Belair-Monange (château Belair-Monange) Saint-Emilion Premier Grand Cru classé B (2012) Bordeaux vin rouge : le nouveau classement rendu public en septembre 2012, conforte Belair-Monange dans les premiers grands crus classés. Mais il acte également la fusion en une seule entité du château Magdelaine avec le château Belair-Monange. Les deux établissements, faut-il le rappeler, appartiennent à la société Jean-Pierre Moueix. Ils sont aujourd’hui présidés par Christian Moueix avec ses 2 enfants, Edouard et Charlotte. Leur patrimoine comprend également les 11,5 ha de Petrus*, les châteaux Trotanoy et Hosanna à Pomerol ainsi que Dominus en Californie. Depuis son rachat en 2008, château Belair fut rebaptisé Bélair-Monange en mémoire d’Anne-Adèle Monange, grand-mère de Christian Moueix, la première femme de la dynastie à s’installer à Saint-Emilion. Cela  permet aussi de mieux identifier le château face aux nombreux autres Belair ou Bel Air que recense le bordelais ou le vignoble français.

*Depuis 2001, Petrus appartient en réalité à son frère Jean-François Moueix mais c’est Christian, qui en assure la gestion.

La réunion de deux premiers grands crus classés

Le nom château Magdelaine en fusionnant avec Belair-Monange sort donc du classement des premiers grands crus classés de Saint-Emilion. Ses 11 ha  produisant 60 000 bouteilles par an (y compris le second vin) et racheté par la famille Moueix en 1952 se rajoute donc au 12,5 ha de Belair-Monange, château mitoyen d’Ausone. D’ailleurs, Édouard Dubois-Chalon qui acheta Belair en 1916, était également propriétaire d’Ausone, imposant une gestion commune des deux châteaux, jusqu’à Pascal Delbeck qui en fut de nombreuses années, le régisseur.

12 parcelles bien spécifiques

Le vignoble de Belair exposé sud et est, domine la vallée de la Dordogne. Il se situe dans le prolongement d’anciennes carrières souterraines qui servent de caves au château et d’où fut extrait de la pierre du XIVe au XIXe siècle. Pascal Delbeck, l’ancien propriétaire a répertorié sur le vignoble 12 parcelles bénéficiant toutes d’une gestion spécifique. Elles se répartissent entre le plateau (calcaire à astéries) et les coteaux à dominante argilo-calcaire, le tout avec une bonne régulation hydrique. Mais ces carrières qui supportent quelques parcelles de vignes menaçaient de s’effondrer. Déjà 1 ha avait tout simplement disparu. Il fallait d’urgence entreprendre d’énormes et dispendieux travaux de consolidations ce qui sans doute provoqua la vente en 2008 du château à la famille Moueix.

Une écodynamie raisonnée

Sur les 24 ha du domaine (réunion des châteaux Belair-Monange et Magdelaine) l’encépagement est constitué de merlot à 85 % et de cabernet franc à 15 %. Pascal Delbeck adepte du vin non technologique appliqua à Belair une méthode culturale appelée écodynamie raisonnée sorte de biodynamie qu’il pratiquait depuis une trentaine d’années. C’est lui qui introduisit les premières tables de tri, la pression et l’écoulement des jus par gravitation (une première dans le Bordelais). Il avait également mis au point un système de retraitement naturel des eaux du vignoble.

  • La production annuelle du château Belair-Monange devrait atteindre les 80 000 bouteilles.
  • Second vin : Haut Roc Blanquant.

Pascal Delbeck, un homme de cœur et de talents

Belair est un domaine fort ancien qui remonterait au XIVe siècle et connu pour être innovateur. Ainsi, dès 1802, la production est mise en bouteille au château, une première dans le bordelais. En 1916, Edouard Dubois Challon propriétaire du château Ausone acquiert Belair. Et c’est ainsi que, pendant près de 90 ans (jusqu’en 2003), les deux domaines seront gérés conjointement, les vins de Belair étant élevés dans les chais d’Ausone. Au décès d’Heylette Dubois-Challon en 2003, le domaine revient à Pascal Delbeck, son régisseur depuis 1997. C’est lui qui fut le formidable artisan du redressement du château. N’ayant pas d’héritier direct, Heylette Dubois-Challon l’avait désigné comme légataire universel.

Héritier mais endetté

Ce fils d’une courtière en vins artiste peintre et d’un CRS, arrivé à Belair comme simple stagiaire se voyait ainsi propriétaire de l’un des plus prestigieux vignobles de Saint-Emilion. Mais comment payer les frais de succession qui s’élevaient alors à 60 % de la valeur théorique du domaine ? Pascal Delbeck dès  2006, dut faire appel aux Établissements Jean-Pierre Moueix qui achetèrent 31 % des parts de la société fermière en obtenant également l’exclusivité de la commercialisation des vins du domaine. La suite, on la connaît. Comment faire face en plus aux énormes travaux de consolidations du plateau ? Pascal Delbeck décida de jeter l’éponge plutôt que de mettre en péril le domaine. Il reçut alors des propositions venues du monde entier (russes et chinoises notamment).

Les Moueix en toute logique

Mais c’est en toute logique qu’il céda en 2008 le reste de ses parts à Christian Moueix. Depuis, un important programme de remise en état a été entrepris avec notamment la consolidation du plateau calcaire miné par les carrières, la restructuration du vignoble (une politique menée sur 20 ans), la création d’un cuvier et d’un chai fonctionnels et également, la restauration du château.