Chénas est l’un des 10 grands crus du Beaujolais (vin rouge). C’est le plus « rare » des crus du Beaujolais. Il a le privilège de jouxter le célèbre Moulin-à-Vent, seigneur du Beaujolais. Ce petit vignoble de 285 ha semble tiraillé de toutes parts, entre Juliénas et Moulin-à-Vent, entre deux départements et deux communes : La Chapelle de Guinchay, en Saône-et-Loire, et Chénas, dans le Rhône. Du pic Rémont à la plaine de la Saône, le sol d’origine granitique évolue vers des terrains silico-argileux très caillouteux.

L’arrachage des chênes par édit pour y planter de la vigne

Doit-on croire la légende qui veut qu’un homme venu de Ligurie (tous les noms de communes se terminant en « as » proviendraient d’anciennes colonies ligures) ait apporté jusque-là quelques pieds de vigne ? Pour les planter, il dut abattre des chênes dont il utilisa le bois pour faire une cuve et y verser sa récolte. L’ayant un jour entendue murmurer, il la goûta. L’effet fut immédiat. Il chanta alors avec un tel bonheur toutes les notes de la gamme, que l’on baptisa le cépage gamay. Dans cette histoire, un seul fait paraît vraisemblable : l’édit royal, qui, en 1316, ordonna l’arrachage des chênes sur la montagne de Rémont pour y planter de la vigne.

Comme le juliénas, le chénas à la robe rouge sombre, allant vers le rubis est un vin très corsé capable de dévoiler une étonnante vigueur.  Il présente des notes florales de roses et de pivoine, acquérant avec l’âge, des arômes d’épice.  Il se consomme entre 3 e 8 ans et peut se garder jusqu’à 10 ans.