Château la Tour Figeac, Saint-Emilion Grand Cru classé (2012) a tout des plus grands. D’abord son terroir les fameuses Graves de Saint-Emilion, une croupe de graves (Les Montilles) reposant sur un socle argilo-sableux riche en fer, entre les châteaux Cheval Blanc à l’est, Figeac au sud et la limite de Pomerol vers l’ouest. Ensuite les conviction de son propriétaire, Otto Maximilian Rettenmaier de cultiver ses vignes selon les préceptes de la biodynamie (mais pas certifiée). Cette démarche très contraignante mise en place au château dès 1997 avec l’aide de François Bouchet (l’un des apôtres en France avec Nicolas Joly de la biodynamie) fait ici une large place à l’observation et au bon sens agricole.

Cheval Blanc et Figeac pour voisins

Détaché du château Figeac en 1897 et divisé deux ans plus tard en La Tour Figeac et La Tour du Pin Figeac, La Tour Figeac est aujourd’hui un domaine qui couvre 14,5 ha d’un seul tenant offrant sur un sous-sol argileux des sols de type gravelo-sableux avec une majorité de graves du coté de Cheval Blanc et de plus en plus de sables en descendant vers l’ouest. Le vignoble est planté de merlot à hauteur de 60 % et pour 40 % de cabernet franc. L’âge moyen des vignes est de 35 ans. Les rendements ne dépassent pas les 40 hl/ha. D’importants travaux de drainage ont également été entrepris dans l’exploitation ces dernières années. La conduite du vignoble s’effectue sur la base d’une biodynamie.

Adepte de la biodynamie

Ainsi, les travaux se déroulent à un rythme qui tient compte du cycle planétaire. Le fumier d’origine biodynamique, faible en azote, est le seul engrais admis. Les sols sont travaillés mécaniquement. Tout désherbage chimique, tout traitement chimique systémique sont exclus. Seuls les produits agréés par l’agriculture biologique sont utilisés. La taille est menée selon une politique des cinq bourgeons, en guyot double, pour une densité de 6500 pieds par hectare. Le chai a été aménagé de façon à procurer des conditions d’hygiène et une ergonomie optimales. Le château s’est doté d’une cuverie en inox thermorégulée avec traitement séparé des différents lots de vendange. Elle est remplacée aujourd’hui par des foudres en bois de chêne et le recours au pigeage est généralisé.

Des céramiques microporeuses

La fermentation malolactique a lieu en barriques, renouvelées au gré du millésime. L’élevage se fait sur lies, avec apport d’oxygène directement dans les barriques grâce à des céramiques microporeuses (technique de la micro-oxygénation). Notez qu’Otto Maximilian Rettenmaier a demandé que chaque barrique porte le nom d’un compositeur de musique classique. Des dégustations régulières permettent de sélectionner les lots qui constitueront le premier et le second vin. La durée du séjour en barriques varie de 13 à 18 mois pour le premier vin et de 10 à 12 mois pour le second. Christine Derenoncourt a été la directrice technique du château, son époux Stéphane Derenoncourt intervient en tant que consultant dans la vigne et pour la vinification.

  • La production annuelle est d’environ 70 000 bouteilles.
  • Second vin : L’Esquisse de la Tour Figeac.

Une double scission

Le château La Tour Figeac est né d’une double scission. En 1879, Pierre Corbière qui avait acquis avec son associé une partie du Château Figeac (37 ha) récupérait deux ans plus tard, la partie connue sous le nom de La Tour Figeac et l’associé, La tour du Pin-Figeac. En 1961 la propriété passe au main d’un négociant en vins de Libourne, Louis Rapin. C’est son fils François qui ayant hérité du domaine fera reconstruire la tour qui donne son nom à la propriété et qui vendra en 1973 son château aux Rettenmaier, une famille d’industriels vivant à Hellbronn, au sud-ouest de l’Allemagne.

Relancé par Otto Maximilian Rettenmaier  

En 1994, Otto Maximilian Rettenmaier arrive au château pour y mettre en place une nouvelle gérance. Il remplace Michel Boutet à la direction du domaine. Pris de passion pour le pays, séduit par l’énorme potentiel du terroir, il décide de s’y installer. Il insuffla avec son équipe, un nouvel élan permettant à l’exploitation de mieux s’adapter à la biodynamie jusqu’à entreprendre un programme de replantation du vignoble pour porter la proportion de cabernet franc de 40 à 50 % de l’encépagement.