Quercy (vignobles du Quercy) : qu’ils soient de Cahors, des Coteaux du Quercy (AOC depuis 2011), des Coteaux de Glanes, ces vignobles partagent une même région, le Quercy. Il a pour limite, le département du Lot et une partie importante (septentrionale) du département du Tarn-et-Garonne, en gros l’ancien diocèse de Cahors.

I/Le Cahors (rouge uniquement)

Depuis deux millénaires, le vin de Cahors est reconnu comme un grand vin du monde. Ainsi, lui attribua-t-on le statut de Falerne (ou grand cru) puis on le dénomma The Black Wine (ou vin noir). Le poète Clément Marot, originaire de Cahors, le qualifiait de liqueur de feu. A son apogée, en 1870, le vignoble atteignait entre 40 000 et 60 000 ha. Aujourd’hui, la notoriété internationale du vignoble de Cahors est liée au malbec (ou côt) son cépage emblématique. En effet, encore largement méconnu il y a dix ans, le malbec est devenu un cépage extrêmement tendance notamment aux Etats-Unis. C’est donc en tant que capitale historique du malbec, mais aussi comme deuxième producteur mondial de ce cépage (voir son irrésistible ascension en Argentine),  que Cahors fait actuellement son grand retour sur la scène mondiale.

Le Cahors en chiffres

  • 21 700 ha (potentiel théorique).
  • Pourcentage minimum de malbec : 70 % (cépages complémentaires : merlot, tannat). 100 % de la production de Cahors est en vin rouge.
  • 10 % de la superficie mondiale plantée en malbec (deuxième producteur mondial, après l’Argentine).
  • 4 600 ha environ peuvent revendiquer l’AOC Cahors dont 80 % plantés en malbec.
  • 150 000 hl environ ont été produits en AOC Cahors ces cinq dernières années.
  • 430 exploitations participent à la production de vin AOC Cahors : 273 vinifiant en chai particulier ou vendeurs de vendange, 143 appartenant au secteur coopératif et 14 vendeurs de raisin à des négoces vinificateurs (récolte 2005).
  • 80 % environ des volumes agréés proviennent de caves particulières et 20 % de la coopération.

Aujourd’hui la nouvelle génération de vignerons s’applique des contraintes bien souvent supérieures à celles indiquées dans le décret. Ainsi, dans le vignoble, les rendements moyens sont à la baisse, la tendance est aux vinifications douces, capables d’extraire les parfums et les tanins les plus fins tout en conservant au malbec cette fraîcheur qu’il exprime bien sur son terroir d’origine, le Quercy.

II/Les Coteaux du Quercy (rouge et rosé)

Voici le frère cadet du Cahors. Cette nouvelle AOC depuis octobre 2011 voit son aire d’appellation Coteaux du Quercy relier le vignoble de Cahors à celui du chasselas de Moissac, aux confins des départements du Lot et du Tarn et Garonne. Sous double influence atlantique et méditerranéenne, le terroir est essentiellement un pays de pierres blanches empruntant les coteaux et terrasses calcaires qui s’étendent des Causses du Lot aux rives de Garonne. Cette belle terre des coteaux quercynois, vigneronne depuis l’époque gallo-romaine, aux sols argilo-calcaire et de boulbènes chaudes regroupe sur 400 ha, 33 communes (18 dans le Tarn-et-Garonne et 15 dans le Lot). Le cépage principal ici est le cabernet franc de 40 à 60 %.  Il offre à ces vins des tannins bien marqués et des notes de fruits rouges, animales et de poivron. Il donne également corps et charpente. Il a comme cépages complémentaires  le merlot, le malbec (l’auxerrois), le tannat et le gamay.  Mais les vins des coteaux du Quercy se déclinent aussi en rosés, agréablement fruités.

Les communes de l’appellation

Dans le Tarn-et-Garonne :

  • Bruniquel,
  • Caussade,
  • Labarthe,
  • Lapenche,
  • Lavaurette,
  • Mirabel,
  • Molières,
  • Montaigu-de-Quercy,
  • Montalzat,
  • Montpezat-de-Quercy,
  • Puygaillard-de-Quercy,
  • Puylaroque,
  • Montfermier,
  • Réalville,
  • Saint-Georges,
  • Sauveterre,
  • Vaïssac,
  • Vazerac.

Dans le lot :

  • Belfort-de-Quercy,
  • Belmontet,
  • Castelnau-Montratier,
  • Cézac,
  • Flaugnac,
  • Labastide-Marnhac,
  • Lascabannes,
  • Le Montat,
  • Montcuq,
  • Montdoumerc,
  • Montlauzun,
  • Saint-Daunes,
  • Saint-Paul-de-Loubressac,
  • Saint-Pantaléon,
  • Valprionde.

Soucieux de qualité, les vignerons des Coteaux du Quercy plafonnent le rendement à 55 hl/ha et s’imposent une densité minimale de plantation de 4000 pieds à l’hectare, afin de limiter le volume de récolte par pied.

On recense 54 exploitations, répartis dans 1 cave coopérative, 1 Lycée Agri-Viticole et 22 chais particuliers.

III/ Les Coteaux de Glanes IGP* (indication géographique protégée)

Le modeste vignoble des coteaux de Glanes, planté sur les pentes du village éponyme en haut Quercy est l’un des plus petits vins de pays de France. Il  se situe aux abords de la vallée de la Dordogne, face au Château Castelnau Bretenoux et proche du gouffre de Padirac.  Une trentaine d’hectares, travaillés par 8 producteurs associés au sein d’une seule et unique cave coopérative. Inutile d’espérer le trouver dans les restaurants hors du Quercy, tant les quantités sont limitées. Les cépages gamay, merlot et ségalin, sont à l’origine de vins rouges et rosés, simples mais de bonne composition. Une cuvée spéciale, élaborée à partir des vignes de merlot les plus âgées est une belle réussite, entre fruits noirs, réglisse et épices, portés par une matière ronde et charnue.

* En 2010, l’appellation Vin de Pays a évolué et est devenue Indication Géographique Protégée (IGP), label de qualité reconnu au niveau européen.