Monbazillac, cette appellation du Bergeracois offre l’un de ses meilleurs vin liquoreux de France. Le Monbazillac est le vin de Bergerac par excellence. A propos, on rapporte qu’au Moyen Âge, devant une délégation de pèlerins de Bergerac venant lui rendre visite, le pape aurait demandé : « Mais, où est Bergerac ? » « Près de Monbazillac », lui aurait alors murmuré son camérier.

Le grand frère du Sauternes

Elaboré selon les mêmes méthodes (récolte tardive, grain à grain, des raisins en surmaturation et bonifié par la pourriture noble) et à partir des mêmes 3 principaux cépages (sémillon 25 %, sauvignon 35 %, muscadelle 17 % avec en plus ici, le chenin 13 %, l’ondenc 6,5 % et l’ugni blanc 3,75 %) que le Sauternes, le Monbazillac atteint, les bonnes années, à la plénitude de son « jeune concurrent » bordelais . « Jeune », car si le procédé de vinification du Monbazillac remonte à la Renaissance, son application aux Sauternes ne date que des vendanges de 1774.

Après quelques années difficiles, le Monbazillac a retrouvé toute sa splendeur, grâce à l’action décisive de la coopérative locale, installée dans le magnifique château de Monbazillac du XVIe siècle. Mais cette renaissance s’est faite grâce également à des viticulteurs passionnés. Ils se sont fait les chantres d’une taille mieux maîtrisée, d’une récolte manuelle par tries successives de raisins botrytisés, de rendements plus faibles favorisant une plus grande concentration (rendement 2010 de 27 hl/ha). Les vins finis doivent présenter une teneur en sucres résiduels minimale de 45 g/l et un titre alcoométrique volumique acquis minimum de 12,5%. Enfin, ces vins doivent subir un élevage jusqu’au 30 septembre de l’année qui suit celle de la récolte.

Les 5 communes du Monbazillac

Contrairement à la règle, les vignobles s’étendent sur les coteaux pentus de la rive sud de la Dordogne, donc face au nord. Grâce à cette exposition, la fraîcheur des matinées d’automne favorisent les brumes et aident au développement de la pourriture noble. Le décret d’obtention définit 5 communes au sud du vignoble de Bergerac ayant droit à l’appellation Monbazillac sur 2600 ha de sol argilo-calcaire dont 2000 en production :

  • Monbazillac
  • Colombier
  • Rouffignac de Sigoulès
  • Pomport
  • Saint Laurent des vignes.

On distingue trois secteurs principaux:

  • Le secteur de la terrasse ancienne qui s’étend en pied de coteau depuis Colombier jusqu’à Pomport.
  • Le secteur de la côte nord qui culmine au moulin de Malfourat et domine la ville de Bergerac.
  • Le secteur du plateau qui descend en pente sud vers la vallée de la Gardonnette.

Seules des parcelles situées sur les 5 communes peuvent produire du Monbazillac. Néanmoins, des producteurs situés sur d’autres communes peuvent en élaborer s’ils possèdent des parcelles sur cette zone. Ainsi, on compte plus de 160 producteurs qui obtiennent l’appellation pour leurs vins. Attention ! Ce chiffre est variable, un producteur peut décider de faire ou non du Monbazillac avec les vins issus de ses parcelles. Son choix peut se porter aussi sur du Bergerac Blanc Sec ou du Côte de Bergerac Moelleux.

Un vin franc, fin, moelleux, nerveux !

Puissants (jusqu’à 18°!) mais doux, sensuel et sans excès de sucre, ces vins ont une magnifique aptitude à mûrir en bouteille. La robe est paille clair, un nez qui s’ouvre sur des zestes d’agrumes, l’orange et le citron puis vient la noisette et la fleur d’acacia. C’est un vin franc, fin, moelleux, nerveux, avec une finale fraîche et tendue sur la cire d’abeilles. S’il est conseillé de les boire à partir de trois ans, ils ne s’épanouissent pleinement qu’au bout de dix ans. On dénombre pour l’appellation 166 domaines (128 vinificateurs, 123 caves particulières, 4 caves coopératives, 1 négociant). 30 % environ des producteurs portent leur récolte à l’une des 4 caves coopératives. La production en 2015 est estimée à 55 000 hl (7,3 millions de bouteilles).