Lirac, AOC (côtes du Rhône), appellation Côtes du Rhône méridionale, vins rouges, rosés, blancs : à 3 km au nord de Tavel, les 715 ha du vignoble débordent largement la commune de Lirac pour mordre entre garrigue et terres arides, sur les coteaux secs, calcaires et caillouteux de Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Geniès- de-Comolas et Roquemaure.

Disposé en terrasses et en coteaux, le vignoble de Lirac fait face sur la rive droite du Rhône à celui de Châteauneuf du Pape, au cœur de la garrigue gardoise, dans une région riche en vestiges romains.

Dès le XVIe siècle, le Lirac et les autres vins du Rhône étaient expédiés de Roquemaure, port fluvial très actif, vers Paris, l’Angleterre et la Hollande où ils étaient en vogue. Lirac doit en partie sa destinée au comte Henri de Régis, propriétaire du Château de Ségriès, qui en 1925 décida de reconstituer le vignoble du domaine anéanti par la crise du phylloxera. Parallèle intéressante ! Il mena le même combat rive droite du Rhône que celui qu’avait entrepris rive gauche, le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié. Sa ténacité fut récompensée par l’obtention de l’appellation (AOC) acquise plus tard, en 1947.

Lirac devenait le premier cru des Côtes du Rhône à produire des vins dans les trois couleurs. Aujourd’hui, l’appellation regroupe quarante-quatre caves particulières et treize sociétés de négoce qui vinifient et commercialisent les deux tiers de la production (le tiers restant l’étant par les caves coopératives).

Lirac recouvre trois types de vins. Les rosés, aux parfums de fruits rouges (cassis, framboise, mûre) avec parfois une pointe de minéralité, sont très proches du Tavel mais en moins charnus (ils proviennent des mêmes cépages). Les rouges représentent 80 % de la production : robe rouge rubis, aux subtiles senteurs de fruits rouges, de fruits noirs et d’épices. Ils sont puissants, généreux. Ils se gardent jusqu’à 8 ans. Ils possèdent un minimum de 40 % de grenache.

Enfin, une rareté ! Les blancs de Lirac. Ce sont des blancs de clairette, des vins d’une extrême  finesse au parfum exquis, aux flagrances florales (fleurs blanches) et fruitées (5 % de la production). La signature Lirac au centre d’un drapé élégant donne d’ailleurs à leur bouteille une allure de flacon de parfum !

Enfin, la confrérie des Jaugeurs de Lirac, née lors du cinquantenaire de l’appellation, porte le nom de cette confrérie qui au XVIIIe siècle devait vérifier la conformité des futailles. Beau symbole pour jauger s’il le fallait la valeur de cette appellation !