Ducru-Beaucaillou (château), AOC Saint-Julien (Médoc, Bordeaux) Deuxième Cru (classement de 1855), vin rouge : le domaine s’étend non loin de la commune de Beychevelle, sur environ 245 ha dont 100 ha de vignes, près de 3 ha de parc et 140 ha de pâturages, de marais et de forêts. Le château qui doit son nom aux « beaux et gros cailloux » caractérisant son terroir, occupe l’un des plus beaux sites du Médoc avec une vue imprenable sur l’estuaire de la Gironde. Avec une largeur de 6 km ici, elle agit comme un puissant modérateur climatique. Le vignoble du château qui couvre 50 ha est planté de cabernet sauvignon (65 %),  de merlot (25%), de cabernet franc (5%) et de petit verdot (5 %). Le terroir est constitué de belles croupes graveleuses (de gros cailloux de graves de günz, d’une épaisseur de 6 à 8 m) sur un sous-sol calcaire. C’est au titre de ce terroir que Ducru-Beaucaillou est souvent considéré comme la quintessence, l’archétype même de l’appellation Saint-Julien.

La production annuelle est d’environ 228 000 bouteilles.

Second vin : La Croix de Beaucaillou.

L’histoire du château  est étroitement liée à celle des cinq familles qui en furent propriétaires et qui l’habitèrent en permanence depuis sa construction en 1720. La famille Bergeron puis, la famille Ducru qui l’acheta en 1795. Elle ajouta d’ailleurs son nom à celui du château. Ducru confia à l’architecte parisien Paul Abadie la transformation de  la demeure en une « chartreuse » de style directoire. Il fit de cette demeure l’une de plus belles et des plus facilement reconnaissables de tout le Médoc. Il entreprit également d’énormes investissements dans le vignoble et dans les chais ce qui fallut au château, en 1855, son classement de second cru.

En 1866, Ducru-Beaucaillou était vendu à l’épouse du célèbre négociant en vin et financier Nathaniel Johnston. Cet homme très aimé et très généreux fut toujours épaulé par Ernest David, le régisseur novateur de la propriété. Le domaine sous sa responsabilité fut restructuré. Il mena divers expériences sur les cépages ainsi que sur les maladies de la vigne. C’est à Ducru-Beaucaillou que fut mis au point en 1878, un mélange de sulfate de cuivre et de lait de chaux appelé « bouillie bordelaise » efficace contre le mildiou et depuis utilisé partout dans le monde.

Mais le domaine souffrit énormément de la période de prohibition outre-Atlantique, perdant la plupart de ses clients américains. En 1941, le château était racheté par Francis Borie qui restaura le domaine. Son fils, Jean-Eugène fut l’un des premiers propriétaires médocains à faire appel au professeur Emile Peynaud qui resta l’œnologue de la propriété jusqu’à la fin des années 1970 (Jacques Boisseneau a pris la suite).

Ducru- Beaucaillou est l’un des seuls châteaux de la région bordelaise qui soit bâti directement sur les chaix et l’un des rares à être occupé en permanence par ses propriétaires. La famille Borie* s’est constituée en société anonyme regroupant Monique Borie, sa fille Sabine Coiffe et son fils Bruno-Eugène qui la dirige.

*La famille possède également à Pauillac les châteaux Grand Puy Lacoste et Haut Batailley ainsi qu’à Saint-Julien, Lalande-Borie.