Pomerol, prestigieuse appellation du Libournais (Bordeaux rive droite) se rencontre à la sortie de Libourne, au nord nord-ouest de Saint-Emilion. Pomerol rassemble, sur un plateau argileux peu élevé, les 800 ha d’un vignoble dont la modestie ne tient qu’à sa dimension ; une terre exceptionnelle que transcende Petrus, véritable mythe mondial.

Petrus, un mythe à l’échelle du monde

Pourquoi se parer du titre de château quand on s’appelle Petrus ? Les 11,5 ha du domaine, dirigé de main de maître par la famille Moueix, sont à l’image de ce vignoble détenu par quelques cent cinquante viticulteurs dont les exploitations ne dépassent guère les 2 ha. Ici à Pomerol, il n’y a pas de curiosité touristique ; la vigne occupe presque toutes les terres disponibles, et les châteaux, si imposants dans le Médoc, ne sont que de simples maisons entourés de jardins. Hérité de l’époque gallo-romaine, le vignoble de Pomerol fut entièrement replanté au XIIe siècle par les templiers qui y fondèrent une commanderie. Après avoir été en partie détruit par la guerre de Cent Ans, il fut souvent confondu dans l’Histoire avec son puissant voisin (Saint-Emilion) qui alla jusqu’à supprimer l’identité même de Pomerol. Il fallut alors attendre le XIXe siècle pour que sa réputation rejaillisse sous l’impulsion de quelques négociants avisés, souvent d’origine corrézienne (Janoueix, Moueix…). Depuis, elle n’a cessé de grandir. Les pomerol aujourd’hui ont vraiment le vent en poupe.

Un plateau d’argile lourde

La zone d’appellation (4 km de long sur 3 km de large) comprend la commune de Pomerol et une partie de celle de Libourne avec pour délimitation, au nord, le ruisseau de la Barbanne*; à l’est, les limites communales entre Pomerol et Saint-Emilion ; au sud, la voie ferrée Libourne-Bergerac et l’agglomération libournaise ; à l’ouest, la D910 Libourne-Angoulême.
Le cœur du vignoble est constitué d’un plateau d’argile lourde descendant en terrasses successives vers la vallée de l’Isle, sur lequel se réunissent les plus grands crus de l’appellation. Le sol, qui apporte toute sa sève aux Pomerol, est très variable d’une vigne à l’autre. Il est silico-graveleux, argilo-graveleux, sablonneux. On y trouve ce qu’on appelle ici la crasse de fer, une sorte de grès tendre ferrugineux. Et les terrains de formation graveleuse déposés là au quaternaire par l’Isle, ce petit affluent de la Dordogne, donnent des vins souples très fins, au velouté remarquable. Ils sont en général à point entre cinq et quinze ans, selon les crus, les millésimes et aussi les caves de conservation.

* Affluent de l’Isle, qui, dit-on, séparait les pays de langue d’oc des pays de langue d’oïl.

Un merlot qui règne en maître

L’encépagement, conforme à la région, est dominé par le merlot à hauteur de 60, voire 70 % et quelques fois plus (Pétrus). Est-ce l’alliance cépage et sol qui permet aux Pomerol d’atteindre la plénitude, de révéler leur merveilleux arôme de truffe après cinq ans de vieillissement seulement ? Si le merlot et le cabernet franc (appelé ici bouchet) occupent près des deux tiers de la surface, le cabernet sauvignon ne semble pas aimer ce terroir. Il n’y figure qu’en faible quantité. Sa nature tardive ne s’adapte ni au sol ni au climat.

Pas de classement et pourtant !

N’est-il pas paradoxal de penser que contrairement aux autre prestigieuses appellations, il n’existe pas de classement pour les Pomerol ? Et il n’est toujours pas question d’en créer un. On a souvent comparé Pomerol à une république villageoise refusant toute hiérarchie dans ses rangs de vigne. Il a fallu attendre le XXe siècle pour voir apparaître des crus vedettes. Aussi une sorte de classification coutumière a-t-elle été établie, qui place Petrus en tête, suivi d’une liste d’une vingtaine de châteaux unanimement reconnus.

Cru hors classe

  • Petrus

Premiers grands crus

  • Château Certan-Giraud
  • Château la Conseillante
  • Vieux-Château Certan
  • Château L’Evangile
  • Château La Fleur-Pétrus
  • Château Gazin
  • Château Lafleur
  • Château Petit-Village
  • Château Trotanoy

Grands crus

  • Château Beauregard
  • Château Certan-de-May
  • Château La Croix
  • Château l’Eglise-Clinet
  • Château Lagrange
  • Château Nénin
  • Château La Pointe
  • Château Rouget
  • Château Vieux Maillet

crus remarquables

  • Château Le Pin
  • Château la fleur de Gay

Les grands millésimes

  • Deux très grandes réussites : les 47 et 61.
  • De très belles réussites : 59,64, 82.
  • Les classiques : 70, 75, 85.
  • Les originaux de Pomerol, trop ignorés : 67, 71.
  • Les deux grandes séries : 47, 48, 49, 50 et 88, 99, 90.

Pour les autres années, se reporter à Millésimes.

La production annuelle est d’environ 30 000 hl soit approximativement 4 millions de bouteilles.
L’ODG Syndicat de Pomerol (créé en 1900) est l’organisme professionnel qui regroupe les viticulteurs de l’Appellation.