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Côtes-de-Bourg AOP (Bordeaux), sur les terres de l’estuaire

L’appellation Côtes-de-Bourg (connue aussi sous le nom de Bourg ou Bourgeais), au sud de Blaye est à 35 km au nord de Bordeaux sur la rive droite de la gironde et de la Dordogne. Les Côtes-de-Bourg couvrent aujourd’hui 3400 ha de vignes (dont 25 % en bio ou en conversion) et s’étendent sur une quinzaine de communes* dans cette région que l’on surnomme « la petite suisse girondine ». Les vignes sont en coteaux surplombant la Gironde (face à Margaux). La zone géographique se caractérise par une morphologie accidentée constituée de coteaux et de vallons culminant à 92 m. Drainés par plusieurs cours d’eau affluents de la Dordogne et de la Gironde, les vallons s’encaissent dans le plateau dont les 2 principaux sont Le Brouillon et Le Moron. Ils traversent la zone géographique au nord et au sud.

*Bayon-sur-Gironde, Bourg, Comps, Gauriac, Lansac, Mombrier, Prignac-et-Marcamps, Pugnac, Saint-Ciers-de-Canesse, Saint-Seurin-de-Bourg, Saint-Trojan, Samonac, Tauriac, Teuillac et Villeneuve.

L’AOC Côtes-de-Bourg est un vignoble essentiellement planté en rouge à 99 % (65 % merlot, 20 % cabernet sauvignon, 10 % malbec et 5 % cabernet franc). Ces 4 principaux cépages, dans le cahier des charges de l’appellation peuvent être soit assemblés soit utilisé seuls. A noter que même s’il est encore minoritaire, Il est indéniable que le terroir ici a une sensibilité particulière avec le malbec. Vue sur l’estuaire, de la gloriette du Domaine du Clos du Notaire. Photo © François Collombet

Des sols principalement argilo-calcaire

Il s’agit de terroirs principalement argilo-calcaires. Leurs compositions est si riche qu’on parle d’une véritable mosaïque de sols de grave et de sable notamment aux alentours de Pugnac. Ici, règne un climat idéal pour la vigne, particulièrement tempéré sous influences de l’océan Atlantique et de l’estuaire de la Gironde (pas de gel à craindre). Ainsi, par rapport à Bordeaux, l’appellation des Côtes de Bourg bénéficie-t-elle d’un rayonnement solaire supérieur de 10 %, de températures moins extrêmes de 1 à 2°C et d’une pluviosité nettement inférieure (entre -10 et 25 % selon les années).

Le village de Bourg vu de la Dordogne juste avant l’estuaire de la Gironde. Ce chef-lieu de l’appellation Côtes-de-Bourg est bâti sur un piton rocheux qui domine la rivière. Sa richesse historique et architecturale lui a valu le titre de « village ancien » ou de « petit Saint-Emilion ». La Citadelle de Bourg surplombe la Dordogne en amont de l’estuaire de la Gironde. De la chartreuse édifiée au XVIIIe siècle qui domine la cité, il ne reste aujourd’hui que l’élégante façade, la demeure ayant été incendiée pendant la Seconde Guerre Mondiale. Photo © François Collombet

Côtes-de-Bourg à 99 % rouge

La présence de la vigne est permanente depuis l’époque romaine (depuis le IIe siècle) en faisant sans doute des Côtes-de-Bourg, l’un des plus anciens vignobles du bordelais. Aujourd’hui, on recense 250 hommes et femmes qui travaillent l’appellation dont 170 vignerons indépendants (avec une superficie moyenne de 10 ha, majoritairement des structures familiales) et 80 coopérateurs. A noter les 4 caves coopératives : La Cave du Bourgeais à Gauriac / Alliance Bourg / Les Vignerons de Tutiac / Châteaux Solidaires.

Avec une vue imprenable surplombant le confluent de la Garonne et de la Dordogne, les vignes du Clos du Notaire en appellation Côte-de-Bourg bénéficient d’un microclimat dû à la proximité de l’estuaire et à l’exposition en pente sud de ses coteaux. Photo © François Collombet

Le renouveau du malbec

C’est un vignoble essentiellement planté en rouge à 99 % (65 % merlot, 20 % cabernet sauvignon, 10 % malbec et 5 % cabernet franc). Il est indéniable que les Côtes-de-Bourg ont une sensibilité particulière avec les malbecs. Actuellement 300 ha de malbec sont plantés sur l’appellation, soit moins de 10 % des surfaces. La part du malbec, ou cot ou auxerrois, a tendance à croître, étant portée par le politique de restructuration du vignoble girondin (qui cherche à se défaire du merlot). Nous avons voulu retrouver les malbecs de nos vielles vignes. Des variétés à plus petites baies et moins de grappes. Pour ne plus passer dans les vignes faire tomber les deux tiers des grappes pendant vingt-cinq ans ! » disait Jean-Samuel Eynard, l’ancien président du Syndicat Viticole des Cotes-de-Bourg.

Dans les Côtes-de-Bourg, les blanc se limitent à 29 ha. Y domine le sauvignon blanc (41 %). Il est complété par le colombard (23 %), le sémillon (23 %), la muscadelle (8 %) et le sauvignon gris (5 %) pour une production annuelle de 200 000 bouteilles.

Amélie Osmond (et Victor Mischler, les propriétaires) devant le Clos du Notaire, 21 ha, l’un des domaines les plus emblématiques de l’appellation Côtes-de-Bourg. Les sols sont principalement composés de calcaire (le domaine est implanté sur d’anciennes carrières calcaires) mais aussi d’argile, d’argiles ferrugineuses, et de graves rouges en surface. Ce sous-sol fait la particularité et l’identité du Clos du Notaire. Ici, la conduite du vignoble se fait en Agriculture Biologique (certification vendanges 2021). Au Clos du Notaire, la vigne est présente depuis l’époque romaine. Ce vignoble, qui se situe sur le site d’une ancienne abbaye du XIVe siècle, était déjà mentionné dans les Editions Féret de 1874 comme deuxième cru bourgeois et premier cru artisan. Photo © François Collombet
En Côtes-de-Bourg, la gloriette du Clos du Notaire. Cette position privilégiée confère une douceur constante, et protège la culture du gel principalement. De plus, une brise engendrée par les marées changeantes permet une aération et un séchage continuels du feuillage, favorisant ainsi un très bon état sanitaire des vignes en période végétative. Photo © François Collombet

François

  • 1990 – Les grands vins du monde, préfacé par Gérard Depardieu. 
  • 1992 – Grands et petits vins de France, préfacé par Jean Carmet.
  • 1996 – Le guide des grands et petits vins de France, préfacé par Alain Favereau.
  • 2000 – The Flammarion Guide to World Wines
  • 2013 – Les vignobles mythiques, aux éditions Belin préfacé par Pierre Lurton (Cheval Blanc et Yquem).
  • 2014 – Prix Amunategui-Curnonsky décerné par l’APCIG (association professionnelle des chroniqueurs de la gastronomie et du vin).
  • 2016 – Cépages & Vins aux éditions Dunod.
  • 2020 – Cépages & Vins, nouvelle édition, éditions Dunod.

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