Recevez les articles de Dico-du-Vin.com

Pas de SPAM, pas de revente d’adresses !

Vallée de la Loire : voyage au pays du sauvignon blanc

De Sancerre à Chenonceaux, sur les terres du sauvignon blanc

Vignoble de Pouilly dans la Nièvre depuis le hameau des Loges, sur le versant droit de la Loire. Ce sont les premières vignes de Bourgogne-Franche-Comté. De l’autre côté du fleuve, Sancerre perché sur son piton rocheux est dans le Berry, en appellation du Centre-Loire. Photo © François Collombet

La Loire, vallée des châteaux et grand fleuve à vignes

La Loire, ce grand fleuve que les étés alanguissent au point qu’il se perd dans un lit de sable trop vaste, que les hivers bousculent de crues et de décrues incessantes, ce fleuve au long cours qui, du Massif central  aux embruns de l’Atlantique, creuse inexorablement son sillon, demeure aujourd’hui le dernier fleuve sauvage d’Europe. Ce grand fleuve a façonné ses rives comme un jardin. Il a fait de sa vallée, la vallée des rois et des reines, la vallée de la douceur de vivre où le ciel est tendre et les lumières évanescentes, la vallée du parler juste, du « bien  manger » et des châteaux. Ce grand fleuve ne pouvait être qu’un fleuve à vignes.

Le sauvignon blanc, ce cépage qui ouvre les vins de Loire

S’il fallait simplifier à l’extrême, on pourrait dire que tout commence et que tout finit par la Bourgogne : du gamay de Saint-Pourçain dans le sud du Massif central au melon de Bourgogne, autrement dit le muscadet du Pays Nantais. Entre ces deux extrêmes, le sauvignon blanc ouvre magistralement les vins de Loire en faisant d’une pierre (à fusil) deux coups à Sancerre et à Pouilly auxquels se raccrochent les Quincy, Reuilly et Menetou-Salon.

Pouilly, dernière conquête de la Bourgogne vineuse

Mais que diable fait Pouilly situé sur la Loire, en Bourgogne ? En face, Sancerre a son terroir bien ancrée en terre berrichonne (département du Cher). Mais sur l’autre rive, à Pouilly-sur-Loire, c’est la Nièvre*. Eh oui, on a déjà un pied en Bourgogne même si ce département a échappé de peu à son rattachement à la région Centre. Depuis 2016, il a rejoint la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

*Tout voudrait pourtant que la Nièvre fut plutôt liée à l’Allier et au Cher (le Berry) qu’à la Bourgogne. N’a-t-elle pas déjà été rattachée à la préfecture régionale de Dijon en 1941, mais, oublions la période !

J. de Villebois offre une gamme de 13 vins issus du sauvignon blanc. Ils viennent des terroirs de 6 appellations de Loire. Ils se présentent comme une découverte des vignobles ligériens commençant par les appellations régionales pour finir avec quelques prestigieuses sélections parcellaires de Sancerre et de Pouilly-fumé. Photo © François Collombet

Pouilly, Sancerre, un face-à face sublimé par la Loire

Le vignoble du sancerrois s’étend dans le Cher, au nord-est de Bourges sur14 communes et 3 hameaux (Amigny, Chavignol visible en contrebas et Maimbray). Un peu plus de 3000 ha dont 80 % en sauvignon blanc, cépage emblématique du sancerrois et 20 % en pinot noir. Ainsi, de 1000 ha en 1976, l’AOP Sancerre atteint aujourd’hui 3007 ha, proche des 3600 ha de son potentiel maximum d’extension. Photo © François Collombet

Entre Pouilly et Sancerre : « Eau nous divise, vin nous unit »

Sancerre produit plus de 23 millions de bouteilles par an dont 80 % sont issues du sauvignon blanc. Sancerre est leader des vins de Centre-Loire, devant le Pouilly Fumé et le Menetou-Salon suivis du Reuilly, du Quincy et des Coteaux du Giennois, tous partageant le sauvignon comme cépage blanc presque exclusif de leur appellation.

Sauvignon Blanc, Pouilly Fumé
Le sauvignon blanc est le cépage sans aucun doute, le plus expressif grâce à ses arômes thiolés (Ici, dans l’appellation Pouilly-Fumé dans la Nièvre sur les bords de la Loire. Photo © François Collombet

Sauvignon blanc

Les thiols, rôle des levures dans le secret des arômes variétaux (le sauvignon blanc)  

 Entre Pouilly-Fumé et Sancerre Blanc, on hésite ! 

