Clos La Madeleine Saint-Emilion Grand Cru classé (2012) Bordeaux, vin rouge : nul doute, ce site est exceptionnel ! Ne se contentant pas de dominer la vallée de la Dordogne du haut (et en plein cœur) du coteau sud de Saint-Emilion, il offre en plus  une configuration étagée entre vignes, terrasses, rochers, carrières souterraines, habitations troglodytiques, maisons et pigeonnier.  Serait-ce là, le cliché le plus emblématique de Saint-Emilion ? Perché ainsi, protégé des vents du nord et bénéficiant d’un ensoleillement maximal, ce clos de 2,5 ha*  a pour voisins, une bonne partie du gotha de l’appellation : d’abord l’un des quatre plus grands, Ausone mais aussi  Belair-Monange (venant d’intégrer Magdelaine), Canon, La Gaffeliere puis Canon La Gaffeliere, Fonplegade.

*Il est très exactement entre La Magdelaine et Bélair-Monange et au sud d’Ausone.

Des larmes et des joies

Mais que de hauts et de bas pour ce Clos La Madeleine reconnu grand cru classé dès le  premier classement de 1955  et qui pleura amèrement la perte de son rang en 1996 puis en 2006. Il a heureusement depuis essuyé ses larmes en apprenant l’annonce  de sa réintégration dans le prestigieux classement des grands crus de Saint-Emilion rendu public en septembre 2012.

Trois terroirs bien distincts

Ce clos a la particularité de réunir trois terroirs bien distincts :

  • le terroir de terrasses (20 % de la surface) au dessus et autour du pigeonnier planté en merlot ;
  • le terroir de côte (50 % de la surface), au dessous du pigeonnier dont  60 % en partie inférieure du coteau, planté en merlot et 40 % en partie supérieure, en cabernet franc. Cette situation en haut du coteau permet généralement des récoltes à bonne maturité ;
  • Le terroir de pied de Côte (soit 30 % de la surface), planté en totalité merlot, dont de très vieilles vignes datant de 1951.

L’encépagement est donc à dominante merlot  (76 %) et cabernet franc (24 %) avec des vignes qui ont en moyenne une trentaine d’années.

Comme un jardin

Grâce à sa petite surface, il est possible de conduire le vignoble comme un véritable jardin sous l’autorité d’Hubert de Boüard depuis 2006, le consultant de la propriété. Les rendements ont été modérés  et optimisés : taille, ébourgeonnage rognage à la main sur la parcelle de la Côte, travaux en vert en plusieurs passages. Les vignes sont cultivées de façon traditionnelle, et enherbées entre les rangs. Les vendanges sont manuelles (en bastes ou en cagettes, avec premier tri sur la vigne, table de tri vibrante après égrappage). Lors de la vinification, cuves bois et cuves inox s’utilisent au mieux en fonction des millésimes ; de petites cuves adaptées à chaque cépage. La cuvaison dure environ 3 semaines.  La fermentation malolactique du merlot se fait en barriques neuves. L’élevage s’effectue de façon traditionnelle, en barriques neuves de chêne (40 % neuves, 60 % un an).

  • La production est de 10 000 bouteilles par an.

L’ensemble du domaine viticole couvre près de 14 ha de vigne (dont les 2,5 ha du Clos La Madeleine possédant  son cuvier, son chai, ses carrières). Les 11,5 autres hectares  sont exploités et vinifiés dans des chais situés à Magnan, sous les dénominations :

  • Château Magnan la Gaffelière (Saint-Emilion Grand Cru) sur 10,5 ha
  • Château La Tandonne (Saint-Emilion).

16 ans pour retrouver son rang

On sait qu’une certaine famille Chatonnet était présente à Saint-Martin de Mazerat. Elle était propriétaire de grottes, de terres labourables et de vignes sur le plateau de la Madeleine depuis au moins la fin du XVe siècle. En 1841 apparaît la dénomination La Magdeleine. Le Clos La Madeleine ne cessera alors de renforcer son terroir et son identité. Ainsi, en 1930, puis à nouveau entre 1998 et 2002, des échanges de petites parcelles sont réalisés avec deux voisins (Châteaux Belair et Magdeleine) ; puis entre 2001 et 2004, le Clos La Madeleine acquiert les deux propriétés contiguës (les Châteaux Vieux Rocher La Madeleine, puis Flouquet-Madeleine). En juillet 1992, le domaine est repris par un  groupement foncier agricole, le GFA du Clos La Madeleine. En 1995-96, une partie des carrières est aménagée pour l’élevage du cru, ainsi que pour l’accueil et les réceptions. De 2001 à 2005, d’importants travaux sont réalisés sur les bâtiments acquis : construction d’un nouveau cuvier, création de chais pour l’élevage dans la carrière de Vieux Rocher. Le regroupement cuvier/chai souterrain d’élevage et de stockage sur le site de Vieux Rocher la Madeleine a eu pour double effet de constituer une entité parfaitement autonome de vinification et d’élevage, en plein cœur du vignoble et de libérer la carrière du pigeonnier pour  l’activité touristique et commerciale. Enfin en septembre 2012, le Clos de La Madeleine retrouvait son rang de grand cru classé dans la hiérarchie des Saint-Emilion.