Les Côtes de Provence qui se déclinent en vins rouges, rosés et blancs couvrent 20 000 ha. Elles représentent et de loin la plus vaste appellation de la région produisant à elle seule les trois quarts des vins de Provence. Le vignoble se situe, pour sa plus grande partie, entre Toulon, Draguignan et Fréjus aux régions très différentes. L’appellation englobe 3 départements regroupant 84 communes : le Var, les Bouches-du-Rhône et une enclave dans les Alpes-Maritimes. La production globale est de 130 millions de bouteilles dont 89 % de rosé, 8 % de rouge, 3 % de blanc. La filière viticole recense 380 caves particulières et 38 caves coopératives.

Pierrefeu dernier terroir reconnu de l’appellation

Après Sainte-Victoire et Fréjus en 2005, La Londe en 2008, Pierrefeu en 2012 (premier millésime 2013) est la quatrième appellation de terroir de l’AOC Côtes de Provence. Cette distinction s’est faite en fonction de la diversité des sols, du relief et du climat, avec pour chacune d’elle, une personnalité propre.

Deux ensembles géologiques distincts

Il faut comprendre que les différents terroirs de cette immense appellation sont d’une géologie complexe. De surcroît, il est utile de distinguer deux grands ensembles géologiques, l’un cristallin et l’autre calcaire. Ainsi, toute la zone ouest et nord du vignoble provençal est constituée d’une alternance de collines et de barres calcaires où se trouvent la Montagne Sainte-Victoire, le Massif de la Sainte-Baume avec les Gorges du Verdon qui marquent la frontière nord de la Provence viticole. A l’est, face à la mer, le massif cristallin des Maures abrite d’autres vignobles dans un paysage de collines et de petites montagnes. Plus à l’est enfin, entre Saint-Tropez et Cannes, la vigne occupe un ensemble de traînées éruptives avec des roches souvent étonnantes comme les porphyres du massif volcanique de l’Estérel.

Une très large palette de cépages

A la variété du relief et du climat correspond une large palette de cépages. Plus d’une douzaine entrent régulièrement dans l’élaboration des vins de l’appellation. Si les rosés représentent encore une très large portion de la production, les rouges gagnent leurs lettres de noblesse avec une belle homogénéité de cépages tel le grenache, le cinsault, le tibouren, le mourvèdre, la syrah et le cabernet sauvignon. Dans la confection des blancs très minoritaires, le rolle, cépage provençal par excellence, et le sémillon commencent à remplacer l’ugni blanc et la clairette.

  • Les rosés, qui ont fait la réputation de cette appellation, ont cette robe qui varie selon la durée du contact entre le jus de raisin incolore et la peau où se concentrent les pigments naturels. Plus la cuvaison est longue, plus la colorisation est intense. Ici, les rosés sont plutôt clairs, rose pastel avec un nez qui développe des notes de fruits à chair jaune et blanche. A ceci viennent s’ajouter des fragrances de vanille, de brioche ou de noisette lorsque les vins sont élevés sur lies ou passés au bois.
  • Les rouges sont caractérisés par leur fruité, leur richesse alcoolique modérée et la souplesse de leurs tannins. En cuvaison courte, ils expriment une gamme aromatique de fruits rouges, violette, poivre et une bouche souple, finement acidulée, donnant des vins friands et  gouleyants. En cuvaison plus longue, ils ont une robe plus dense, un nez complexe de fruits noirs, d’épices, avec des notes balsamiques et une bouche ample et ronde. Ils peuvent se gardent jusqu’à dix ans.
  • Les blancs très minoritaires établissent un équilibre délicat entre fraîcheur et gras avec un nez de notes florales, d’agrumes et de fruits exotiques.

Les quatre dénominations de terroir

1-Les Côtes de Provence Sainte-Victoire

Le vignoble des Côtes de Provence Sainte-Victoire reconnu en 2005, se situe à l’est de la ville d’Aix-en-Provence, au pied de la Montagne Sainte-Victoire. La superficie couvre 203 ha pour une production d’1 million de bouteilles dont 89 % de rosé et 11 % de rouge. On recense 32 caves particulières et coopératives. Neuf communes sont comprises dans l’aire délimitée du terroir Sainte-Victoire.

dans les  Bouches-du-Rhône :

  • Châteauneuf-le-Rouge,
  • Le Tholonet,
  • Meyreuil,
  • Peynier,
  • Puyloubier,
  • Rousset,
  • Trets.

dans le Var :

  • Pourcieux,
  • Pourrières.

2-Les Côtes de Provence-Fréjus

Situé à l’extrémité est de l’appellation Côtes de Provence, le secteur de Fréjus (reconnu en 2005) est constitué d’ouest en est par les collines bordant le fleuve côtier l’Argens et bénéficie d’une ouverture directe sur la mer Méditerranée. La superficie couvre 17 ha pour une  production  de 84 000 bouteilles dont 76 % de rosé et 24 % de rouge. On y compte 8 caves particulières et coopératives. Huit communes du département du Var (ou en partie) sont comprises dans l’aire délimitée du terroir de Fréjus :

  • Callas,
  • Fréjus,
  • La Motte,
  • Le Muy,
  • Puget-sur-Argens,
  • Roquebrune-sur-Argens,
  • Saint-Raphaël,
  • Trans-en-Provence.

3-Les Côtes de Provence-La Londe

Le vignoble de cette dénomination de terroir reconnue en 2008 est localisé en terminaison côtière, au sud-ouest du massif des Maures, où affleurent des phyllades très altérées (roches méthamorphiques proche de l’ardoise). Le vignoble couvre 54 ha. La production à 90 % de rosé et 10 % de rouge est de 267 000 bouteilles. On recense 25 caves particulières et coopératives. Quatre communes du Var (ou en partie) sont comprises dans l’aire délimitée Côtes de Provence La Londe :

  • Bormes-les-Mimosas,
  • La Crau,
  • Hyères,
  • La Londe-les-Maures.

4-Les Côtes de Provence-Pierrefeu

Pierrefeu est la quatrième appellation de terroir reconnue en 2012 de l’AOC Côtes de Provence (premier millésime 2013). Elle est accordée pour les vins rouges ou les rosés et couvre 12 communes dont le coeur  est constitué par Cuers, Pierrefeu et Puget-Ville. L’appellation Côtes de Provence Pierrefeu regroupe 26 caves particulières et 4 caves coopératives.