Parker (Robert Parker) dégustateur et critique américain, The Wine Advocate

Parker (Robert) dégustateur et critique américain : Robert Parker (né en 1947) est le dégustateur et critique le plus influent au monde. Il vit à Monkton, petite ville du Maryland. Après avoir pratiqué le droit pendant dix ans, il devient critique du vin en publiant la revue The Wine Advocate en 1978. Sa réputation explose en 1982 lorsque, avant tout le monde, il reconnaît dans le millésime 1982, à Bordeaux, un grand millésime. Depuis, ses notes (une échelle de 50 à 100) déterminent le prix des vins dans la plupart des régions du monde :

  • de 50 à 59 = inacceptables
  • de 70 à 89 = inférieurs à la moyenne
  • supérieur à 90 = très recherchés
  • 91 à 100 = très rares (ces derniers peuvent alors atteindre des cotes vertigineuses).

Ses guides éponymes sont vendus dans le monde entier, traduits en japonais, en Russe, en Allemand, en Français. Lorsque Parker ne put se rendre à Bordeaux en 2002 pour cause de guerre en Irak, il n’y eut pas de note, provoquant l’effondrement des cours. A son retour, en 2003, ceux-ci explosèrent. Bordeaux réalisa mais un peu tard qu’elle avait peut-être vendu son âme au diable !

L’homme qui a fait assurer son nez à 1 million de dollars

Alors, à défaut de le diaboliser, faudrait-il lui ériger une statue ou lui consacrer une rue à Bordeaux comme le préconise l’oenologue-conseil Michel Rolland qui ajoute tout de go : Parker, c’est le seul qui fait vendre. Aujourd’hui encore, ses notes publiées chaque mois de mai, à l’issue des dégustations en primeurs font trembler le vignoble bordelais*. Combien sont alors les viticulteurs à souffrir de parkerite dans l’attente du verdict. Le marché est essentiellement commandé par Parker dixit Jean-Luc Thunevin, célèbre propriétaire de château Valandraud (Saint-Emilion). Pour Pierre Lurton, directeur du château Cheval Blanc et château d’Yquem, pas de doute, l’influence de cet athlète de la dégustation est considérable. Il aurait fait dit-on, assurer son nez et son palais pour… un million de dollars. C’est un roc ! … c’est un pic… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule ! Un fleuve, un estuaire, un vignoble faudrait-il ajouter pour allonger cette fameuse tirade du nez.

Quand Parker revoit sa copie sur le 2009

C’est tout à son honneur. Il a revu sa copie. Plus de doute pour le Bordeaux 2009 : le meilleur millésime que j’ai dégusté depuis celui de 1982. En réévaluant sa notation en avril 2012, comme ont pouvait s’y attendre, les cours ont explosés. Si les très grands crus ont modérément bénéficié de cette annonce (château Haut-Brion n’a pris que 7%), par contre les vins un peu moins célèbres mais affichant 100/100, pour eux, plus de doute, c’est le jackpot. La valeur moyenne du 2009 de château Beauséjour (Duffau-Lagarrosse) par exemple a augmenté de 160 % ou autre exemple,  de 140 % pour un château Smith Haut-Lafitte 2009.

Les 19 châteaux bordelais classés 100/100 (millésime 2009)

19 vins ont ainsi obtenu la note parfaite  (et 11 vins, un 99) :

  • Beauséjour,
  • Bellevue Mondotte,
  • Clinet,
  • Clos Fourtet,
  • Cos d’Estournel,
  • Ducru Beaucaillou,
  • l’Evangile,
  • Haut-Brion,
  • Latour (sorti du marché des primeur en 2012)
  • Léoville Poyferré,
  • La Mission Haut-Brion,
  • La Mondotte,
  • Montrose,
  • Pavie,
  • Pétrus,
  • Le Pin,
  • Pontet-Canet,
  • Pape Clément Blanc,
  • Smith-Haut-Lafitte.

Son influence sur les Bordeaux vendus en primeur

Une étude récente de la revue britannique New Political Economy a ausculté l’influence de Robert Parker sur les prix des crus de Bordeaux vendus en primeur. Elle confirme ce que chacun savait en établissant que les prix des vins de Saint-Émilion et des crus classés du Médoc varient en moyenne de 33 % (en hausse ou en baisse) après la sortie des notes de Parker.

Une retraite annoncée

La nouvel a fait l’effet d’une petite bombe. Alors qu’on parlait lors de la dernière campagne des primeurs de Bordeaux (2012) d’une éventuelle retraite du maître après trente ans d’un règne incontesté, Robert Parker annonçait lui-même au Wall Street Journal qu’il avait vendu à des investisseurs de Singapour les parts qu’il possédait dans le Wine Advocate avec la création d’un bureau à Singapour, là où s’est déplacé l’or des vignes.

The Wine advocate vendu   

Le Wine Advocate ouTWA ou WA pour les initiés, ce sont 55 000 abonnés (dont 80 % d’américains) mais des millions de lecteurs pour ses fameuses notes tant attendues, tant craintes, tant brocardées et au contraire tant exhibées lorsqu’elles sont jugées correctes. La version papier sera-t-elle abandonnée au profit du numérique, la pub rentrera-t-elle dans les colonnes du magazine, qu’en sera-t-il de l’emprise du critique sur son pré-carré que sont les vins de Bordeaux et ceux du Rhône… seul l’avenir le dira ? Mais qui douterait qu’un tel personnage, véritable métronome du vin mondial se retire de ce qui a été si longtemps sa drogue ?

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