De Sancerre, il suffit de franchir la Loire sur le pont de Saint-Satur, le port de Sancerre pour entrer dans le Nivernais. Pouilly, Sancerre, des siècles à s’observer, à s’empiéter d’une rive à l’autre. Mais quel spectacle à voir ce grand fleuve l’été, se perdre, nonchalant, dans un lit décidément trop grand pour lui lorsqu’il effleure de mille caresses, ses blancs de sables et ses îles que l’homme à bien voulu abandonner à la nature. Heureux sont ceux qui se laissent emporter sur une de ces gabares à fond plat pour admirer, le cœur hésitant, entre la rive droite et la rive gauche, entre un Pouilly-Fumé et un Sancerre Blanc ! Deux vins, deux joyaux  parmi 80 appellations qui s’égrainent le long des 1000 km de cette vallée où coule, d’un Massif (central) à l’autre (armoricain), le plus long fleuve de France, souvent qualifié de dernier fleuve sauvage d’Europe.

Voici ce qui résume le mieux, la devise de Pouilly : « Eau nous divise, vin nous unit » sous l’œil bienveillant de l’historien Franck Ferrand. Ils ont traversé la Loire pour partager ce grand dîner des Baillis de Pouilly : le maire de Sancerre, Laurent Pabiot et sa femme et au centre, l’un des plus grands vignerons du Sancerrois, Jean-Marie Bourgeois*. Photo © François Collombet

*Domaine Henri Bourgeois grand nom de l’appellation. La famille depuis 10 générations cultive la vigne. De 2 ha en 1950, le domaine couvre aujourd’hui 72 ha de vignes divisées en 124 parcelles autour de Chavignol et Sancerre et Pouilly-Fumé. Faut-il ajouter le Clos Henri, contreforts sud de la vallée de Wairau à Marlborough en Nouvelle-Zélande, établi et géré en bio par cette célèbre famille de Chavignol.

Pouilly-sur Loire : comment suis-je devenu impétrant de la très célèbre confrérie des Baillis de Pouilly ? – amazed

Sancerre a fait du sauvignon blanc, l’un des plus grands vins du monde

Sancerre offre des vins blanc, rouge et rosé Mais le vin blanc, issu du sauvignon blanc, par son coté vif, alerte, fruité, naturellement vigoureux, et par son inimitable saveur de pierre à fusil, est devenu l’un des vins blancs les plus connus et les plus populaires de France et sans doute l’un des grands vins blancs du monde. Du piton de Sancerre dominant le fleuve, le panorama embrase un paysage de collines. Celles-ci, parfaitement adaptées à la vigne, bien orientées, exposées et protégées, contribuent à la grande qualité des vins. Certaines atteignent jusqu’à 300 d’altitude, et pour les plus pentues, une chenillette ou même un treuil est nécessaire pour travailler la vigne.

Damien Laurent jeune œnologue déjà très expérimenté du domaine Fournier Père et Fils à Sancerre. Il se tient sur la parcelle Les Monts Damnés au-dessus de Chavignol ; une parcelle réputée pour son sol de Terres Blanches dit « kimméridgien » (argilo-calcaire). C’est aussi la plus élevée et la plus célèbre parcelle de l’appellation (300 m d’altitude) mais si difficile à travailler. Photo © François Collombet

Sancerre by Fournier Père & Fils depuis 1926 ou l’une des plus belles réussites du sauvignon blanc

Présent dès la création de l’appellation en 1936, le domaine Fournier Père et Fils est l’un des porte-drapeaux de l’appellation avec notamment le domaine Paul Prieur, lui aussi à Verdigny. 

Chai du domaine Fournier Père & Fils / J de Villebois* à Verdigny, route de la Garenne au Lieu-dit Chaudoux. Quand Paul Fournier reprend le domaine familial dans les années 1950, il ne compte que 2 ha. Au moment du rachat par la famille de Villebois en 2015, il couvre alors 60 ha sur 3 appellations du Centre-Loire (Sancerre, Pouilly-Fumé et Menetou-Salon). Photo © François Collombet
J. de Villebois : ce Grand cru est issu d’une parcelle emblématique de l’appellation Sancerre « Le Chêne Marchand ».

