Anjou (l’) : entre le pays nantais à l’ouest et la Touraine à l’est, l’Anjou offre une des cartes de vins les plus exceptionnelles de France : des vins rouges et rosés, des blancs secs, demi-secs, moelleux, liquoreux, des vins effervescents, regroupés en dix sept appellations.

Le vignoble de 15 000 ha s’étend à 95 % sur le seul département du Maine-et-Loire, au relief paisible, entrecoupé de cours d’eau dont les noms résonnent comme autant de grands crus : Loire, Aubance, Layon, le long desquels se situent les plus importants vignobles.

L’histoire

En Anjou, au cœur de la Loire, la vigne tient sa place depuis le VIe siècle. Les moines ont joué un rôle privilégié dans le développement du vignoble, chaque monastère ayant son clos de vignes. Quand Henri II Plantagenêt devient roi d’Angleterre en 1154, les vins d’Anjou sont servis à la cour, sous son règne mais aussi sous celui de ses successeurs. Leurs réputations au cours des siècles suivants firent qu’on étendit le vignoble, des bords de la Loire vers ses affluents, le Layon et l’Aubance notamment. Peu à peu, le commerce devint si important qu’il fallut canaliser le Layon, devenu le Canal de Monsieur (frère de Louis XVI) pour que les marchands hollandais puissent approvisionner une partie de l’Europe.

Le climat

Le climat n’est jamais excessif, l’ensoleillement important, les précipitations abondantes (550 millimètres par an en moyenne) et les arrière-saisons lumineuses. Il est  de type océanique tempéré, avec des écarts thermiques assez faibles, c’est la fameuse douceur angevine chère à Joachim du Bellay.

La géologie

Les terrains sont de deux types : à l’est, autour de Saumur et sur les coteaux bordant la Loire, domine le calcaire : c’est l’Anjou blanc, qui procure ces fameux vins de Tuffeau. À l’ouest, ils relèvent du Massif armoricain avec prédominance de schistes et de grès : c’est l’Anjou bleu, fournissant les « vins d’ardoise ». Entre les deux, la géologie a laissé libre cours à son imagination avec toutes sortes de sols : faluns, calcaires, micaschistes, sables et graviers roulés.

Les cépages

Tous ces sols sont parfaits pour le chenin blanc, peu regardant sur la nature exacte de sa terre. Pour les vins rouges, là encore, le breton (cabernet franc) domine ses rivaux. Associé au cabernet sauvignon, il donne les meilleurs rosés d’Anjou, laissant au grolleau, au gamay et au pineau d’Aunis, les vins plus ordinaires.

Le pays des grands liquoreux

L’Anjou, pays des grands liquoreux partage avec le Sauternes la réputation enviée d’élaborer les meilleurs vins liquoreux de France. En pays angevin, ces vins, demi-secs, doux, moelleux ou liquoreux, sont obtenus grâce aux vendanges tardives, entre octobre et novembre. Il s’agit, par tries successives, de cueillir les raisins atteints de surmaturité que développe la pourriture noble sous l’action d’un champignon appelé Botrytis cinerea. Un procédé spécial de vinification va alors concentrer dans le vin un pourcentage plus ou moins élevé de sucre résiduel (plus il est élevé, plus le vin est liquoreux).

Pour réussir un tel vin, tout est déterminant. L’arrière-saison doit être belle, ensoleillée et humide. Cette humidité, qui développe la pourriture noble, est apportée par les brouillards d’automne. L’exposition et les microclimats sont essentiels : les meilleurs versants de la Loire, du Layon et de l’Aubance sont orientés sud et sud-ouest. Il s’agit en quelque sorte de trouver un équilibre entre l’humidité qui permet la pourriture et le soleil qui la freine. Dernier élément, le cépage utilisé ne peut être qu’exceptionnel comme le chenin blanc cépage semi-tardif qui donne à l’Anjou et à la Touraine tous ses grands liquoreux.

Les appellations d’Anjou

  • Anjou (blanc, rouge)
  • Anjou fines bulles (blanc, rosé)
  • Anjou-Coteaux de la Loire (blanc)
  • Cabernet d’Anjou (rosé)
  • Rosé d’Anjou
  • Anjou-Gamay (rouge)
  • Anjou-Villages (rouge)
  • Anjou-Villages Brissac (rouge)
  • Bonnezeaux (moelleux)
  • Quarts de chaume (liquoreux)
  • Quarts de Chaume Grand Cru (liquoreux)
  • Coteaux de la Loire (blanc, moelleux)
  • Coteaux du Layon (moelleux, liquoreux)
  • Coteaux du Layon Premier Cru Chaume  (liquoreux)
  • Coteaux du Thouarsais (rouge, blanc)
  • Savennières (blanc sec)
  • Savennières Coulée-de-Serrant (blanc sec)
  • Savennières Roche-aux-Moines (blanc sec)