Gaillac (le Gaillacois) : à 50 km de Toulouse, aux confins de la Guyenne et du Haut-Languedoc, en pays des bastides albigeoises, l’appellation Gaillac s’étend sur les deux rives du Tarn jusqu’à la cité médiévale de Cordes-sur-Ciel. Les vins d’appellation concernent environ 30 % du vignoble tarnais, le reste étant dévolu aux vins de table et aux Vins de pays du Tarn. La production sur les 2 500 ha classés en AOC est en croissance constante avec 130 000 hl dont 60 % en vins rouges. Aujourd’hui, 360 vignerons tarnais travaillent l’appellation.

Le vignoble se répartit en trois zones de nature géologique spécifique :

  • Les terrasses (rive gauche du Tarn). Elles courent le long des rives du Tarn et s’étendent autour des cités de Técou, Cadalen et Lagrave. Les terrains, en majorité graveleux, sont bien exposés. Les vendanges y sont de faibles rendements mais gorgées de soleil, avec une forte concentration.
  • Les coteaux (rive droite du Tarn). Ils sont exposés plein sud et protégés par les forêts de la Grésigne et de Sivens. Ils dominent toute la vallée du Tarn. Par temps clair, il est même possible, notamment du Mas Pignou, d’apercevoir la chaîne des Pyrénées. Les sols sont principalement argilo-calcaires et profonds. Délimitée par la Vère, cette zone s’étend de Castelnau-de-Lévis jusqu’à Rabastens en passant par La Bastide-de-Lévis, Gaillac ou Lisle-sur-Tarn.
  • Le plateau cordais. Il s’étend dans la partie nord, de Cahuzac-sur-Vère à  Cordes-sur-Ciel. Il surplombe la vallée encaissé de la Vère. Ce terroir est essentiellement constitué de sols blancs calcaires et caillouteux

Une histoire tournée vers l’avenir

Gaillac serait l’un des  plus anciens vignobles de France. On y retrouve les premières traces des vignes dès le VIe siècle. Il prit son véritable essor au Xe siècle, avec l’arrivée de moines bénédictins et la fondation de l’abbaye Saint-Michel (siège aujourd’hui à Gaillac de la Maison de la vigne et du vin). Gaillac vit depuis plusieurs décennies, une véritable renaissance, puisque la production en appellation était quasiment tombée à zéro en 1971. Pour preuve, elle sut imposer comme signature sa propre bouteille, la gaillacoise, réservée aux seuls vignerons qui mettent leurs vins en bouteilles dans l’aire d’appellation Gaillac.

Un conservatoire de cépages rares

La région de Gaillac est un véritable le conservatoire des cépages rares. Elle a su tourner le dos aux hybrides plantés après les gelées de l’hiver 1956 pour renouer avec ses cépages traditionnels, complétés par quelques grands « classiques ».

En cépages blancs :

  • Le mauzac : cépage traditionnel du Gaillacois. Il excelle dans l’élaboration de nombreux vins blancs : sec, doux, effervescent. Il se caractérise principalement par des arômes rappelant la pomme et la poire. Il donne des vins tendres à faible acidité. Il existe de véritables « merveilles » en mauzac pur. Il faudrait citer les vins notamment de Robert et Bernard Plageoles, grandes figures du vignoble gaillacois du domaine des Très Cantou. Le mauzac qui ne se trouve qu’à Gaillac et à Limoux (Languedoc) possède en plus cette aptitude particulière à l’élaboration des effervescents.
  • Le loin de l’œil : son nom vient de la traduction de len de l’el. Les anciens l’appelaient ainsi parce que la grappe est munie d’un très long pédoncule et le raisin est « loin de l’œil » (un œil, en terme viticole, correspond à un bourgeon). Ce cépage très ancien ne se retrouve pratiquement qu’à Gaillac. Il produit un vin à arôme très fin de type floral. Il apporte fraîcheur et souplesse et s’associe parfaitement avec le mauzac.
  • Le sauvignon et la muscadelle : ces deux cépages viennent compléter les cépages traditionnels du gaillacois.

En cépages rouges :

  • Le duras : c’est un des plus anciens cépages réhabilités depuis vingt ans. Il  donne à la fois de la couleur, de la souplesse et de la finesse. Il se caractérise par ses arômes rappelant le poivre ou les épices. Il réussit également à merveille dans le Gaillac rosé.
  • Le braucol : appelé aussi fer-servadou, ce cépage donne un vin coloré, charnu et rustique. Ses arômes très caractéristiques et originaux évoquent le cassis, la framboise, la feuille froissée et le poivron. Il peut être consommé jeune ou après plusieurs années de garde.
  • La syrah : d’origine rhodanienne, ce cépage s’adapte aux terrains biens exposés. Utilisé avec mesure, il apporte au Gaillac de la charpente et une belle complexité aromatique.
  • Le gamay : il est le seul cépage apte à élaborer le Gaillac primeur. Très bien implanté à Gaillac, il a été récompensé de nombreuses fois « premier primeur de France ».
  • Le merlot et les cabernets : ils sont d’implantation récente dans le vignoble et font partie des cépages secondaires de l’appellation.

Les appellations d’origine contrôlée Gaillac (AOC/AOP)

  • Gaillac rouge et rosé
  • Gaillac Premières Côtes
  • Gaillac vins blancs tranquilles et vins mousseux
  • Gaillac primeur
  • Gaillac doux
  • Gaillac Vendanges tardives*
*Le Comité national a approuvé en septembre 2011 l’adjonction de la mention traditionnelle Vendanges tardives à l’AOC Gaillac. Le Comité a estimé que cette demande s’inscrivait dans le cadre d’une reconnaissance d’un produit historique élaboré jusqu’à ce jour au sein du Gaillac doux et dont les conditions de production proposées pour bénéficier de la mention Vendanges tardives sont plus restrictives. Cette mention était jusqu’alors uniquement réservée aux AOC Alsace, Alsace Grand Cru suivie d’une dénomination géographique complémentaire ainsi qu’au Jurançon.