Gigondas, AOC Côtes du Rhône, appellation des Côtes du Rhône méridionales, vins rouges, rosés : au nord de Châteauneuf-du-Pape, Gigondas est l’autre grande appellation de la rive gauche. Elle étend son vignoble entièrement sur la commune de Gigondas, au pied des impressionnantes Dentelles de Montmirail, barre de calcaire jurassique que l’on aperçoit de fort loin. Pline l’Ancien signalait déjà l’existence du vignoble dans son Histoire naturelle et, tout porte à croire que les collines vauclusiennes étaient à cette époque couvertes de vignes. Aujourd’hui, ce gros village de 700 âmes dont 200 vignerons cultive une terre d’argile rouge, caillouteuse et souvent pentue. Il n’est pas rare d’y rencontrer quelques chef-d’œuvres romans comme cette chapelle Saint-Cosme pour rappeler que les Romains baptisèrent l’endroit Jocunditas, le village de l’allégresse. Les  1 200 ha du vignoble, gagnés sur d’anciennes oliveraies, furent d’abord classés Côtes du Rhône, puis en 1966 Côtes du Rhône-Villages et, enfin, obtinrent en 1971 leur propre appellation. L’encépagement, très proche de celui de Châteauneuf-du-Pape, est dominé par le grenache noir (80 % maximum), la syrah, le mourvèdre et le cinsault. La production de 40 000 hl (rendement de base : 35 hl/ha) est à majorité composée de vins rouges puissants, tanniques,  charpentés et d’une grande finesse aromatique. D’une couleur brique sombre, ils possèdent un nez bouqueté d’épices, d’olive noires avec des notes de maquis, de buis, de menthe puis de griotte. Sans doute évoquent-ils les vins de leur important voisin, Châteauneuf-du-Pape, avec toutefois moins de richesse et de complexité. A maturation lente, ils nécessitent un lent vieillissement pour s’épanouir (de 8 à 10 ans). Les rosés sont marqués par des arômes de fruits cuits et d’amandes grillées. Ils sont à boire rapidement.