Smith Haut-Laffite (château Smith Haut-Laffite) appellation Pessac-Léognan, Cru Classé de Graves (vin rouge) Bordeaux : situé sur la commune de Martillac à quelques kilomètres de Bordeaux, Smith Haut-Laffite est l’une des plus vastes propriétés de l’appellation Pessac-Léognan. Ce vignoble de 67 ha dont 11 ha en blanc couvre une butte bien exposée recouverte de graves günziennes contraignent les racines à aller chercher très profondément eau et oligoéléments. L’encépagement en rouge est constitué à 34 % de merlot, 55 % de cabernet sauvignon, 10 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot. Pour le blanc, le sauvignon domine à 90 % complété par 5 % sauvignon gris et 5 % sémillon. Ici, l’âge Moyen du vignoble est de 38 ans.

Démarche bio-organique

Depuis plus de 20 ans, le vignoble est conduit dans une démarche bio-organique. Elle s’est mise en place progressivement allant de la suppression totale des herbicides jusqu’à plus récemment cette installation de stimulateurs de défense naturelle du vignoble. Il faut noter également que le château fabrique son propre compost, que s’est généralisé le retour du labour à cheval et que Smith Haut-Laffite possède sa propre station météo. Ici, on utilise de petites cuves en chênes de 80hl et des foudres de 110 hl, parfaitement adaptées au parcellaire, dans lesquelles les raisins ne sont plus foulés mais vinifiés à baies entières. Le château a choisi d’avoir une tonnellerie intégrée depuis 1995, pour l’assurance des approvisionnements (forêts de Tronçais et de Jupille), du bon séchage des bois, et de la qualité des barriques. En 2001, Jean-Luc Itey reprenait les rennes de la tonnellerie sur les traces de son père, qui façonnait les barriques de Pétrus. Il réalise 400 à 450 barriques, soit deux par jour, la moitié des besoins du château. La direction technique du château est assurée par Fabien Teitgen avec l’œnologue Yann Laudeho.

La production annuelle est d’environ 8 500 caisses (rouge) et 2 500 caisses (blanc)

Second vin : Les Hauts de Smith (5 500 caisses en blanc et en rouge).

Une belle endormie

L’histoire du Château Smith Haut-Lafitte remonte aux temps des croisades (d’où les fleurs de lys qui ornent le blason)*. Au XVIIIe siècle l’Ecossais Georges Smith achetait le domaine et commença à exporter des barriques déjà renommées vers l’Angleterre sur ses vaisseaux. Lui succéderont en 1842, un certain Duffour-Dubergier, maire de Bordeaux qui en hérita de sa mère et en fit un Grand Cru; puis ce fut Louis Eschenauer, grande figure du négoce bordelais.

En 1990, Daniel et Florence Cathiard tombent littéralement amoureux du château et du vignoble : la raison du choix du Château Smith Haut-Lafitte est simple : un coup de cœur en visitant la majestueuse cave enterrée du Château et la passion pour élaborer un des meilleurs vins du monde. Ils vendent alors toutes leurs affaires pour racheter le château et les 60 ha de vignes de Smith Haut-Lafitte, dont le propriétaire, le négociant britannique Brent Walker, voulait se débarrasser. C’est à eux que l’on doit la nouvelle notoriété (vinicole et médiatique) de cette propriété mais au prix d’investissements considérables dans les chais et le vignoble.

* Avec le lièvre en bronze, œuvre du sculpteur gallois Barry Flanagan qui  semble flotter à l’horizontale, devenu l’emblème du château.

L’incroyable destinée de ces champions de ski

D’abord un éblouissant début de carrière comme champions de ski! Daniel n’est autre que le coéquipier de Jean-Claude Killy dans l’équipe de France de descente avec Guy Perillat et Léo Lacroix. Ce grenoblois se retrouve en 1970 à la tête d’une entreprise familiale de supermarchés qui en fait en 20 ans la dixième affaire française de distribution. Il avait entre-temps lancé sa propre chaîne de magasins Go Sport. Florence sa femme rencontrée dans l’équipe de France de ski, qui après avoir travaillé 10 ans avec lui, va fonder sa propre agence de publicité avant de rejoindre le groupe Mc Cann Europe au titre de vice-présidente. Mais la famille Cathiard ne serait pas complète sans les filles du couple. D’abord Mathilde qui va créer Caudalie (cosmétiques) en 1994 avec son mari Bertrand Thomas (CA 80 millions d’€) à partir des pépins de raisin du château reconnus pour leurs bienfaits et vertus sur la jeunesse de la peau, notamment grâce à leur teneur en polyphénols. Puis en 2001, la cadette, Alice Cathiard-Tourbier qui avec son mari va prendre la direction de l’hôtel, les Sources de Caudalie (des sources d’eau chaude puisée à 540 m qui se trouve sur le domaine familial), créé de toutes pièces à l’emplacement d’anciennes vignes.

Depuis janvier 1994, Florence Cathiard est propriétaire du château Cantelys, un Pessac-Léognan, domaine d’une quarantaine d’hectares, dont 24 ha en vignes situées sur la commune de Martillac.