Montpellier (capitale du Languedoc Roussillon) : l’agglomération compte plus de 300 000 habitants (huitième ville de France). Elle est située à 12 km de la mer Méditerranée et possède son propre vignoble (les Grés de Montpellier, voir plus bas). Montpellier est surtout la capitale de la première région vitivinicole du monde avec près de 33 % de la production française sur une superficie d’environ 300 000 ha soit 15,7 millions d’hl de vin par an.

Deuxième ensemble de recherche agronomique mondial

L’agglomération de Montpellier concentre plus de la moitié de la recherche vitivinicole mondiale et accueille un pôle de recherche vigne et vin unique en Europe (250 chercheurs et ingénieurs en œnologie, viticulture et socio-économie du vin). On y recense pas moins de neuf unités mixtes de recherche (UMR) dont la célèbre Unité mixte de recherches Sciences pour l’œnologie (SPO), l’un des grands pôles internationaux de recherche pour cette filière.

Autre secteur, L’Institut des hautes études de la vigne et du vin (IHEV) présente un dispositif de formation, de recherche et de transfert, de réputation mondiale. Il forme 250 étudiants par an, professionnels et futurs cadres de la viticulture, de l’œnologie, de l’environnement, de la qualité, et de la gestion des marchés vitivinicoles.

Le Campus Supagro-Inra, Montpellier organise d’ailleurs tous les ans, la journée scientifique de la vigne et du vin, proposant de faire découvrir les avancées récentes et les applications potentielles des recherches en viticulture et en œnologie.

Un conservatoire de 3000 cépages de vigne unique au monde

La collection du Domaine de Vassal détenue au centre INRA de Montpellier est la plus importante au monde pour Vitis vinifera L. qui est l’espèce européenne de vigne cultivée. Le domaine héberge sur 27 ha environ 2300 des 5 à 7 000 cépages recensés dans le monde. Ces cépages proviennent d’une quarantaine de pays, de tous les continents, soit la quasi-totalité des régions viticoles mondiales. Environ 600 cépages originaires de France sont conservés dans la collection, parmi lesquels seulement 220 sont officiellement autorisés à la culture et une quarantaine sont réellement utilisés.

Une histoire marquée par l’innovation scientifique

Montpellier jouit d’une image viticole très ancienne, les professeurs de son université, en particulier de son école de médecine, qui avaient un vignoble à proximité de la ville, ont contribué au progrès viticole. Arnaud de Villeneuve (XIIIe siècle) et plus tard Edouard Adams ont créé et amélioré l’alambic.
Montpellier, siège de l’administration du Languedoc, met en place en 1729 l’une des premières réglementations de la mise en marché des vins et eaux de vie et crée un service du contrôle de la qualité ayant des pouvoirs répressifs. C’est aussi, à Montpellier qu’un étudiant en médecine, Jean-Antoine Chaptal, invente un procédé permettant d’ajouter du sucre au moût pour augmenter le degré d’alcool (procédé connu sous le nom de chaptalisation). Et c’est encore près de Montpellier que fut créée la bouteille dite aujourd’hui bordelaise.

Lorsque, au XIX siècle, le phylloxéra* envahit le vignoble français, la recherche agronomique montpelliéraine découvre les moyens de lutte contre cet insecte. Ici furent testés les porte-greffes qui permirent de reconstruire le vignoble français. C’est donc à Montpellier qu’a été gérée la première catastrophe écologique mondiale qui a anéanti la quasi-totalité du vignoble européen», confirme Etienne Landais, directeur de l’Agro M.

*En 1860, le phylloxéra, qui détruit les vignes en piquant les racines, est identifié par Planchon, professeur à l’École de Pharmacie de Montpellier. Contre cet insecte microscopique apparu dans la région en 1864, la solution fut de greffer des plants français sur des plants américains plus résistants.

