Cîteaux, cisterciens : abbaye bénédictine fondatrice de l’ordre cistercien. Elle est fondée en 1098 à une quinzaine de kilomètres au sud de Dijon par Robert de Molesmes. Le Duc de Bourgogne, Eudes Ier fit don cette année là aux moines de Cîteaux d’une vigne à Meursault comme cadeau de Noël. C’était le Clos de Vougeot. Il est situé à sept kilomètres de Cîteaux. L’ordre le posséda jusqu’à la Révolution.

La fulgurante expansion au XIIe siècle de l’ordre cistercien dans toute l’Europe est due à Bernard de Clairvaux (1090-1153).

Des moines œnologues avant l’heure

La Bourgogne est redevable aux moines cisterciens de l’extraordinaire essor de son vignoble et notamment de ses deux cépages emblématiques, le pinot noir et le chardonnay. Mais leur véritable secret résida dans l’extrême soin qu’ils apportèrent à leurs vignes.

On le sait, les cisterciens furent des vignerons passionnés. Ils mirent au point différentes techniques dont celle du marc (résidus de la  grappe une fois pressées) qu’ils utilisaient comme fertilisant. Lors des mauvaises années, rien de mieux pour eux que de fortifier le vin avec l’eau de vie de marc. En 1790, l’abbaye de Cîteaux et l’ordre cistercien furent dissous et leurs biens confisqués. Les commissaires qui se présentèrent au Clos Vougeot, furent reçus par le dernier frère cellérier de Cîteaux, Dom Goblet (!). On dit alors qu’il fondit en larmes. Emus par cet homme de Dieu qu’on dépouillait, les révolutionnaires  lui auraient alors remis deux plats en argent et assez de vin pour le restant de ses jours. Jusqu’à sa mort en 1810, Dom Goblet n’accepta jamais de se séparer d’une seule de ces bouteilles.

Autre anecdote qui remonte également à la Révolution, un certain colonel Bisson instaura la tradition qui voulait que les troupes françaises défilant devant Clos Vougeot présentent les armes. Un juste honneur pour cet ordre qui apporta tant à la vigne et au vin !