Villemaurine (château Villemaurine) Saint-Emilion Grand Cru classé (2012) Bordeaux, vin rouge : voici un vin confirmé par ce nouveau classement des Saint-Emilion (rendu public en septembre 2012) qui a la particularité d’avoir à la fois une vie végétale au dessus et une exposition de star en dessous, les deux orchestrées par un metteur en scène digne des plus grands producteurs (!).

95 % de merlot

Ce domaine de 7 ha (dont 6 en production), à quelques pas de la cité médiévale, jouit d’une position enviée au cœur du plateau de Saint-Emilion avec son sol composé d’une couche d’argile sur calcaire à astéries. Sur ce terroir exceptionnel, le merlot règne en maître au point de représenter 95 % de l’encépagement laissant 5 % au cabernet franc et des vignes qui ont une moyenne d’âge de 30 ans.

L’inframonde de Villemaurine

Mais ce château possède sous ses vignes (d’ailleurs, il a fallu entreprendre des travaux colossaux de consolidation), un étonnant réseau de carrières, véritable inframonde, un patrimoine souterrain fait d’immenses caves souterraines uniques en leur genre* où le vin et ses techniques  s’exposent dans un parcours son et lumière. Mais pas seulement le vin ! On y découvre  la vie d’un moine aussi célèbre que Dom Pérignon, l’ermite saint Emilion mais aussi celle d’un carrier puisque ces pierres extraites des carrières servirent à bâtir la ville de Bordeaux.

*Caves souterraines qui durent être entièrement sécurisées.

Tendance très bio

A Villemaurine, sous l’œil expert de l’œnologue conseil Stéphane Derenoncourt, le mode de culture n’est pas encore tout à fait bio mais très raisonné associant méthodes traditionnelles et connaissances les plus récentes : pratique du labour, éviction des désherbants et plantation hivernale de céréales qui permettent, en l’aérant, de favoriser la vie même du sol. La dimension du domaine permet un travail sur mesure avec sélection parcellaire. Les rendement sont limité, de 25 à 30 hl/ha. A la vigne, le travail est permanent : effeuillage sur une ou deux faces, vendanges vertes et vendanges manuelles en cagettes avec table de tri vibrante et encuvage gravitaire. La récolte est logée 100 % en barriques de chêne français renouvelées à 80 % et 20 % barrique de 1 vin (la fermentation malolactique s’effectue en barriques) avec un élevage de 18 mois. Le directeur technique du château n’est autre que Luc Pasqueron de Fommervault, l’époux de Carmen Onclin.

  • La production annuelle pour le 1er vin est de 15 000 bouteilles.
  • Second vin : Les Angelots de Villemaurie.

Belgian Wine Personality of the Year

Depuis son rachat en 2007, la propriété vit une véritable renaissance. Tout y a été remanié, y compris le vignoble. Il faut dire que Justin Onclin, l’homme d’affaires belge qui s’est porté acquéreur de Villemaurie  est un homme de communication et un formidable manager mais aussi un viticulteur respecté. Cet homme élut Belgian Wine Personality of the Year par un panel de professionnels en 2008 est devenu au fil des ans l’un des plus puissants négociants en vin de la place de Bordeaux. Dès 1982, il créait Sovex, à Carbon-Blanc pour reprendre 8 ans plus tard Woltner, une autre maison de négoce. Et c’est ainsi que Sovex-Woltner* devait s’allier avec le groupe néo-calédonien Ballande dont  la holding ainsi se porta acquéreur du château Prieuré-Lichine, du guide Gault&Millau et de la maison bourguignonne La Reine Pédauque. A titre personnel, en 2002, Justin Onclin s’achetait château Branas Grand Poujeaux puis en 2005, le foncier de Villemaurie avant de reprendre en 2007 la totalité du château, se séparant à l’amiable de la famille Giraud qui assurait le fermage de l’exploitation.

*Sovex-Wolter a réalisé un CA de 92 M d’€ en 2011.

Un nouveau chai signé Christian Delplace

Les nouvelles installations viticoles ont depuis été complétées par une restauration du patrimoine souterrain. Aujourd’hui le château dispose de deux chais à barriques dont un monolithe. Le nouveau chai, mélange de chêne, d’acier galvanisé et de verre a été conçu par Christian Delplace, architecte à Libourne ; c’est lui qui en 2005, avait rénové le château Fonplégade. Si quelques privilégiés évoquent encore  d’inoubliables festins, agrémentés de montreurs d’ours et de chevaux qui se déroulèrent jadis dans ces lieux,  aujourd’hui, la star incontestable est le vin, celui issu des vendanges du château qu’on récolte au dessus, sur le fameux plateau de Saint-Emilion.