*A côté du domaine Fournier Père & Fils, J. de Villebois possède également sur les 2 appellations : Roc de l’Abbaye (Sancerre), Domaine Saint-Romble (Sancerre), Domaine des Berthiers (Pouilly-Fumé), Domaine Paul Corneau (Pouilly-Fumé).

Des sancerres au style et à la signature Fournier Père & Fils

Partons des incontournables du domaine : les Cuvées Appellations, exemple de régularité. Elles représentent le style et la signature de Fournier Père & Fils dans les 3 couleurs autorisées. Puis, se positionnent les Cuvées Villages (Village de Verdigny, Village de Sancerre en rouge, Village de Saint-Andelain, un Pouilly-Fumé) ; ces cuvées attachées à une commune du sancerrois se reconnaissent chacune dans un style propre. En remontant dans la gamme, les Cuvées Terroirs. Nul doute, rien que par leurs noms, elles signent le sol qui les a portées (Silex, Terres Blanches, Caillottes). Enfin, tout en haut, à l’image de la Cuvée des Monts Damnés, les Cuvées parcellaires issues des parcelles dont les « climats » (Grands Crus) sont exceptionnels. Leurs noms : Le Clos du Roc, Les Bouffants, Les Monts Damnés.

Sancerre, les vins de Sancerre sur les terres du sauvignon blanc

Le Sancerre sous la signature J. de Villebois

J. de Villebois développe également son propre parcellaire : Les Beltins, Chêne Marchand, Chêne à la Rouline et à Pouilly-Fumé, Les Vignes de Tréleau.

Quel paradoxe ! La capitale du sauvignon blanc de Loire serait non loin de Saint-Aignan sur le Cher !

Depuis Sancerre ou Pouilly, la Loire, dans sa longue descente vers l’Atlantique s’est rapprochée du Bassin parisien pour remonter jusqu’à Orléans et redescendre ensuite sur la Touraine. Là, le sauvignon blanc a laissé la place à l’autre grand cépage blanc de la Loire, le chenin blanc, appelé aussi pineau de Loire.

 Située à flanc de coteaux sur les bords du Cher, la cité médiévale de Saint-Aignan, est classée site patrimonial remarquable. Elle se situe au coeur des châteaux de la Loire et à deux pas du ZooParc de Beauval. A gauche, la collégiale de Saint-Aignan. Un remarquable édifice roman construit entre le XIe et le XIIe siècle qui se distingue par ses peintures murales, ses chapiteaux sculptés ainsi que sa crypte remarquable. Au centre, le château Renaissance sur son éperon rocheux et à droite, la tour Hagard, dernier vestige d’une forteresse du IXe siècle. Photo © François Collombet

Saint-Aignan aux confins du Blésois, de la Touraine et du Berry

Saint-Aignan sur le Cher (département du Loir-et-Cher) est aux confins du Blésois, de la Touraine et du Berry. Cet affluent de la Loire dont les terres sur les deux rives sont toute acquises au sauvignon blanc va servir de miroir à l’admirable château de Chenonceaux. Mais c’est après Tours, à 30 km plus à l’ouest que le Cher se jettera finalement dans Loire, presque au pied du château de Villandry.

En appellation Touraine Chenonceaux

Chenonceau dans cette vallée de la Loire (en l’occurrence ici, le Cher, un de ses affluents) est un château dans les vignes (AOP Touraine-Chenonceaux). Aborder ce chef d’œuvre de la Renaissance en arrivant par les vignes c’est déjà mettre un pied dans la longue histoire de Chenonceaux. Vignes et châteaux ont toujours fait bon ménage dans cette vallée et au-delà (Voir les châteaux de Chambord, Amboise, Valençay, Chinon, Saumur…). Jamais tant de vins ne se sont côtoyés avec autant de bonheur. Chenonceaux en est le parfait exemple. Photo © François Collombet
Au-dessus du château de Chenonceaux, une fois passé la voie de chemin de fer et la route, s’étagent les coteaux couverts de vigne entre notamment Civray-de-Touraine et le village de Chenonceaux. On est dans l’appellation Touraine-Chenonceaux (AOP) qui revendique aujourd’hui, 110 ha exploités. Ici une parcelle de sauvignon blanc. Photo © François Collombet

Saint-Aignan : parcelle de sauvignon blanc du domaine J. de Villebois en appellation Touraine Chenonceaux

