, les grains se dessèchent, se rident et se couvrent à leur tour de points noirs et brillants la contamination des grains se fait à partir des feuilles situées au-dessus. L’extension de la maladie sur grappes est très rapide et les attaques peuvent se poursuivre après véraison jusqu’aux vendanges.
  • L’Esca : cette maladie très complexe (car plusieurs champignons entrent en jeux) se manifeste sur les ceps au moins âgés de 10 à 15 ans présentant des plaies de taille ou des blessures importantes. Les champignons perturbent alors l’alimentation du pied. Bien que quelques cépages apparaissent plus résistants, aucun n’est à l’abri des attaques qui peuvent provoquer des dépérissements, suivis de la mort des pieds.
  • L’Eutypiose : c’est une maladie de dépérissement de la vigne causée par un champignon pénétrant dans le bois à partir des plaies de la taille. Ses principaux symptômes sont la petite taille des feuilles, qui sont enroulées, déformées et déchiquetées.
  • L’Excoriose : c’est  un champignon qui apparaît le plus souvent en hiver au moment de la taille. Il s’attaque aux bois qui vont présenter des cloques, des fendillements et des crevasses contenant des spores du champignon. C’est au printemps que le risque d’infection est le plus élevé surtout lorsqu’il est humide.
  • Le Mildiou de la vigne : ce champignon se développe sur les feuilles provoquant l’apparition sur les feuilles de ce qu’on appelle la tache d’huile. Les tissus touchés par la tâche se dessèchent, tandis que sur la face intérieure de la feuille, au niveau de la tâche, se forme une légère moisissure dans laquelle sont produites des spores asexuées qui, dispersées par le vent transmettent l’infection. L’humidité permet le développement de la maladie, qui est combattue par la bouillie bordelaise et par des traitements au soufre sous forme de pulvérisations. Les jeunes sarments et les grains de raisins peuvent également être attaqués.
  • L’Oïdium de la vigne : il est provoqué par un champignon, l’Uncinula necator, qui s’attaque à tous les organes verts de la vigne et en particulier aux jeunes baies en voie de croissance. Cette attaque se traduit par l’apparition d’une poussière grisâtre. Les vignerons luttent contre cette maladie grâce à la bouillie bordelaise, une solution à base de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, pulvérisée régulièrement sur les vignes.
  • Le Pourridié de la vigne : le pourridié est une maladie parasitaire due à des champignons, principalement l’Armillaria mellea, qui se développe sur les racines des vignes (et des chênes). Elle engendre la mort des ceps atteints. Les symptômes apparaissent plusieurs années après la contamination et sont délicats à identifier.  Pour combattre le pourridié, il n’existe pas de méthode de lutte curative, il faut donc agir en préventif et surtout veiller à ne pas planter de la vigne trop près d’une forêt (chênes).  Cette maladie se caractérise par un certain nombre de symptômes: racines gorgées d’eau et  écorces noirâtres ; feutrage blanc sous l’écorce des racines et du collet quand l’attaque est avancée ; débourrement difficile ;  jaunissement ou rougissement des feuilles selon les cépages (évolutions en tâches concentriques) ; croissance ralentie,  raccourcissement des entre-noeuds et des feuilles atrophiées.
  • La Pourriture grise : cette maladie est surtout connue sous le nom de Botrytis cinerea. La pourriture grise est un champignon quis’attaque aux raisins pendant leur phase de maturation. L’humidité favorise son développement. Lorsqu’elle attaque des raisins blancs déjà mûrs, on l’appelle la pourriture noble. Dans ce cas, elle est très recherchée pour les grands vins blancs liquoreux notamment en Sauternes.
  • Le Rougeot parasitaire de la vigne (ou Rot-Brenner) : la présence du champignon se manifeste par l’apparition, sur les feuilles, des taches délimitées par les nervures et l’aspect géométrique. Sur les cépages à raisins blancs, il provoque des lésions jaunâtres entre les nervures ou sur les bords du limbe. Ces taches deviendront brunes, avec un pourtour jaune verdâtre. Sur cépages rouges, les taches prennent une teinte rouge brunâtre, avec un pourtour rouge violacé. Les feuilles atteintes finissent par tomber sur le sol ; cette destruction partielle du feuillage a pour conséquence un affaiblissement des souches ainsi qu’une coulure pathologique.

 2/ Maladies dues aux parasites ennemis de la vigne 

En plus des maladies causées par des champignons, la vigne subit souvent les attaques de parasites animaux. On peut distinguer :

  • A – les insectes (phylloxera, cicadelle, phalène, otyorinque) ;
  • B – les acariens (araignée rouge, araignée jaune, érinose, acariose…) ;
  • C – les vers de la grappe (eudémis, cochylis…) ;
  • D – les virus (court noué) ;
  • E – les bactéries (maladie de Pierce, flavescence dorée…)

A/B / Les insectes et acariens : parmi les acariens qui s’attaquent à la vigne on trouve les araignées rouges et jaunes, l’érinose et l’acariose. Du côté des insectes, citons la cicadelle, petit insecte verdâtre qui s’attaque aux feuilles et notamment aux nervures dans lesquelles ils pondent leurs œufs. Les feuilles se dessèchent à partir de leur périphérie, puis finissent pas tomber prématurément. La phalène à losanges est une chenille qui s’attaque aux bourgeons. L’otyorinque de la vigne s’en prend aussi aux bourgeons tandis que ses larves s’attaquent aux racines des jeunes ceps.

  • Phylloxera : c’est sans aucun doute, le plus célèbre des ravageurs de la vigne, comme l’indique bien son nom phylloxera vastatrix. Il s’agit d’un puceron qui s’attaque aux racines des vignes (vitis vinifera), entraînant leur dépérissement, puis leur mort. Le phylloxera, qui détruisit les vignes européennes à la fin du XIXe siècle, obligea les vignerons à replanter entièrement leurs vignes sur des portes greffes immunisés contre cette maladie. Ils sont pour la plupart d’origine américaine comme vitis rupestris, vitis riparia ou vitis berlandieri.

C/ Les vers de la grappe : L‘Eudemis et le Cochylis, les espèces de vers de la grappe les plus connues, occasionnent des dégâts importants souvent compliqués par l’apparition de la pourriture grise un peu avant la maturité du raisin.

D/ Virus et bactéries : on dénombre une quarantaine de virus qui s’attaquent à la vigne. Ils se transmettent généralement par la greffe. Parmi les diverses maladies de la vigne transmises par virus, la plus fréquente est le court-noué ou dégénérescence infectieuse. Dans ce cas, le virus est transmis d’une plante à l’autre par des vers de très petite taille, les nématodes, et entraîne d’importantes baisses de rendements. Un vignoble atteint de court noué doit être arraché en veillant à extraire toutes les racines, puis laissé en repos plusieurs années.

E/ Les bactéries : parmi les maladies transmises par des bactéries, il faut citer la maladie de Pierce qui fait des ravages en Californie et la flavescence dorée, répandue dans le sud de la France.

  • La maladie de Pierce : cette maladie, mortelle pour la vigne, est causée par la bactérie xylelle fastidiosa. Cette bactérie est transmise par une cicadelle communément appelée mouche pisseuse, insecte homoptère (taxon qui rassemble des insectes piqueurs suceurs de sève, souvent vecteurs de maladies des plantes). La maladie de Pierce provoque de sérieux dégâts dans le vignoble californien en particulier (source Wikipedia).