Pavie (château Pavie) : Saint-Emilion Premier Grand Cru classé A (2012) Bordeaux, vin rouge : Pavie (ainsi qu’Angélus), promu au rang  de Premier Grand Cru classé A, a rejoint  Cheval Blanc et Ausone sur la plus haute marche du nouveau classement de Saint-Emilion rendu public en septembre 2012.  Il faut dire que Gérard Perse, l’heureux propriétaire de Pavie avait loupé d’un cheveu, cette suprême récompense en 2006.

Une simple route entre Ausone et Pavie

Sur la côte sud de Saint-Emilion (la fameuse côte de Pavie), une simple route départementale (122) le sépare d’Ausone. Château Pavie est sans doute l’un des plus beaux terroirs de Saint-Emilion. Il englobe aujourd’hui près de 37 ha ce qui en fait le plus vaste domaine de l’appellation. Cette expansion se bâtit par acquisitions des vignobles avoisinants. Ainsi, en 2002, le vignoble du Château La Clusière (ex Grand Cru classé) acheté par Gérard Perse en 1998,  ainsi que 9 ha du vignoble du château Pavie-Decesse fusionnaient avec le vignoble du château Pavie. Il faut dire que c’était tentant quant on sait que  La Clusière, petit domaine de 3,5 ha dans la combe de Pavie était entouré au nord par  le château Pavie Decesse et à l’ouest, par le château Pavie lui-même.

Trois terroirs et autant de microclimats

  • Un terroir qui correspondant au plateau calcaire de Saint Emilion. Il est situé à environ 85 m du niveau de la Dordogne. Il est composé d’un sol argilo-calcaire et au dessus, du calcaire à astéries ;
  • La côte, avec ses argiles denses et profondes ;
  • Le pied de côte plutôt sablo-argileux et légèrement graveleux.

Des vignes peu précoces

Tout ici semble favorable à la vigne (43 ans en moyenne) : pauvreté du sol, excellente exposition au sud, bon drainage naturel (par la pente) et caractère très peu gélif du vignoble soustrait au vent du nord. En contre partie, cette situation sur le coteau, donne des vignes peu précoces. Ce caractère relativement tardif peut générer des risques climatiques d’où une recherche de rendement particulièrement bas. En dix ans, de nombreuses parcelles ont fait l’objet d’un plan de replantation et le palissage a été rehaussé pour augmenter la surface foliaire. Gérard Perse a repris ici, les règles qu’il appliqua à Monbousquet (Saint-Emilion Grand Cru) : limitation de la charge de raisin à 6 grappes par pied (soit 30 hl/ha), arrachage des parcelles en mauvais état, nouveau cuvier et nouveau chai de vieillissement. L’encépagement est sans surprise : 60% merlot, 30% cabernet franc et 10% cabernet sauvignon.

  • La production se monte en moyenne annuelle à 96 000 bouteilles.
  • Second vin : Arômes de Pavie issu des plus jeunes vignes du domaine (10 ans en moyenne). Ce second vin est presque confidentiel.

Une fortune dans la grande distribution et un empire à Saint-Emilion

C’est dit-on sur les coteaux de Pavie et d’Ausone que la vigne fut implantée pour la première fois à Saint-Emilion au IVe siècle. En 1885, un négociant bordelais Ferdinand Bouffard reconstitue un vignoble homogène de 50 ha lui donnant le nom de Pavie. Il inclut un vignoble géré de façon autonome baptisé Pavie-Decesse. En 1943, la famille Valette (Troplong-Mondot) se porte acquéreur de Château Pavie et Jean-Paul Valette sera celui qui aura l’honneur d’élever Pavie au rang de Premier Grand Cru classé B en 1954. En 1998, Gérard Perse qui fit fortune dans la grande distribution (sous l’enseigne Champion, et Continent) en devient à son tour propriétaire. Il rénove entièrement les installations techniques, construisant un nouveau chai et un cuvier moderne. Avec l’aide de Michel Rolland, il révolutionne les techniques viticoles (vendange et effeuillage en vert). Le vignoble est progressivement repensé et replanté avec un encépagement optimal au début des années 2000. 58 ans plus tard, Gérard Perse est celui  qui fait accéder Pavie au rang suprême de Premier Grand Cru classé A. Aujourd’hui, Gérard Perse possède à Saint-Emilion en plus de Pavie et Pavie-Decesse, les châteaux Monbousquet et Bellevue-Mondotte.