Tempier (domaine Tempier) appellation Bandol (Provence) vins rouge, rosé et blanc : voici le domaine incontournable et emblématique de l’appellation Bandol au point qu’il a été étroitement lié à son histoire et à sa réputation. L’objectif était simple : faire entrer dès les années 1940, dans la composition des vins de Bandol, une part plus importante de mourvèdre pour l’élever au rang des grands vins de Bordeaux, de Bourgogne, ou encore de la vallée du Rhône. Cette appellation exceptionnelle à tous points de vue, enserrée dans un vaste amphithéâtre de montagnes formé par le massif de la Sainte-Baume voit ses vignes orientées plein sud, descendre en gradins jusqu’à la mer. Elles sont alors comme adoucies par un vent marin qui tempère les ardeurs du soleil. Un spectacle magnifique !

Le mourvèdre toujours plus haut

Situés au cœur de l’appellation Bandol, les 38 ha du domaine Tempier s’étagent en plusieurs parcelles sur les communes du Castellet, de Beausset et de La Cadière, entre mer et pentes escarpées inondées de soleil. Ici, sur des sols argilo-calcaires en restanques (terrasses), le mourvèdre domine à 70 % (plus 16 % grenache, 10 % cinsault et 4 % carignan), avec une production essentiellement rouge à 70 %, rosé (27 %) et blanc à 3 %. Le rendement ne dépasse pas les 30 hl/ha. Le vignoble est conduit en lutte raisonnée (officiellement) mais en agriculture bio  depuis la création du domaine. Donc pas d’engrais chimique, le désherbage des vignes est mécanique sans herbicide et les traitements sont raisonnés.

Les différentes cuvées du domaine

  • Classique. C’est un assemblage des différents terroirs : 75 % de mourvèdre (plutôt des jeunes vignes) associé au grenache, cinsault et une pointe de vieux Carignan.
  • La Tourtine (environ 80 % de mourvèdre, plus grenache et cinsault à parts égales). Cette cuvée est issue de vignes (40 ans d’âge) situées sur le haut du massif (170 m) souvent balayé par le Mistral, sur sols argilo-calcaires près du village du Castellet.
  • La Migoua (80 % de mourvèdre, complété de cinsault). Le vignoble sur le versant sud du massif du Beausset-Vieux à 270 m d’altitude, exposé plein sud est en forme de cirque. Le sol est constitué d’une véritable mosaïque d’argiles ocres, rouges, blanches, bleues parfois caillouteux.
  • Cabassaou. Cette cuvée exceptionnelle à 95 % mourvèdre, d’à peine un hectare dans le bas de la Tourtine (premier millésime 1987) étage ses vignes sur une pente  orientée sud à sud-ouest protégée du Mistral.

Lucien Peyraud, père spirituel du Bandol

Le domaine appartient à la même famille depuis 1834. Le vignoble existait déjà sous Louis XIV mais la bastide fut construite en 1834 et 1885. Son véritable départ est le fait d’un mariage, celui de Lucie Tempier, héritière du domaine qui épouse en 1936 Lucien Peyraud, fils d’un armurier de Saint Etienne, passionné par les vignes. Ils s’installent tous les deux au domaine en 1940. Ils vont devenir les parents spirituels du Bandol à base de Mourvèdre et les plus fervents créateurs et défenseurs de cette appellation. En 1945, Lucien Peyraud est nommé président du syndicat des vins de Bandol à une époque où les vins de l’appellation se négociaient moins chers que les vins de table. Ces pionniers ne cesseront de replanter et pendant 37 ans  se battront pour promouvoir une très haute idée du Bandol en France comme à l’étranger, en imposant partout le mourvèdre. Il est aujourd’hui le cépage marqueur de l’appellation,  intimement lié à son terroir. Mais ce combat fut de longue haleine. Il fut mené également avec l’aide du baron Leroy de Boiseaumarié, fondateur de l’INAO, du docteur Roethlisberger co-fondateur de l’appellation (d’ailleurs, André Roethlisberger considérait Lucien Peyraud comme son héritier spirituel) et de la comtesse Portalis  (château Pradeaux*), tous amis.

*Arlette Portalis et sa mère Suzanne s’y étaient installées  pendant la guerre de 39-45 et avait réhabilité le domaine détruit pendant la guerre.

L’avenir

Dès 1960, les deux fils de Lucie et Lucien, Jean Marie et François reprennent le flambeau. En 2000, ils décident de prendre un peu de recul et sont rejoints au sein du Conseil d’Administration par leurs sœurs, Fleurine, Marion, Laurence et Véronique. Aujourd’hui, le domaine Tempier est dirigé par Daniel Ravier, ingénieur agronome, originaire de Savoie. Daniel Ravier connaît bien le terroir de Bandol. Il poursuit l’œuvre des Peyraud avec le concours de la famille en continuant à magnifier le mourvèdre.