Château Rouget, Pomerol, Bordeaux, vin rouge : il tire son nom de Rougier, son ancien terroir, plus vaste qu’aujourd’hui et connus depuis plus de deux siècles englobant les lieux dits à Pomerol de Gay, Perruchot, la Veyète, Lavaud… Château Rouget s’est restreint aujourd’hui à 18 ha divisés en trois groupes de parcelles dont la majorité sur la plateau de Pomerol. Il est vrai que le domaine s’est enrichi de deux hectares en 1999, sur le Haut plateau, acquis auprès de châteaux voisins. Il a d’ailleurs pour voisins, l’Église-Clinet, Petrus et La Croix de Gay. De son passé, il lui reste le château qui a su conserver son charme d’antan avec une façade intacte couverte de lierre et son parc centenaire.

A la reconquête du merlot

Ici, le sol argilo-graveleux sur sous-sol d’alios ferrugineux plaît au merlot qui représente 85 % du vignoble, avec un complément de 15 % de cabernet franc. Entre des pieds nouveaux, âgés d’une dizaine d’années, et la partie la plus ancienne du vignoble, qui dépasse parfois les cinquante ans, le rendement est limitée volontairement à 35 hl/ha.

On expérimente la biodynamie

A noter ici, la haute densité des plantations (10000 pieds par hectare) pour limiter les rendements plutôt que des vendanges vertes. On a également commencé l’expérimentation de la biodynamie. Le château pratique la fermentation malolactique en barriques et un élevage de 15 à 18 mois en fûts de chêne renouvelés par moitié chaque année. Château Rouget travaille en étroite collaboration avec un voisin, l’œnologue Michel Rolland en charge depuis 1997 du suivi du vignoble et du vin, et d’Antoine Ribeiro, chef de culture du domaine.

La production annuelle est de 6 500 caisses environ (80 000 bouteilles)

Second vin : Vieux Château des Templiers (créé en 1992).

De la Bourgogne à Pomerol

L’histoire du château remonte au XVIIIe siècle, un domaine longtemps classé  parmi les meilleurs de l’appellation. Mais  les années d’après guerre furent suivies d’une longue période de médiocrité. Il sera finalement acheté par la famille Labruyère venue du Maconnais. En 1992, Jean-Pierre Labruyère achète Château Rouget*. Il poursuit ainsi la constitution d’un groupe familial de grands vignobles (notamment le domaine Jacques Prieur à Meursault). Il a investi, en 1976, dans l’un des plus anciens vignobles de Napa Valley en Californie et est devenu, en 1988, copropriétaire d’un domaine réputé en Bourgogne, le Clos du Moulin à Vent à Romanèche Thorins.

Un prestige rebâti !

Les travaux qu’il entreprend ici à Pomerol sont à la hauteur des ambitions qu’il a pour château Rouget : replantation d’une grande partie du vignoble en merlot, mieux adapté au terroir, drainage du vignoble, chais de vinification et de vieillissement, rénovation de la cuverie avec des cuves plus petites (de 50 à 100 hl) en inox thermorégulées afin d’affiner la sélection parcellaire et enfin en 2001, achat de cinq cuves en chêne, réservées à la vinification des meilleures parcelles du Château. Aujourd’hui, château Rouget est dirigé par Edouard Labruyère (6ème génération de vignerons). Il a prit la succession de son père en 2005.

* S.G.V.P. Société des Grands Vins de Pomerol.