Le château Montrose en appellation Saint-Estèphe est un Second Cru classé (classement de 1855). Château Montrose est situé en plein cœur de Saint-Estèphe, perché sur une hauteur et jouissant d’une magnifique vue sur la Gironde. Montrose de la couleur des bruyères qui recouvraient autrefois la lande est un jeune vignoble (fin du XVIIIe) de 95 ha* d’un seul tenant, fait quasi unique dans le Médoc. Il a été implanté sur une croupe graveleuse très bien exposée, proche de château Latour (Pauillac), sur les bords de la Gironde. Les vignes sont plantées au bord même de l’estuaire. Elles surplombent l’énorme étendue d’eau qu’ on surnomme ici rivière. Cette proximité a un effet climatique très apaisant sur le vignoble. Elle atténue et tempère les rigueurs du climat en hiver et adoucit les étés par trop caniculaires.

*Depuis le rachat des 22 hectares du château Phélan Ségur.

L’effet cailloux

C’est un terroir unique par sa structure et sa composition. Il est entièrement formé de graves profondes qui côtoient des sables très légèrement argileux. Cette structure est également rare dans le Médoc. Les grosses graves que l’on rencontre sur toute la surface du vignoble ont été roulées depuis les zones montagneuses du Massif Central et des Pyrénées et se retrouvent sur tout le terroir de Montrose. Dans la journée, les cailloux chauffés par les rayons du soleil diffusent aussitôt une importante chaleur qui favorise la maturation du raisin. L’encépagement est dominé par le cabernet sauvignon (65 %) avec, 25 % de merlot et 10 % de cabernet franc. Chose étonnante à Montrose, les chais et le cuvier en chêne d’origine, admirablement conservés, de conception très moderne lors de leur installation sont toujours employés aujourd’hui (avec l’appoint de techniques modernes dont le contrôle de températures pour réguler la vinification notamment).

  • La production moyenne est de 230 000 bouteilles.
  • Second vin : Dame de Montrose.

Une lande oubliée couverte de bruyères roses

Tout commence lorsqu’on découvre sous le règne de Louis XVI lors d’un héritage, dans un fief, un coin oublié, la Lande d’Escargeon, couverte de bruyères à floraison rose. Persuadé que cette lande est pleine de promesses, Théodore Dumoulin, propriétaire du château de Calon va alors la défricher et la planter en vignes. Par la même occasion, il se construit un château qu’il appellera Montrose. Théodore Dumoulin vend Calon à M. Lestapis en 1824, mais il garde Montrose. Trente et un ans plus tard, en 1855, les vins du château sont classés Deuxièmes Crus. Un beau succès pour ce jeune domaine !

Rien n’est trop beau pour Montrose

Mais cinq ans après la mort du fondateur, château Montrose est mis en vente.Le nouvel acquéreur Mathieu Dollfus va considérablement augmenter le potentiel technique du château. Rien n’est trop beau pour Montrose : il modifie le château, construit des maisons pour les vignerons et de nouveaux bâtiments d’exploitation; il aménage d’immenses parcs à bœufs, des écuries, des logements pour les cochers, et les chevaux sont nourris par un distributeur automatique d’avoine. A l’avant-garde de ce qui se faisait à l’époque, il va jusqu’à prendre en charge la sécurité sociale de ses ouvriers, et partage avec eux les bénéfices ! Cette exploitation modèle ressemble à un village avec des ruelles, des petites places, des maisons et ateliers. En 1896, Château Montrose entre dans la famille Charmolüe. Le nouveau propriétaire, Louis Victor, est né au Château Figeac à Saint-Emilion. En trois générations cette famille a eu le mérite d’avoir entièrement restauré un vignoble que la seconde guerre mondiale avait ravagé. Quand Jean-Louis Charmolüe quitte sa propriété en 2006, il laisse un monument, son vin.

La révolution environnementale des Bouygues

Depuis le rachat de Montrose en 2006, Martin et Olivier Bouygues ont lancé un vaste programme de rénovation du site avec des objectifs environnementaux. Les deux frères ont pour volonté de faire de Montrose un modèle et une vitrine des nouvelles technologies en matière de développement durable. C’est une dimension environnementale unique dans le Bordelais, avec l’utilisation de la géothermie, de 3.000m² de panneaux photovoltaïques permettant une autonomie en termes de d’énergie. Ils ont recruté trois hommes clés : Jean-Bernard Delmas, le nouveau gérant, ex-directeur technique de Château Haut Brion ; Nicolas Glumineau, directeur, et Michel Rolland en tant que consultant. Martin Bouygues et sa femme auraient découvert les vins de Montrose au cours d’un dîner, il y a une vingtaine d’années. Ils furent conquis au point d’acheter toutes les bouteilles de 1989 qu’il fût possible de trouver ! D’une bouteille à un château il n’y a qu’un pas, mais un pas de géant. Château Montrose est présidé par Iris Bouygues.

Autre propriété de Martin et Olivier Bouygues : Château Tronquoy Lalande à Saint-Estèphe