La Corse, la plus élevée des îles de la Méditerranée, voit son plus haut sommet, le Monte Cinto, culminer à 2 700 m (20 sommets dépassent les 2000 m). Sait-on qu’en Corse un vignoble peut regarder la montagne enneigée et avoir les pieds dans l’eau ? A titre d’exemple, le Clos d’Alzeto, au nord d’Ajaccio sur les flancs de la vallée de la Cinarca, face au golfe de Liscia possède le plus haut vignoble de Corse avec une parcelle de 50 ha à 500 m d’altitude. Le climat s’équilibre entre les influences maritimes et montagnardes qui se tempèrent mutuellement. C’est l’île aux mille vallées. Les meilleurs terroirs sont les sols secs des plateaux et des collines proches de la côte.

4 grandes régions géologiques

Avec 4 grandes régions : la Corse granitique à l’ouest (les 2/3 de l’île), la Corse alpine à l’est aux sols constitués de schistes, les placages calcaires du nord-ouest et du sud aux étonnantes falaises blanches et enfin, la Côte orientale, succession de collines et plateaux aux sols argileux ou silico-argileux, cette grande diversité géologique offre à la Corse une multitude de vins qu’ils soient intenses et floraux, délicats et moelleux, ronds et charnus souvent dotés de notes minérales marquées.

L’influence italienne

Historiquement, l’origine du vignoble corse est double. Tout d’abord, comme son cousin provençal, il remonte à la colonisation grecque. Mais surtout, il a été très marqué par l’influence italienne. L’île fut successivement placée sous l’influence des papes dès le IXe siècle, administrée par Pise à partir de 1077, pour finalement tomber sous la domination de Gênes de 1284 à 1768. Tout naturellement l’encépagement corse est aujourd’hui encore très comparable aux vignes italiennes.

Les 9 appellations Corses

Deux appellations Crus 

  • Ajaccio
  • Patrimonio

Les 5 appellations de type Villages

  • Corse Calvi,
  • Corse Sartène,
  • Corse Figari,
  • Corse Porto-Vecchio,
  • Corse Coteaux du Cap Corse

Une appellation pour les vins doux naturels

  • Muscat du Cap Corse

Une appellation régionale

  • Corse

Des rosés en grande majorité

La vigne en Corse couvre 5800 ha. Si les 9 appellations AOC/AOP représentent aujourd’hui 32,5 % de la production soit environ 15 millions de bouteilles (exportées à 30 %), le gros de la troupe vient des IGP (ces ex Vins de Pays de l’île de Beauté*) : 62 % de la production (près de 30 millions de bouteilles) exportées à hauteur de 70 %. Ce sont majoritairement des rosés (entre 55 et 60 % de la production). Les AOC sont rouges à 31 % et les blancs à 14 %.

*Vins de cépages et vins de Pays Primeur.

30 cépages autochtones dont 6 nobles

Le vignoble corse a la chance de posséder plus de trente cépages typiques. Parmi eux, six grands cépages nobles ont été réintroduits, essentiellement pour les AOC afin de développer cette typicité corse si recherchée.

  • le niellucciu (cépage rouge) base de la renommée des vins de Patrimonio. Il possède un « nez de fourrure de lièvre et de réglisse », et libère des arômes de petits fruits rouges, de violette, d’épices et d’abricot. Aujourd’hui, il couvre 35 % des surfaces (6000 ha).
  • le sciaccarellu, grand cépage noir des vignobles de la région d’Ajaccio, de la Corse granitique de l’Ouest. Il est présent sur 15 % des surfaces (600 ha).
  • le vermentinu, cépage blanc qu’on appelle aussi « malvoisie de Corse ». Il donne des vins aux arômes floraux forts. Il représente 17 % des surfaces (1150 ha) et est considéré comme un des meilleurs blanc de la Méditerranée. Il est également utilisé pour la réalisation de rosés à forte personnalité.
  • L’aleatico (cépage rouge). Sa zone de prédilection, c’est la côte orientale, la région de Porto-Vecchio et du Cap Corse. Il donne des vins très aromatiques à la couleur foncée.
  • Le bianco gentile (cépage blanc). Sans doute a-t-on affaire avec le le bianco gentile, pourtant si peu cultivé à ce que la Corse a de plus typique offrant des vins reconnaissable à leurs couleurs variant du vert au doré avec un nez dévoilant des notes de fruits exotiques et d’agrumes.
  • Le barbarossa (cépage blanc). On le rencontre dans les appellations Sartène, Porto-Vecchio, Figari, Ajaccio et sur la Côte Orientale donnant des vins cristallins.

.Autres cépages :

  • biancone,
  • brustianu,
  • carcajolo bianco,
  • carcajolo nero,
  • codivarta,
  • cualtacciu,
  • genovese,
  • minustellu,
  • montanaccia,
  • muscateddu,
  • murescola,
  • muresconu,
  • muriscu,
  • paga debiti,
  • prumeste,
  • riminese,
  • rossula bianca,
  • vintai…

Petite histoire des vins  corses

Si la tradition viticole corse remonte à la plus haute Antiquité, le véritable démarrage n’en fut donné qu’en 1572, année où un décret génois enjoignit à chaque famille de planter quatre ceps. Toutefois, son véritable développement date du rattachement de la Corse à la France, en 1768, et surtout de la période post-révolutionnaire. À tel point qu’en 1850, le vin procurait à la Corse les trois quarts de ses revenus.

Bien qu’étant une île, la Corse n’a pas échappé à l’épidémie de phylloxéra, à la fin du XIXe siècle. La longue période de déclin qui s’ensuivit ne cessa qu’en 1960, lors de l’arrivée des rapatriés d’Algérie. Ceux-ci plantèrent massivement, surtout dans les plaines orientales et plus de 17000 d’entre eux s’y installèrent. Malheureusement, l’époque était à privilégier la quantité et une production systématiquement orientée vers les vins de table et de coupage. La mévente croissante de ce type de vin conduisit à l’arrachage de plus de 60 % du vignoble.

Une production, trop faible pour la demande

La viticulture est la première activité agricole de l’île avec 5 600 ha de vignoble pour une production de 370 000 hl par an. 350 producteurs commercialisent des vins de Corse répartis entre 110 caves particulières et 4 structures coopératives. Une grande majorité du vignoble Corse est constituée de petits domaines de 1 à 2 ha. Mais sont apparues depuis quelques années d’immenses domaines notamment à Solenzara.