Sulfure de carbone (CS2) viticulture : à lire la définition de cette formule chimique : solvant très toxique, utilisé en chimie pour dissoudre de nombreux composants organiques; liquide dense et volatil avec un haut degré d’inflammabilité dans l’air, une température d’auto-inflammation remarquablement basse ainsi qu’une sensibilité exacerbée à l’électricité statique est en soi peu rassurant. Eh pourtant le sulfure de carbone fut le quotidien, à leur risque et péril*, de nombre de vignerons pour lutter (une lutte pas toujours probante) contre le phylloxéra par inondation des vignes avec une solution de sulfocarbonate ou par vaporisation au sulfure de carbone.

A la Romanée Conti jusqu’en 1944

On l’utilisa jusqu’à la dernière guerre à la Romanée Conti sur les vignes (non greffées) du domaine. Le sulfure de carbone fut découvert en 1869 par le baron Thénard et officialisé en 1873. Il sauve ainsi les vignes  européennes, jusqu’à la pratique de la greffe sur plants américains importés par son propre fils, Arnaud Thénard. Son utilisation dans le vignoble a toujours été très règlementée (et même subventionnée !). Il est diffusé par des pals-injecteurs (sorte de grosses seringues). Son maniement et son dosage sont à la fois difficile et très dangereux, provoquant des accidents graves. Le sulfure de carbone est un traitement très coûteux. Il faut savoir surtout que ce n’est qu’un palliatif. Il prolonge la vie des vignes, ne les guérit pas. On doit donc recommencer le traitement tous les ans.

* Il peu même être mortel car il touche le système nerveux.