Les Côtes du Rhône méridionales  s’amorcent à Montélimar jusqu’à Avignon. En descendant le Rhône, elles offrent des terroirs de plus en plus marqués par l’empreinte du sud. D’abord, entre Valence et le défilé de Donzère, les Côtes du Rhône s’offrent un interlude de 50 km sans vigne, avant de basculer définitivement dans la partie méridionale, l’aire méditerranéenne de la culture de l’olivier.

Une dizaine d’appellations prestigieuses

Une fois passé la fameuse frontière climatique de Grignan, le vignoble va s’offrir quelques écarts à droite et à gauche jusqu’à se perdre à la périphérie de sa région, en Ardèche ou dans les Alpes-de Haute-Provence. Le Gard, la Drôme et le Vaucluse sont au cœur de deux appellations régionales : Côtes du Rhône et Côtes du Rhône-Villages. Une dizaine d’appellations, beaucoup plus prestigieuses, viennent briller de tous leurs feux sur cette terre chaude qui respire la Provence. La plus connue de toutes est Châteauneuf-du-Pape dans le Comtat Venaissin, appelé le vin des rois et le roi des vins (il n’est pas le seul !). C’est le secteur le plus sec des Côtes du Rhône. L’ensoleillement est d’environ 2800 h par an. La chaleur, emmagasinée par les cailloux mélangés à de l’argile rouge sableuse dans la journée, est restituée la nuit, provoquant un effet de four.

Les appellations des Côtes du Rhône méridionales

Chateauneuf-du-Pape : vin rouge  et vin blanc.  Appellation de la rive gauche du Rhône dans le département du Vaucluse. Le vignoble s’étend sur presque toute la commune de Châteauneuf-du-Pape et sur certains terrains de même nature des 4 communes limitrophes (Bédarrides, Courthézon, Orange et Sorgues). Les cépages autorisés sont au nombre de treize :

  • Grenache,
  • Clairette,
  • Cinsault,
  • Syrah,
  • Mourvèdre,
  • Picpoul,
  • Terret noir,
  • Cournoise,
  • Muscadin,
  • Vaccarèse,
  • Picardan,
  • Roussanne ,
  • Bourboulenc.

La superficie en production est de 3 165 ha avec une production moyenne de 84 777 hl et un rendement moyen de 27 hl/ha.

Gigondas : vins rouge et rosé. Cette  AOC depuis 1966 se situe dans le département du Vaucluse, au pied des dentelles de Montmirail. L’encépagement pour les rouges voit la proportion de grenache noir montée à 80 % maximum (syrah et mourvèdre pour 15 % minimum). De plus, sont autorisés tous les autres cépages de l’appellation des Côtes du Rhône, à l’exception du carignan, dans la proportion maximale de 10 %. Pour les rosés, 80 % maximum de grenache noir.  La superficie en production est de 1232 ha pour une  production annuelle moyenne de 37 007 hl et un rendement moyen de 30 hl/ha.

Vacqueyras : vins rouge, rosé, blanc. AOC depuis 1990, Vacqueyras voit son vignoble s’étendre sur les 2 communes de Vacqueyras et de Sarrians dans le département du Vaucluse, au pied des Dentelles de Montmirail, tout près de Gigondas. L’encépagement pour les rouges (97 % de la production) est le grenache noir (au moins 50 %), la syrah et le mourvèdre (au moins 20 %). Les autres cépages des Côtes du Rhône sont autorisés (maximum 10 %) à l’exclusion du carignan. Pour les rosés (1 % de la production), le grenache (60 % maximum), le mourvèdre et le cinsault (au moins 15 %). Pour les blancs (2 % de la production), clairette, grenache blanc, bourboulenc, roussanne, marsanne et viognier ne devant pas dépasser chacun 80 % de l’encépagement. La superficie en production est de 1461 ha pour une production de 44 131 hl et un rendement moyen de 30 hl/ha.

Tavel :ces terroirs situés sur la commune de Tavel, dans le département du Gard sur la rive droite du Rhône ne produisent que du vin rosé. L’encépagement est constitué de grenache, cinsault (15 % maximum) et de clairette blanche et rose, picpoul, calitor, bourboulenc, mourvèdre, syrah et carignan (10 % maximum). La  superficie en production est de 946 ha pour une production de 34 904 hl et un rendement moyen de 37 hl/ha.

Lirac : vins rouge, rosé, blanc. Le vignoble s’étend sur 4 communes dans le département du Gard au nord de Tavel (Lirac, Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres et Saint-Géniès-de-Comolas) sur la rive droite du Rhône.  L’encépagement en rouge et rosé est principalement constitué de  grenache noir, cinsault, syrah et mourvèdre et en blanc, principalement de clairette et surtout de bourboulenc et grenache blanc. Les blancs au parfum subtil sont rares. La superficie en production est de 801 ha pour une production de 21 081 hl avec un rendement moyen de 26 hl/ha.