Sud de France, la marque ombrelle

Les efforts spectaculaires entamés depuis plus de vingt ans par Montpellier dans la restructuration du vignoble ont porté leurs fruits : ses vins répartis entre AOC Coteaux du Languedoc, Vins de Pays d’Oc et Vins de Pays de l’Hérault sont présentés sous la marque ombrelle Sud de France, soutenue par la Région Languedoc-Roussillon.

Création de l’AOC Languedoc-Grès de Montpellier

Les grés de Montpellier sont apparus en 2003 (décret applicable à la récolte 2002). Cette appellation AOC Languedoc-Grès de Montpellier regroupe les vignobles de l’agglomération montpelliéraine et de ses alentours soit 12 000 ha en production dont 1 000 classés en AOC Languedoc – Grés de Montpellier.

Un vignoble aux portes de Montpellier

Son territoire s’étend de la moyenne vallée de l’Hérault au Vidourle, sa limite sud étant le littoral méditerranéen et sa limite nord, le pic Saint-Loup. La dénomination Grés de Montpellier doit son nom au terme occitan grés qui signifie terroir caillouteux et à la ville de Montpellier qui en est le centre. C’est une zone abritée des influences du nord par la Montagne Noire et par les Cévennes. Il est, avec la Clape, un des vignobles des AOC du Languedoc les plus marqués par la Méditerranée. Ce sont des vignobles de bord de mer (on voit la mer de tous les vignobles). Le terroir, réparti sur 46 communes, tire sa cohérence de son influence marine. Il correspond à l’entité paysagère viticole de coteau, d’altitude modérée (100 à 200 m), auxquels se superposent parfois des galets ces fameux grés en occitan, d’où le nom donné au terroir.

L’encépagement

Les cépages principaux sont le grenache, le mourvèdre et la syrah. L’ensemble des cépages principaux doit représenter au moins 70 % de la surface revendiquée dont le grenache. L’assemblage d’au moins deux cépages principaux est obligatoire avec un cépage complémentaire, le carignan.

Les 46 communes de l’appellation

  • Assas,
  • Aumelas,
  • Beaulieu,
  • Boisseron,
  • Campagne,
  • Castelnau-le-Lez,
  • Castries,
  • Combaillaux,
  • Cournonsec,
  • Cournonterral,
  • Garrigues,
  • Gignac (pour
  • partie),
  • Guzargues,
  • Juvignac,
  • Lavèrune,
  • Lunel,
  • Lunel-Viel,
  • Mauguio,
  • Montagnac,
  • Montbazin,
  • Montpellier,
  • Murviel-lès-Montpellier,
  • Pignan,
  • Plaissan,
  • Poussan,
  • Prades-le-Lez,
  • Restinclières,
  • Saturargues,
  • Saint-Aunès,
  • Saint-Bauzille-de-la-Sylve,
  • Saint-Bauzille-de-Montmel,
  • Saint-Christol,
  • Saint-Clément,
  • Saint-Drézéry,
  • Saint-Genies-des-Mourgues,
  • Saint-Georges-d’Orques,
  • Saint- Pargoire,
  • Saint-Pons-de-Mauchiens,
  • Saint-Séries,
  • Saint-Vincent-de-Barbeyrargues,
  • Sussargues,
  • Vailhauques,
  • Vendémian,
  • Vérargues,
  • Villeneuve-lès-Maguelone,
  • Villeveyrac.

La production

Pour ce qui est des vins eux même, l’appellation Grès de Montpellier, limitée aux vins rouges aujourd’hui, offre des vins couleur rubis profond due aux cépages traditionnels de grenache noir, syrah, mourvèdre ; des arômes de fruits rouges qui évoluent avec le temps vers la griotte, le fruit confit, les épices et un goût puissant et fin à la fois, qui persiste bien en bouche.

Le nombre de producteurs sur la zone Grés de Montpellier se monte à 48 caves particulières et 5 caves coopératives.

La production annuelle s’élève à 80 726 hectolitres, dont 5 000 hectolitres en AOC Languedoc-Grés de Montpellier.