Coteaux du Tricastin, AOC (appellation de la vallée du Rhône), vins rouges, rosés, blancs : gênés par la notoriété de la centrale nucléaire du même nom mais aussi par la petite taille de leur vignoble, ont obtenu à partir de la récolte 2010 par décision exceptionnelle de l’INAO, de rebaptiser leur appellation Grignan-Les Adhémar. A l’appui, un nouveau cahier des charges avec un rendement limité à 45hl/ha, des encépagements de syrah et de viognier accrus (30% minimum par exploitation), une interdiction du désherbage total ce qui entraine un meilleur travail du sol et enfin,  une incitation au développement de la culture bio.

Entre Dauphiné et Provence

Cette terre de transition entre Dauphiné et Provence, entre Nord et Midi, sert de limite à la culture du grenache et de l’olivier. Mme de Sévigné, célèbre épistolière du XVIIe siècle,  séjournant au château de Grignan, chez sa fille, décrivait ces ceps produisant des vins exquis. Elle parlait alors des vins de Donzère sur le rocher duquel les Romains avaient édifié un temple dédié à Bacchus (dieu du vin). Ce sont les Coteaux du Tricastin (appelés aujourd’hui Grignan-Les Adhémar). Situé entre Montélimar et Saint-Paul-Trois-Châteaux, le vignoble est constitué d’une zone de plaine et d’une chaîne de collines culminant à 400 m d’altitude. Région superbe ! Elle offre des lumières, des odeurs, des couleurs à l’infini, où la vigne se mêle à la lavande, aux garrigues, aux oliviers et aux chênes truffiers.

L’appellation à 50 km au sud de Valence, dans le département de la Drôme occupe 2 800 ha sur un sous-sol  principalement argilo-calcaire ou sablonneux. Mais la surface diffère selon les zones. Ainsi il est possible de distinguer  4 grands terroirs :

  • le centre formé d’une chaîne de collines aux sols de terres de grès ;
  • le sud-est constitué d’une plaine à forte pente avec des terrains très caillouteux ou graves ;
  • l’ouest est un ensemble de terrasses formées de cailloutis calcaires et d’alluvions, anciennes en bordure de la plaine du Rhône ;
  • le nord offre un sol de gros galets ronds roulés par le Rhône.

Une grande majorité de vins rouges

Les vins rouges qui représentent plus de 70 % de la production expriment leur propre personnalité au sein de la vallée du Rhône par un mariage réussi de 6 cépages rouges : la syrah et le grenache secondés par le carignan, le mourvèdre, le cinsault et le marselan (nouvellement introduit). Ils offrent des vins vifs et  sèveux avec un nez qui exhale épices (cannelle, poivre, vanille), fruits rouges et noirs ainsi que des notes de réglisse et de garrigue. Il leur faut quelques années (jusqu’à 3 ans) pour dévoiler des parfums de truffe explicables sans doute par la plantation des vignes sur d’anciennes cultures de chênes truffiers.

Pour les Blancs, la palette des cépages est encore plus large avec la marsanne, la roussanne, le bourboulenc, la clairette, le grenache blanc et le viognier. Ils offrent des vins de belle teinte, souples et vifs à la fois, riches en bouquet (agrumes, aubépine, amande…), à consommer dans les 3 ans.

Voir aussi : Grignan-Les Adhénar.