Par cette matinée de forte canicule, visite d’une parcelle de sauvignon blanc à Thenay en appellation Touraine-Chenonceaux (au lieu-dit Fosse aux chats), tout près de Saint-Aignan. Notre guide n’est autre que Patrice Merceron, le directeur technique des domaines J. de Villebois depuis 2014. Il est Ingénieur-œnologue de formation, fils et frère de vigneron ligérien et grand passionné du sauvignon blanc. Il a été nommé en 2025 directeur général adjoint de la société J. de Villebois. Photo © François Collombet
Touraine-Chenonceaux 2024 est le deuxième millésime du domaine. Il est issu de deux parcelles de Saint-Romain. Une petite partie du vin a fermenté en fût d’un an, et l’élevage jusqu’à mai a permis d’affiner la structure de ce beau millésime. Photo © François Collombet

La mythique appellation Touraine Chenonceaux a rejoint la collection des vins J. de Villebois. Cette appellation qui s’étend sur 27 communes entre l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, n’est jamais très loin du château de Chenonceaux l’un des plus beaux châteaux du monde. La vigne se rencontre sur les hauts de pente ; un terroir caractérisé par des sols argilo-siliceux de type « perruche » et des argiles à silex reposant sur des tuffeaux.

Chenonceau (vallée de la Loire) : une journée dans le plus beau château du monde – amazed

Quand J. de Villebois établit le chœur logistique du sauvignon blanc à Chémery

D’abord Saint-Aignan est dans la zone d’appellation Touraine-Chenonceaux où règne en maître, le sauvignon blanc (les rouges sont issus du côt et du cabernet franc). Depuis Saint-Aignan, il faut-il se déplacer de quelques kilomètres jusqu’à Chémery pour être au chœur logistique du sauvignon blanc. Qui poussa donc Joost de Willebois à s’établir ici ; à construire cet immense chai anachronique dans le nouveau parc d’activités de la commune ? A bien y regarder, quoi de plus logique quand on est l’un des grands maîtres du sauvignon blanc de Loire que de choisir Chémery. Sa position géographique est idéale, au cœur de l’appellation Touraine. Et puis pour rappel, depuis juin 2021, les Vignobles Villebois ont rejoint le label « Vignerons Engagés» premier label RSE et durable dédié au monde du vin en France. Le label englobe toutes les étapes de la filière, de la première feuille de vigne à la dernière goutte de vin. Ce chai est donc l’outil parfait pour répondre complètement à ce label.

 A Chémery, à quelques kilomètre de Saint-Aignan, ce chai J. de Villebois a de quoi étonner ! Il semble surgir de nul part avec ce côté moderne et minimaliste. Photo © François Collombet

Le plus grand chai de vinification du sauvignon blanc du Val de Loire

Il faut dire que ce chai surgi de nul part est impressionnant avec ce côté moderne et minimaliste, mettant en avant les lignes épurées, les surfaces réfléchissantes et les matériaux haut de gamme*. Il couvre 1440 m² dans un incroyable alignement de cuves en inox poli-miroir pour faciliter le nettoyage et ainsi réduire la consommation en eau. Sa capacité est de 20 000 hl (l’équivalent de 2,6 millions de bouteilles). Il est déjà trop petit. Il a été conçu spécifiquement pour la vinification, l’assemblage des vins et leurs préparations ; un environnement idéal pour les travailler dans le respect de la qualité. De plus, ce chai a été pensé pour faciliter le travail des salariés, pour garantir la qualité des produits et pour réduire au maximum l’impact environnemental. Un espace de dégustation a été pensé au dernier étage du chai où les acheteurs professionnels peuvent déguster les vins dans un cadre aux couleurs de Villebois (le vert impérial !) tout en surplombant les passerelles et le cuvier en inox du chai.

*Il a été conçu par le célèbre cabinet BPM Architectes, reconnu, entre autres, pour ses réalisations de construction de caves viticoles.

Sa capacité est de 20 000 hl (l’équivalent de 2,6 millions de bouteilles). Il a été conçu spécifiquement pour la vinification, l’assemblage des vins et leurs préparations. Photo © François Collombet
Le chai couvre 1440 m2 dans un incroyable alignement de cuves en inox poli-miroir. Photo © François Collombet
Alberto Tonetto, l’œnologue du chai. Il est vénitien d’origine, globe-trotter polyglotte. Alberto a posé ses valises dans la Loire par amour il y a quelques années. Aujourd’hui, il est aussi amoureux de la Loire et de ses vins. Homme de convictions et de passion, il met tout son savoir-faire à l’élaboration des vins du domaine. Marathonien, compétiteur affirmé, c’est un homme de challenge qui sait se surpasser pour porter toujours plus haut la sophistication et la précision des cuvées du domaine. Photo © François Collombet

Un sauvignon blanc sans alcool, c’est Divin !

