Trotte vieille (château Trotte Vieille) Saint-Emilion Premier Grand Cru classé B (2012) Bordeaux, vin rouge : d’abord, un nom impossible à oublier, cette vieille dame* curieuse qui trottinait jusqu’à la diligence chaque fois qu’un attelage s’arrêtait pour quémander les derniers potins ensuite, la belle chartreuse du XVIIIe siècle entourée de 10 ha de vigne, d’un seul tenant et clos de murs. Faudrait-il en plus la présence exceptionnelle d’une pièce de vignes de cabernet franc datant d’avant le phylloxéra pour se convaincre s’il le fallait, de goûter au charmes de ces lieux et d’un vin Premier Grand Cru classé B confirmé (classement rendu public en septembre 2012).

* Un vieux parchemin en gascon datant du XVe siècle donnant les terres de Trotte vieille en fermage atteste déjà de l’utilisation de ce nom.

Un renfort, les vignes de château Bergat

On apprenait par la même occasion que Trotte Vieille se renforçait des 4 ha de château Bergat (tous les deux dirigés par Philippe Castéja) un Saint-Emilion Grand Cru classé depuis 1954. Son vignoble dominant la vallée de la Dordogne s’étend  à mi-distance entre château Trotte Vieille et Saint-Emilion sur les pentes sud des collines situées à l’arrière de la cité. De la maison, une ravissante chartreuse entourée d’un parc clos de murs, on peut même, par beau temps, apercevoir le clocher de l’église de Pomerol. Château Bergat, intégré à Trotte Vieille disparaît donc du dernier classement des Saint-Emilion.

Tout là haut, sur le plateau

Trotte Vieille se situe à l’est de Saint-Emilion, sur le haut du fameux plateau calcaire. La sobriété de la chartreuse et l’isolement  des lieux peuvent être en lien avec l’austérité des moines bénédictins qui vécurent là.  Les vignes, d’une cinquantaine d’années en moyenne,  sont plantées sur un sol homogène calcaire couvert d’une mince couche d’argile rouge d’une trentaine de centimètres. L’encépagement est à majorité merlot (55 %) avec 40 % de cabernet franc et 5 % de cabernet sauvignon. Le mode de culture est raisonné  avec rendement contrôlé par parcelle. Les vendanges sont manuelles. Le raisin est acheminé sur une table de tri et table vibrante. La fermentation malolactique se fait en cuves pour moitié et en barriques. L’élevage en barriques (100% neuves) s’opère sur 16 mois , l’ensemble sous le contrôle du directeur technique,  Christophe Dussutour.

  • La production annuelle du premier vin est d’environ 30 000 bouteille par an.
  • Second vin : La Vieille Dame de Trotte (créé en 2002).

Philippe Castéja, viticulteur et négociant

Acheté en 1950  sur un coup de cœur (et on le comprend !) par Marcel Borie, Trottevieille est depuis dans la même famille. Il a été administré par Emile Castéja, gendre de ce dernier, à qui succède aujourd’hui Philippe Castéja devenu en 2001 PDG de Borie-Manoux. Il mène de front l’activité de négociant* et celle de viticulteur puisqu’il s’occupe des propriétés de Pomerol et de Saint-Émilion. Ce groupe familial compte désormais plus de dix châteaux dans le Bordelais. Le château Batailley est le berceau de la famille Borie.

Autres propriétés dont :

  • château Lynch Moussas : Cinquième Cru (1855) Pauillac, Médoc (depuis 1919)
  • château Beau-Site : Saint-Estèphe (depuis1955)
  • château Haut-Bages Monpelou : Pauillac (depuis 1970)
  • château du Domaine de l’Eglise : Pomerol (depuis 1973)
  • château la Croix du Casse : Pomerol (depuis 2005)

* Borie-Manoux contrôle également à Bordeaux : Turpin Frères, Henri Moreau, Albert Duverger et le négociant Grands Vins de Gironde (GVG). En 1996, la famille a acquis la majorité de Drouet Frères, producteur et négociant de la Loire.