Pichon-Longueville Baron (château), appellation Pauillac (Médoc, Bordeaux) Deuxième Grand Cru classé 1855, vin rouge : appelé aussi Pichon Baron, ce domaine de 73 ha est situé au sud de Pauillac entre les villages de Saint-Lambert et de Saint-Julien (dont il est tout proche). Il est formé d’une cinquantaine de parcelles dont une d’un seul tenant d’une trentaine d’hectares plantée de vieux cabernets. Cette parcelle exposée au sud, est mitoyenne  de Château Latour. Elle occupe une magnifique croupe graveleuse de grandes profondeurs qui repose sur un socle d’argiles.

Mitoyen de château Latour

Château Pichon-Longueville Baron construit sur le modèle du château d’Azay-le-Rideau (Touraine) en 1851, bénéficie d’une vue superbe sur l’estuaire de la Gironde. Il fait face à Pichon-Longueville Comtesse de Lalande, vignoble frère dont il est séparé depuis 1850. L’encépagement est composé à 70% de cabernet sauvignon (selon les années, la proportion de cabernet sauvignon retenue dans l’assemblage varie de 65 à 80%), 25% de merlot et 5% de cabernet franc. L’âge moyen de la vigne est de 30 ans.
La production représente environ 200 000 bouteilles par an, soit 55% des volumes du domaine (volume divisé par deux depuis 1990).
Second vin : Les Tourelles de Longueville.

Les vins du Baron et ceux de la Comtesse

Au moyen-âge se dressait à Saint Lambert entre Saint Julien et Pauillac, une ferme modeste communément appelé jusqu’au XVIe siècle la Baderne ou la Bastide, fief de la famille Montguyon. A l’est de la route qui les séparait, la terre voisine appartenait aux seigneurs de Latour.

C’est au XVIIe siècle que Jacques de Pichon, Baron de Longueville, commence à constituer le vignoble de Pichon-Longueville. Il est situé si près de château Latour que la réputation du vin est établie en quelques années. Dès la première moitié du XVIIIe siècle, le domaine  produit déjà 30 tonneaux d’un grand vin, qui atteint des prix records, de 4 à 500 livres d’or, à égalité avec Brane-Mouton (aujourd’hui Mouton-Rothschild). Au fil des ans, la propriété s’agrandit, avant qu’elle ne soit divisée au milieu du XIXe siècle. Les vins de la Comtesse de Lalande et ceux du Baron sont alors élaborés séparément à partir de 1861.
En 1851, Raoul, l’un des héritiers Pichon  âgé de 64 ans, fait alors construire le château actuel aux allures de contes de fées. Cette nouvelle construction remplaça la vieille maison noble, qui se tenait là depuis plus de 300 ans.

Le dernier Pichon-Longueville vendit son domaine en 1933 à la famille Bouteiller. Pendant plus de cinquante ans, le domaine fut administré par Jean Bouteiller, puis par son fils Bertrand.

Repris par Axa-Millésimes

En 1987, la société familiale, alors partagée entre quatorze propriétaires, fut acquise par Axa-Millésimes.  Le domaine va connaître un vrai renouveau : le château est restauré, et pour imaginer une infrastructure d’équipements viticoles adapté à l’avenir, un concours d’architecture est organisé en collaboration avec le Centre Georges Pompidou. Dans le même temps, Jean-Michel Cazes (de Lynch Bages), est appelé pour redresser la barre. D’autres importants travaux d’agrandissement et de modernisation du chai seront entrepris en 2007 avec doublement de la surface du vignoble en replantant notamment des parcelles qui avaient été arrachées.
A la tête de Pichon-Longueville, Christian Seely, est administrateur et Jean-René Matignon, directeur technique. Ils  pilotent aujourd’hui d’autres propriétés viticoles en Europe, dont château Suduiraut (Sauternes) , Château Petit-Village (Pomerol), Château Pibran (Pauillac), Château Belles Eaux (Languedoc), le domaine Dsznoko (Tokaj, Hongrie), et Quinta do Noval (Porto, Portugal).