Pour Alessandro Bariè, œnologue, l’aventure du vin sans alcool est un défi

Dans la gamme Divin, des vins sans alcool de J. de Villebois, Divin « Vigneron » (dégusté ici avec Alessandro Bariè) est une création façonnée à partir des plus belles parcelles de vieilles vignes de sauvignon blanc de Loire. Son élaboration singulière repose sur une technique avant-gardiste de réintégration des arômes en fin de désalcoolisassions, conférant à ce vin une personnalité unique. Photos © François Collombet

Portrait dAlessandro Bariè

« Cette passion viti-vinicole combinant des techniques de vinification artisanales avec des méthodes modernes de désalcoolisassions ».

Rien ne prédestinait Alessandro Bariè au vin et surtout aux vins sans alcool. Des parents avocats, des études de droit. Et puis, la passion du vin lui vient d’abord par une licence en sciences et technologies agricoles suivie par un master de deux ans en œnologie et viticulture durable. Il va ensuite s’initier en parcourant l’Italie et le sud-ouest de la France (Madiran) et enfin poser ses valises en Touraine en 2022 où il effectue ses premières vendanges pour Divin. Il est devenu chez J. de Villebois, l’expert et l’œnologue des vins sans alcool. Il résume ainsi sa méthode : « habitué à travailler l’équilibre et la complexité des vins traditionnels, j’ai dû repenser chaque étape de la vinification pour préserver l’âme du vin tout en le libérant de son alcool. De la sélection rigoureuse des raisins à l’élaboration d’un vin de base structuré, jusqu’au délicat processus de désalcoolisassions. Allier technicité, intuition et respect du terroir, tout en repoussant les limites de l’innovation, fait de cette aventure une véritable révolution sensorielle, où mon savoir-faire œnologique s’exprime autrement, avec la même exigence et la même ardeur. »

Elaborer le premier sauvignon blanc désalcoolisé à 0,0 % produit en Loire est un projet qui a demandé des mois de recherche. Il fallut explorer les techniques artisanales et l’étude des méthodes internationales de désalcoolisation. Mais surtout cette recherche demanda une volonté constante d’atteindre un équilibre parfait entre authenticité aromatique et finesse.

La gamme Divin des vins sans alcool de chez J. de Villebois.(Divin marque de no/low avec sa cuvée Divin Vigneron de sauvignon blanc). Ces vins sont issus principalement du sauvignon blanc mais aussi du pinot noir, du chardonnay et du chenin blanc. Photo © François Collombet

Une bière oui mais une bière de sauvignon blanc !

Les tourangeaux sont accueillants. Ici, à Chémery, la dégustation et la visite se terminent par un déjeuner d’été improvisé dans la fraîcheur du chai. Belle occasion de goûter entre autre à la fameuse bière des vendanges Divin Sauvignon blanc sans alcool, une bière artisanale « détonnante » à base de houblon et de jus de raisin de sauvignon blanc (IGP Val de Loire). Photo © François Collombet

Chez J. de Villebois, l’art et la technologie au service du sauvignon blanc de Loire

Qui est Joost de Willebois, celui qui a fait des terres du sauvignon blanc de Loire, son royaume ?

Joost de Willebois a réussi à imposer une autre vision du sauvignon blanc ligérien. Il a permis à chaque terroir d’être lui même et de pouvoir exprimer sa propre identité. Photo © François Collombet

J. de Villebois, implanté en Touraine depuis 2004 est devenu au fil des ans l’un des grands spécialistes du sauvignon blanc de Loire. A sa tête, Joost de Willebois. Il est né aux Pays-Bas mais est aujourd’hui citoyen de la LoireCet ancien financier* a une valeur qu’il joue depuis plus de 20 ans à la hausse, le sauvignon blanc dont il est devenu plus qu’un spécialiste, un amoureux sans limite ! Willebois (le V est devenu un W), un nom qui marque son origine française. Notre famille a le gène du vin aime-t-il à dire. Aujourd’hui, lui l’œnologue, le patron du domaine Fournier Père & Fils à Sancerre racheté en 2015 mais aussi des Vignobles J. de Villebois (huit appellations sous le signe du sauvignon blanc de Loire) aurait-il mis entre parenthèse son passé de financier ? Avec sa femme, Miguela, tous deux sont passionnés par la culture Française, la période médiévale et surtout par le sauvignon blanc de la Loire depuis 2004 et l’acquisition d’un premier petit domaine viticole de 10 ha en Touraine, proche de St-Aignan-sur-Cher. Avec leurs 4 fils, ils résident en alternance entre les Pays-Bas et Saint-Aignan depuis 1996.

