Château Jean Faure, Saint-Emilion Grand Cru classé (2012) Bordeaux, vin rouge : le château Jean Faure retrouve son rang de grand cru classé (classement rendu public en septembre 2012) qui était le sien depuis 1955. Il avait été nommé grand cru classé lors du premier classement de Saint-Emilion, il en fut exclu en 1986 suite à une gestion négligente du domaine.

Au cœur du terroir des plus grands crus classés

Château Jean Faure, 18 ha d’un seul tenant, est idéalement situé en plein cœur du terroir des Grands Crus Classés de Saint-Emilion. Imaginez ! Cheval Blanc est à 100 m, La Dominique est mitoyen à l’ouest, Ripeau à l’est et Figeac à moins de 500 m. Enfin, last but not least, au bout de la route, on aperçoit L’Evangile, le voisin prestigieux de Pomerol. Ici, le vignoble jouit d’un sol idéal fait de graves, d’argiles et de sables ferrugineux .

Un encépagement atypique

L’encépagement est quelque peu atypique pour Saint-Emilion mais proche de ce qui se pratique à Cheval Blanc et à Figeac avec 56 % de cabernet franc, 40 % de merlot et 6 % de malbec ; des vignes âgées en moyenne de 40 ans et un rendement qui tourne autour de 38 hl/ha. L’ensemble du vignoble est mené en agriculture raisonnée axée le plus possible sur la biodynamie. Sont donc pratiqué l’effeuillage, l’ébourgeonnage, la vendange en vert, le travail du sol entre les rangs de vignes, les  vendanges manuelles avec tris sur tables vibrantes…

Une vinification parcellaire sur mesure

De 2006 à 2012, le château se fit aider par Stéphane Derenoncourt*, vigneron-conseil qui assura une bonne part de la métamorphose de Jean Faure. Il faut dire que l’investissement a été considérable. Le château s’est doté d’une nouvelle cuverie ultra-moderne entièrement thermo-régulée composée de petites cuves en bois et en béton de 70 hl chacune permettant une vinification parcellaire sur mesure ; et selon les principes édictés, pas de levurage, ni d’enzymage. Le chai d’élevage a été aussi entièrement rénové. Une fois les fermentations réalisées, le vin est élevé en 18 mois pour 2/3 en barriques de chêne (60 % neuves et 40 % d’un vin) et pour 1/3 en cuves béton.

*En fait, entre le propriétaire Olivier Decelle et Stéphane Derenoncourt (châteaux Pavie-Macquin, Clos Fourtet, Petit Village, Canon La Gaffelière…) le consultant médiatique, rien n’allait plus. Conclusion un divorce sur une question d’égo !

  • La production annuelle est d’environ 70 000 bouteilles.

Gloire et déchéance

Jean Faure à la fin du XVIIIe siècle, était partie intégrante de la seigneurie de Corbin saisie et démembrée à la Révolution française. Son principal adjudicateur, négociant à Libourne, Auguste Chaperon achète comme biens nationaux  les 42 ha de ce secteur qui regroupent les futurs châteaux Corbin, La Dominique, Jean Faure et Ripeau. Vers 1893, la famille Penaud acquiert le château avec différentes parcelles établissant la configuration quasi actuelle de ce qu’est Jean Faure aujourd’hui. En 1921, Marcel Loubat déjà propriétaire du château Ripeau, maire de Libourne et frère d’Edmonde Loubat (la Dame de Pétrus), rachète les 18 ha du vignoble de Jean Faure.

1976 sera le début du déclin. Le château est mis en fermage ce qui entraina une gestion hasardeuse, et négligence dans l’entretien du vignoble. Le 23 mai 1986, Jean Faure n’est pas retenu dans le classement de Saint-Emilion en raison d’insuffisances notoires dans la conduite de l’exploitation de votre cru, principalement au niveau œnologique… est-il notifié.

Une reprise en main par Olivier Decelle

Château Jean Faure sera repris en main dès 2004 par Olivier Decelle héritier et PDG de Picard Surgelés. Il a fait brillamment ses preuves en rachetant en 1999 le Mas Amiel (Roussillon, appellation Maury) en en faisant un vignoble exceptionnel, connu des grands amateurs du monde entier pour ses vins doux naturels ; un domaine de 226 ha dont 170 plantés de vignes. Il est également propriétaire des château Haut-Maurac (28 ha en Médoc) et Haut-Ballet (Canon-Fronsac).

Un retour dans le classement

La restructuration du château Jean Faure sera considérable. D’abord, une remise à niveau du vignoble. Pour cela, Olivier Decelle fit en premier lieu appel à Claude et Lydia Bourguignon, spécialistes bien connus du terroir viticole. Il fut entrepris des travaux de drainage sur 2,5 km avec apport de 2000 tonnes de galets et une remise en état du réseau hydraulique. Les bâtiments d’exploitation furent entièrement rénovés, modernisés. En deux millésimes, le succès est au rendez-vous. Il sera couronné 8 ans plus tard par le classement Saint-Emilion 2012, un juste retour pour ce qui fit la grandeur de Jean Faure.