Rasteau : vin rouge. Depuis 2009, grâce à la pugnacité de ses vignerons, les vins de Rasteau connus essentiellement pour les vins doux naturels, sont devenus un cru à part entière de la vallée du Rhône méridionale. Dans le département du Vaucluse, au nord-est d’Orange, le vignoble s’étend sur la plupart des terres du village. Le grenache représente  50 % minimum de l’encépagement,  syrah et/ou mourvèdre 20 % minimum et autres cépages de l’appellation admis à 20 % maximum. La Superficie en production est de 880 ha pour une production de 28 767 hl avec un rendement moyen de  33 hl/ha.

Rasteau Vin Doux Naturel : le vignoble s’étend sur les communes de Rasteau (principalement), Cairanne et Sablet pour une vingtaine de parcelles seulement. Tout commença en 1934 avec un essai de vinification en vin doux naturel qui fut audacieusement tenté par les vignerons. Le résultat fut satisfaisant. Aujourd’hui, la superficie en production est de 36 ha pour une production de 932 hl et un rendement moyen de 26 hl/ha. L’encépagement est simple. Le grenache noir doit représenter un minimum de 90%. Le complément de 10% maximum est représenté par les cépages ayant droit à l’AOC Côtes du Rhône. Mais dans la pratique, les Vins Doux Naturels sont le plus souvent élaborés en 100 % grenache.

Vinsobres : vins rouge et blanc. Par décret de 2006, Vinsobres est le premier cru des Côtes du Rhône de la Drôme Provençale.  Le vignoble s’étend  uniquement sur la commune de Vinsobres, sur 7 km en coteaux, dans le département de la Drôme. Historiquement le vignoble  était  de dimension modeste ( 484 ha en 1956). Après le gel de 1956, la vigne a supplanté l’olivier. La superficie en production est aujourd’hui de 419 ha pour une production de 13 569 hl, et un rendement moyen de 32 hl/ha. Le Grenache, cépage traditionnel de l’appellation Côtes du Rhône représente 77 % des plantations. La syrah, cépage qui réussit particulièrement bien sur les parcelles un peu plus fraîches représente 11 %. Depuis 15 ans d’ailleurs, la part de la Syrah pour les nouvelles plantations tend à augmenter et l’on s’achemine vers un vignoble bipolaire à deux cépages dominant Grenache /Syrah. Les autres cépages ne sont presque plus plantés. L’encépagement blanc est traditionnel des Côtes du Rhône méridionales. Depuis ces dernières années les plantations nouvelles concernent surtout les cépages très aromatiques qui affectionnent les zones tempérée. A ce jour, la Clairette représente 31 % des plantations, le Viognier 20 %, la Marsanne 16 %, le Grenache blanc 9 %.

Beaumes-de-Venise : vin rouge. Depuis 1943, l’appellation était surtout connue pour son vin doux naturel sous le nom de Muscat de Beaumes de Venise. En 2005, Beaumes-de-Venise est devenue aussi un cru des Côtes du Rhône pour ses vins rouges. Le vignoble s’étend sur le versant sud-est des Dentelles de Montmirail (entre 100 à 600 m d’altitude), sur les communes de Beaumes-de-Venise, Lafare, Suzette et La Roque Alric dans le département du Vaucluse. L’encépagement se partage entre grenache noir 50 % minimum, syrah 25 % ; mourvèdre et autres cépages de l’appellation sont également admis à hauteur de 20 % maximum (5 % de cépage blanc). La superficie de production est de 612 ha pour une production de 20 769 hl et un rendement moyen de 34hl/ha.

Muscat Beaumes-de-Venise Vin Doux Naturel : le vignoble se situe sur les coteaux de Beaumes-de-Venise, au versant sud des Dentelles de Montmirail. La superficie en production est de 490 ha pour une production annuelle de10297 hl et un rendement moyen de 21 hl/ha. C’est en 1945 que fut promulgué le décret consacrant l’AOC Vin Doux Naturel Muscat de Beaumes-de-Venise avec comme unique cépage, le muscat à petits grains dit aussi Muscat de Frontignan. Les raisins doivent avoir une richesse en sucre supérieure à 252 g/l. Le mutage en cours de fermentation se fait avec de l’alcool pur à 95 degrés alcoolique minimum. Les vins doivent contenir un minimum 110g/l de sucre et titrer une richesse minimum en alcool acquis de 15 %.