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Le colombard, ce cépage blanc des Côtes de Gascogne et d’ailleurs…

Le colombard, le cépage blanc des Côtes de Gascogne et d’ailleurs, car depuis longtemps, il a mis la barre au large.

Ce colombard provient d’Afrique du Sud, de la province du Cap-Septentrional (Northern Cape), la plus grande des provinces d’Afrique du Sud (361 000 km2). Orange River Cellars s’approvisionnent auprès de 850 producteurs de raisins, dont les vignes s’étendent sur les rives de l’orange, le plus long fleuve d’Afrique du Sud (2160 km).

Bon blanc* pour colombard en Vendée, qualificatif amplement justifié ! Ce très vieux cépage à grappes moyennes, à petits grains blancs dorés fut très cultivé entre le XVIe et XVIIIe siècle. On le dit typiquement océanique. Il ne se plairait qu’en Gascogne, sa terre de prédilection. Et pourtant, la Californie l’adopta massivement au point qu’il fut le cépage blanc le plus planté avant d’être détrôné, début des années 1990, par le chardonnay. Si la France représente encore son principal vignoble (plus de 60 % au niveau mondial), en Afrique du Sud, le colombar (son nom local) est aujourd’hui sa deuxième terre d’adoption. Il est d’ailleurs le cépage le plus planté (13 000 ha) après le chenin blanc. On le trouve près de la ville du Cap dans les districts de Robertson et Breedekloof, sur les rives de l’Olifants mais aussi plus au nord dans la province du Cap-Septentrional (Northern Cape).

* Il est appelé blanquette dans le Lot-et-Garonne ou colombier.

Un croisement naturel entre le gouais et le chenin

Le colombard est originaire de Charente, issu d’après des analyses génétiques, d’un croisement naturel entre le gouais et le chenin. On dit que son nom viendrait de la colombe en raison de la couleur de ses raisins. Ce cépage qui donne des vins vifs et rafraichissants, offre un incroyable nez explosif avec des arômes d’agrumes et de fruits exotiques (citron, pamplemousse, fruit de la passion, mangue, ananas mais aussi rubarbe et pêche) qui le distinguent de tous les autres. A noter qu’il donne le meilleur de lui-même à un rendement de 100 hl/ha (en dessous ou en dessus, c’est moins bien). Avant qu’il ne devienne la star incontestée des Côtes de Gascogne en appellation IGP (Indication géographique protégée) souvent associé à l’ugni blanc (sans doute pour calmer sa trop grande vivacité), quel chemin parcouru !

Colombard c’est Côtes de Gascogne*

Le colombard, cépage de deuxième époque est très productif. Il possède des grappes moyennes, cylindriques, à petits grains et de couleur blanc doré (Photo DR)

Au départ, sa destination était la distillation. On l’utilisait pour l’Armagnac (avec la folle blanche) ou, au stade du moût, dans l’élaboration du pineau des Charentes. Il avait été massivement arraché dans les années 1970. Le choix se portait alors sur des variétés plus à la mode ou plus appropriées notamment l’ugni blanc. Alors ce retour en grâce ! Il le doit aux Côtes de Gascogne où la plupart des viticulteurs font des vins à 80 % colombard (voir 100 %). Pour complexifier son arôme, ils l’associent souvent à l’ugni blanc, au gros manseng ou au sauvignon. Et c’est ainsi que les Côtes de Gascogne firent découvrir un vin blanc simple, frais, léger en alcool et très tendance. Un vin étonnant qui, chaque fois qu’il est porté aux lèvres, révèle un cocktail d’arômes exotiques parfait pour le marier avec la plupart des cuisines du monde.

Au pays du colombard

*L’IGP Côtes de Gascogne (depuis 2009) couvre plus de 13 000 ha à 85 % blanc sur les départements du Gers, des Landes et du Lot-et-Garonne. Plus précisément, la Gascogne se situe entre la Garonne au nord, la forêt des Landes à l’ouest et les Pyrénées au sud. La zone géographique de l’IGP correspond au vignoble historique de l’Armagnac, un vignoble qui a, depuis 40 ans, diversifié sa production en produisant des vins Côtes de Gascogne. Ceux-ci ont admirablement trouvé leur place sur le marché international des vins blancs, principalement en Europe du nord (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Belgique), faisant des Côtes de Gascogne un des vins blancs français les plus exportés à travers le monde.

Les Côtes de Gascogne sont plantées très majoritairement de colombard. Il représente presque 50 % de l’encépagement en Côtes de Gascogne (Photo Plaimont Producteurs)

Que demander de mieux : productivité, acidité et fraîcheur !