*Sa carrière internationale a commencé en France chez Royal Shell et la Banque ING. Il est devenu ensuite président de la bourse d’Amsterdam et vice-président d’Euronext en 2004. Lorsque Euronext a fusionné avec le NYSE (bourse de New York) en 2007.

Voyage au pays du sauvignon blanc de Loire avec arrêt sur images

Joost de Willebois a fait de la plus ancienne maison de Saint-Aignan son centre de dégustation et de vente : Aux Trésors de Bacchus

On l’appelle « La Maison Carmen ». Cette maison à pan de bois est la plus connue et la plus ancienne de Saint-Aignan. Elle date du XVe siècle. Elle est classée monument historique depuis 1928. Elle appartenait à une femme dénommée Carmen, qui tenait un magasin. Depuis, elle a gardé ce nom. Photo © François Collombet

L’art de vivre et du bien manger à Saint-Aignan

Terrasse du restaurant La Salamandre. Peut-on rêver un emplacement plus exceptionnel, au pied du château Renaissance et face à la collégiale ; un édifice roman construit entre le XIe et le XIIe siècle aux remarquable chapiteaux sculptés et surtout connu pour sa crypte dotée de fresques datant des XIIe et XIVe siècles. Photo © François Collombet

A quand la première étoile ?

Dîner à la Salamandre avec Alberto Tonetto. Photo © François Collombet

La Salamandre est au cœur de la cité médiévale de Saint-Aignan au pied du château renaissance et face à la collégiale. Ce restaurant dont le nom La Salamandre est l’emblème de François Ier a, parmi ses propriétaires, J. de Villebois. C’est sans doute pour lui, grand spécialiste du sauvignon blanc de Loire, la plus belle vitrine gourmande et gastronomique. Ses bouteilles sont évidemment mises en avant dans la vinothèque du restaurant. Le chef, Jeroen Steentjes élabore une cuisine régionale contemporaine à partir uniquement de produits locaux et de saison. A son actif, plus de 22 ans de métier et d’expérience dans des hôtels et restaurants étoilés, au Pays-Bas, en Allemagne et en France notamment. Jeroen Steentjes et sa femme Marike se sont installés depuis 2012 dans le Loir-et-Cher. Chacun ici attend une première étoile qui serait bien méritée.

Une infidélité au sauvignon blanc pour cette canette / texture petit pois !

Une infidélité qui se comprend sous les yeux d’Alberto Tonetto, l’œnologue de J. de Villebois. Quoi de mieux pour cette canette qu’un sancerre rouge 2023 venu d’un parcelle exceptionnelle, La Louisonne nîchée sur les premiers coteaux du célèbre cirque de la Poussie, sur la
commune de Bué. Un pinot noir élaboré comme un grand bourgogne rouge. Un millésime exceptionnel qui a été élevé en fûts de chêne neufs de 300 litres pendant 10 mois à température constante (15°C), avec des batonnages 1 fois par semaine. Résultat : « un nez qui s’ouvre sur les fruits rouges (fraise des bois et cerise) avec une pointe d’épices douces. Une attaque, tout en fruit et une bouche ample avec des tannins souples et des saveurs d’épices et de poivre. Une finale très longue avec des nuances de vanille ».

Incroyable, la collégiale Saint-Aignan encore ouverte à 21 h

Une visite qui se fait dans l’euphorie de ce dîner d’exception. Il suffit juste de passer la porte de La Salamandre pour franchir immédiatement le porche de la collégiale. Elle est considérée comme la plus belle de la Vallée du Cher. Quel pur style roman, tant par la qualité de son architecture que par celle de son décor. Plus de 250 chapiteaux sculptés ornent l’église supérieure, certains illustrant des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, d’autres à titre décoratif. A noter que l’abside, le sanctuaire et le transept surmonté du clocher central sont du XIe siècle. Mais le véritable trésor de cette collégiale est la crypte (l’église primitive) qui remonte également au XIe siècle. Elle abrite un remarquable ensemble de peintures murales, dont un Christ en majesté entouré d’une double mandorle, symbole de gloire divine. Ces œuvres ont été réalisées entre les XIIe et XIIIe siècles.

