Saint-Emilion (AOC Saint-Emilion) Bordeaux, vin rouge : une même aire géographique mais deux AOC, Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru. Elles se situent à 35 km au nord de Bordeaux, à 8 km de Libourne avec un vignoble qui s’enroule presque tout autour de la cité médiévale, avec le ruisseau de la Barbanne au nord, Pomerol et de Libourne à l’ouest, Castillon (Côtes de Bordeaux) à l’est, et la vallée de la Dordogne au sud. L’appellation s’étend sur 9 communes, couvrant 5500 ha (dont 3500 ha pour les Saint-Emilion Grands Crus) et une production annuelle d’environ 3,5 millions de bouteilles.

Les communes de l’appellation (et de la Jurade)

  • Saint-Emilion,
  • Saint-Christophe-des-Bardes,
  • Saint-Etienne-de-Lisse ,
  • Saint-Laurent-des-Combes,
  • Saint-Pey-d’Armens,
  • Saint-Sulpice-de-Faleyrens,
  • Vignonet.
  • Libourne (une partie seulement de la commune qui portait autrefois l’appellation Sables Saint-Emilion et dont les vignes sont plantées à même le sable).

Le merlot roi

La qualité des vins (des vins considérés comme les plus robustes du Bordelais, généreux, très colorés, et atteignant leur maturité plus vite que les autres) est lié à l’extraordinaire variété des terrains. Pour un encépagement identique où domine le merlot (60 % du total), le cabernet franc (30 %) et, dans une moindre mesure, le cabernet sauvignon avec 10 % (les sols sont trop froids pour lui), la diversité des crus est due à la topographie et à la nature des roches.

Une multitude de sols

Ici, côtes et plateaux calcaires, hautes terrasses et basses plaines, rochers, sables, molasses et astéries alternent en permanence la physionomie du sol. Ainsi, sur une surface très restreinte, distingue-t-on :

  • des sols argilo-sableux plus ou moins calcaire,
  • des sols superficiels (sur le plateau Saint-Martin) où l’enracinement ne dépasse guère quelques dizaines de centimètres, ce qui obligent les racines à s’enfoncer profondément pour se nourrir,
  • des sols constitués de croupes gravelo-sableuses,
  • des sols à texture très argileuse vers Pomerol.

A Saint-Emilion, un écart de quelques mètres est suffisant pour produire un cru différent.

Deux types de vin

  • Le vin des côtes et du plateau : il provient des coteaux escarpés qui entourent la ville en demi-cercle. La vigne, qui prospère sur des sols argilo-calcaire ou argilo-siliceux, semble jouir d’une immunité contre le gel, démontrée lors du terrible hiver 1956. Ce sont des pentes assez raides exposées plein sud. Elles entourent le premier plateau et s’étendent vers la Barbanne au nord et la Dordogne au sud. C’est là que se trouvent les meilleurs crus de Saint-Emilion, château Ausone entre autre mais également châteaux Beauséjour, Bel-Air, Canon, Fourtet. On peut ainsi trouver 11 des 13 crus les plus renommés sur la Côte Sud, principalement dans la partie haute de la Côte. Le plateau quant à lui est constitué d’une succession de strates calcaires à astéries qui s’étend tout autour de la ville de Saint-Emilion et sur une partie des communes de Saint-Christophe des Bardes, Saint-Hippolyte et Saint-Etienne de Lisse. En surface, le calcaire s’est transformé en un sol de cailloutis calcaires mêlés à de l’argile. Les vins sont ici chaleureux, puissants, charpentés et d’une belle couleur grenat intense. Ils se montrent aptes à un bon vieillissement.
  •  Le vin des graves. La terrasse de graviers et de sables argileux, composée des anciennes alluvions de l’Isle, s’étend au nord-ouest, vers les communes de Pomerol et de Libourne et produit des vins dénommés graves ou sables. La présence de bancs d’alios truffés de crasses de fer, que l’on rencontre également dans le Médoc, donne aux vins leur caractère si brillamment illustré par le château Cheval Blanc où le bouquet, la finesse et l’élégance tendent à les rapprocher du Pomerol.

Les exploitations viticoles de l’aire Saint-Emilion sont encore très familiales. Elles représentent presque un millier de domaines et sont de taille relativement faible de l’ordre de 7 ha en moyenne.