Colombelle l’Original 2020, la cuvée emblématique des Côtes de Gascogne (colombard : 80 %, ugni blanc : 20 %). Elle est produite par la coopérative Plaimont. Récolte à maturité optimale (la nuit pour préserver les arômes). Vinification séparée. Pour le colombard, macération pelliculaire de 8 à 12 h. Extraction des jus de goutte par pressurage pneumatique à l’abri de l’air. Le débourbage est modéré et la température de fermentation est régulée entre 18° et 19° pour mieux exprimer le potentiel aromatique « agrumes-fruits exotiques ». L’élevage se fait en cuves inox à basse température sur lies fines jusqu’à la mise en bouteilles. Le potentiel de garde est 1 an (Maître de chai : Cédric Garzuel).

Productivité, acidité, fraîcheur, ce sont les 3 atouts qui font son succès dans les pays du Nouveau Monde au climat généralement chaud ! En Californie, il fut introduit pour la première fois dans les années 1850, dans Central Valley sous le nom de West’s White Prolific. Mais il fallut attendre le boom des années 60 et 70. On voulait alors des vins blancs aux côtés vifs, nerveux, fruités et dotés d’une belle acidité naturelle. Que demander de mieux quand ce French Colombard, cépage résistant était capable de produire de grandes quantités. Il devint donc la variété la plus plantée dans les comtés de Mendocino, de Lake et de San Joaquin Valley (Son rendement pouvant atteindre 32 tonnes par ha dans Central Valley). Aujourd’hui, il ne représente plus que 6 % du vignoble californien derrière le chardonnay, le cabernet sauvignon, le zinfandel et le pinot noir. Autre pays, l’Australie, un cépage plutôt récent ici couvrant à peine 2000 ha dont 48 % à Riverland. L’autre moitié étant planté dans les régions de Murray Darling à Victoria.

Le colombard, la genèse d’une renaissance

C’est à la fin des année 1970, lors d’une dégustation aux États-Unis qu’André Dubosc et André Daguin chef étoilé (décédé en 2019) découvrent un vin blanc californien, léger et fruité venu de chez Robert Mondavi. C’est le coup de foudre immédiat. Le vin est issu d’un cépage gascon appelé ici french colombard, très déprécié à l’époque en France. André Dubosc est mis au défi de réitérer l’original (il est alors directeur de la coopérative gersoise Producteurs Plaimont*). A la recherche de nouveaux vins pour mettre fin au déclin du vignoble gascon, il va tout parier sur le colombard. Huit ans plus tard, Plaimont Producteurs sortait Colombelle (en IGP Côtes de Gascogne). Le succès est planétaire. Du french colombard au colombard du Colombelle, quel plus beau retour à l’envoyeur !

*Plaimont, sans doute l’une des coopératives les plus actives et les plus innovantes de France. Plaimont est devenu le leader des vins du sud-ouest en l’espace de quelques dizaines d’années. Elle vinifie et commercialise 98 % des vins de l’appellation Saint-Mont (rouge, blanc et rosé), 55 % de ceux de Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh et près de la moitié de ceux des Côtes de Gascogne. Aujourd’hui, Plaimont, ce sont les caves de Plaisance, Aignan et Saint Mont. Elles ont rassemblé savoir-faire, héritages, terroirs et initiales pour former la coopérative Plaimont Producteur en 1979. Les caves de Crouseilles et Condom ont rejoint le collectif 20 ans plus tard.

En Côtes de Gascogne, les vignes de colombard sont largement majoritaires. Ce cépage autochtone fait parti des vieux plants de la Gascogne, remis au goût du jour il y a une vingtaine d’années pour sa fraicheur et son intensité aromatique.(Photo Plaimont Producteurs)

François

  • 1990 – Les grands vins du monde, préfacé par Gérard Depardieu. 
  • 1992 – Grands et petits vins de France, préfacé par Jean Carmet.
  • 1996 – Le guide des grands et petits vins de France, préfacé par Alain Favereau.
  • 2000 – The Flammarion Guide to World Wines
  • 2013 – Les vignobles mythiques, aux éditions Belin préfacé par Pierre Lurton (Cheval Blanc et Yquem).
  • 2014 – Prix Amunategui-Curnonsky décerné par l’APCIG (association professionnelle des chroniqueurs de la gastronomie et du vin).
  • 2016 – Cépages & Vins aux éditions Dunod.
  • 2020 – Cépages & Vins, nouvelle édition, éditions Dunod.

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