Le chœur de la crypte est relié au déambulatoire par trois portes basses. Une forme de cul de four où se situe la plus ancienne fresque : « Le Christ en Majesté », d’inspiration byzantine (fin XIe siècle). Photo © François Collombet
Dans la crypte de la collégiale de Saint-Aignan, ces peintures murales, dont un Christ en majesté entouré d’une double mandorle, symbole de gloire divine et d’inspiration byzantine. Photo © François Collombet
La crypte de la collégiale de Saint-Aignan. Le cul de four de la chapelle sud est orné de fresques représentant la légende de Saint Gilles. Photo © François Collombet
Détail de la décoration de la chapelle sud. Photo © François Collombet

144 marches pour atteindre le château de Saint-Aignan accroché à son éperon rocheux

Petit effort pour atteindre la cour d’honneur du château Renaissance (il est privé). Il faut gravir un majestueux escalier de 144 marches qui se trouve au pied du restaurant La Salamandre (ou de la collégiale). Il mène à la cour d’honneur du château (accès libre) offrant une magnifique vue sur la cité et la vallée du Cher.

Entrée du château de Saint-Aignan par La tour Hagard et le mur d’enceinte (Xe siècle). Photo © François Collombet
Cour d’honneur et terrasses du Château de Saint-Aignan, demeure seigneuriale (fin XVe, début XVIe s.) s’élevant sur les ruines de l’ancien château féodal dont subsiste le donjon. Photo © François Collombet

De Saint-Aignan sur le Cher jusqu’à la Loire à Amboise au pays du chenin blanc

Etrange, cette idée d’achever ce périple au pays du sauvignon blanc par Amboise, où seul le chenin blanc (ou pineau de Loire) entre dans la composition des vins blancs de l’appellation Amboise. On se consolera en visitant le Clos Lucé, dernière demeure de Léonard de Vinci* et en se recueillant devant sa tombe, chapelle Saint-Hubert suspendue dans le vide au-dessus de la ville.

*Il possédait des vignes dans la région.

Dernier déjeuner de ce périple au pays du sauvignon blanc organisé par Fleur Leynaud Merlet (Relation Presse) du domaine J. de Villebois à Amboise avec un groupe de journalistes de l’Association de la Presse Etrangère (APE). Photo © François Collombet
Visible de la rue en contre-bas, la chapelle Saint Hubert est l’un des fleurons architecturaux du château d’Amboise. Cet ancien oratoire des rois de France semble comme suspendu au-dessus de la ville. Il abrite la tombe de Léonard de Vinci mort à Amboise le 2 mai 1519. Comme il en avait émis le souhait, le génie italien repose en effet à Amboise pour l’éternité. Photo © François Collombet
Vue du château d’Amboise depuis la rive nord de la Loire. Du pont du maréchal Leclerc, il est possible de descendre sur l’île d’Or où une statue colossale en bronze de Léonard de Vinci (sous la figure d’un dieu antique) fait face au château et la chapelle Saint-Hubert où il repose. Photo © François Collombet

Amboise, le château, les vignes et Léonard de Vinci

Léonard de Vinci chez lui, au Clos Lucé (Amboise, vallée de la Loire) – amazed

Château royal d’Amboise, là où repose Léonard de Vinci – Dico du patrimoine

François

  • 1990 – Les grands vins du monde, préfacé par Gérard Depardieu. 
  • 1992 – Grands et petits vins de France, préfacé par Jean Carmet.
  • 1996 – Le guide des grands et petits vins de France, préfacé par Alain Favereau.
  • 2000 – The Flammarion Guide to World Wines
  • 2013 – Les vignobles mythiques, aux éditions Belin préfacé par Pierre Lurton (Cheval Blanc et Yquem).
  • 2014 – Prix Amunategui-Curnonsky décerné par l’APCIG (association professionnelle des chroniqueurs de la gastronomie et du vin).
  • 2016 – Cépages & Vins aux éditions Dunod.
  • 2020 – Cépages & Vins, nouvelle édition, éditions Dunod.

Table des matières

Voir aussi

Nos derniers articles

Voir aussi

Autres articles qui pourraient vous intéresser