Matras (château)Saint-Emilion (Bordeaux) Grand Cru classé (2006), vin rouge : Le domaine dominant la vallée de la Dordogne, est magnifiquement exposé. Il se situe sur le versant des coteaux sud du plateau de Saint Emilion, occupant là une sorte de conche à mi-côte, à 800 mètres du village. Il a pour voisins immédiats château l’Angélus, château Tertre-Daugay et château Canon.

Le vignoble de 12,5 hectares est composé de Merlot à 60% et de Cabernet Franc à 40%. Les sols sont silico-calcaire mélangé de crasse de fer, et argilo-calcaire. Fait unique dans l’histoire des vins du bordelais, les chais du Château Matras sont installés dans une chapelle, la chapelle de Mazerat datant du XVIIe siècle.

Les vins sont vinifiés en cuves inox thermo-régulées de faible volume permettant des vinifications parcellaires. L’élevage se déroule ensuite pendant une année en barrique de chêne français. 40% sont renouvelées tous les ans.
La production annuelle est d’environ 40 000 bouteilles. Les vins sont commercialisés par le négoce bordelais et à la clientèle particulière.

Le second vin, L’Hermitage de Matras, est commercialisé directement par le château à la clientèle particulière.

Le nom du domaine aurait pour origine un carreau d’arbalète utilisé pour briser les membres sous les armures ou pour la chasse. Sa création date du XIXe siècle. En 1976, Véronique Gaboriaud-Bernard prend la direction du domaine (Château Matras et Château Bourseau  Lalande de Pomerol sont des propriétés appartenant à sa famille depuis 1962).

En juin 2011, la propriété est rachetée par le château Canon, appartenant aux Wertheimer (Chanel), également propriétaire de château Rauzan Ségla (Margaux). Le château n’avait pourtant pas de difficultés particulières mais des divergences familiales. Après avoir exploité le château Matras pendant plus de trente ans, Véronique Gaboriaud-Bernard s’est vue contrainte à le vendre à son plus proche voisin, château Canon. La vente s’est montée à  8 millions d’euros dont les 12 hectares de vignes qui furent estimés (chacun) à 600 000 euros. Voici sans doute l’une des plus importantes transactions viticoles de 2011 à Saint-Émilion.