Noirmoutiers, été 2014
Château Labégorce, caisse de  6 bouteilles détournée, Île de Noirmoutier, été 2014

Le château Labégorce Margaux est une renaissance, la reconstitution d’un ancien domaine qui existait déjà entre 1332 et 1795. Sous l’égide de la famille Perrodo, les châteaux Labégorce et Labégorce-Zédé, décidaient en 2009 d’unifier leurs deux crus sous le nom de Labégorce Margaux entraînant la réorganisation du parcellaire. Labégorce se rencontre à la sortie nord de Margaux avec une orientation nord-est et bénéficie de graves profondes. Il couvre aujourd’hui un vignoble de 70 ha en production dont 60 % est consacré aux grands vins et 40 % aux seconds vins (voir Zédé de Labégorce). Le terroir est composé à 70% de sablo-graveleux et à 30% de sablo-limoneux. L’encépagement est typique du Médoc ( 50 % cabernet sauvignon, 45 % merlot, 3 % cabernet franc et 2 % petit verdot). La production annuelle tourne autour de 150 000 à 180 000 bouteilles.

Un abbé, un vice-amiral, un assureur et un pétrolier

Gorce est un nom très ancien en Guyenne. Un abbé Gorce a sans doute laissé son nom au lieu. Après la Révolution, le domaine est divisé en 3 propriétaires. Une partie va échouer par héritage à l’ingénieur Gustave Zédé, directeur des constructions navales et concepteur du premier sous-marin français en 1888 « le Gymnote » et à son frère, le vice-amiral Emile Zédé. Labégorce-Zédé fut cédé au GFA (Groupement foncier agricole) qui confiait en 1979 à Luc Thienpont (propriétaire du Clos des Quatre-Vents) la gérance du domaine. Il redonna tout son lustre d’antan au château au point de le voir classé en 2003 Cru Bourgeois Exceptionnel.

Grand amateur de vin et de polo

L’industriel Hubert Perrodo, propriétaire du groupe pétrolier  franco-britannique Perenco grand amateur de vins…et de polo* acquit le château Labegorce en 1989, puis le château de l’Abbé Gorsse de Gosse en 2002, et enfin le château Labégorce Zédé en 2005. Ces trois domaines qui ne faisaient qu’un avant la Révolution, forment maintenant une seule unité de 55 ha sous le nom de château Labegorce. A compter du millésime 2009, le Château Labégorce Zédé n’existe plus.

*Hubert Perrodo avait appris la vente de Labégorce lors d’un match de polo qu’il disputait au château Giscours.

Le château Marquis d’Alesme Becker

En 2006, quelques mois avant sa mort à 62 ans d’un accident de ski, Hubert Perrodo* avait acheté le château Marquis d’Alesme Becker qu’il  entreprit aussitôt de transformer complètement : une nouvelle équipe fut formée et d’importants travaux furent engagés : plantation, palissage, drainage et retour aux labours traditionnels. Tout fut mis en oeuvre pour assurer la renaissance et l’avenir d’un grand vin, dans le respect de ses traditions, la valorisation de son terroir et la modernisation de son outil de production.Ce prestigieux domaine s’appelle désormais château Marquis d’Alesme. Il est indépendant de Labégorce. Les propriétés de la Famille Hubert Perrodo à Margaux sont aujourd’hui gérées par sa fille, Nathalie Perrodo.

*Hubert Perrodo a été enterré dans les jardins du château Labégorce.

Nathalie Perrodo Samani

En 2008, Nathalie Perrodo Samani alors âgée de 27 ans succédait à son père Hubert Perrodo, prenant en charge la totalité de la direction stratégique du groupe des domaines viticoles composé du château Marquis d’Alesme, Troisième Cru (1855), racheté en 2006 et du château Labégorce, tous les deux en appellation Margaux. Elle est  secondée par Marjolaine Maurice de Coninck*, ingénieur agronome et oenologue, directrice des Domaines viticoles de la famille Perrodo. François Perrodo et sa famille se situent  selon le magazine Challenge (2014) au 13e rang des fortunes françaises avec 5500 M € en 2014. Les Perrodo contrôlent en plus du vin, un des derniers groupes pétroliers indépendants.

Labégorce vue d'avion
Château Labégorce à Margaux

*En 2006,  Marjolaine Maurice de Coninck avait pris la direction du Château L’Arrosée, Grand Cru Classé de Saint-Emilion, racheté en 2013 par château Quintus, propriété du Domaine Clarence Dillon ; puis la direction générale des propriétés de la famille Adams, investisseurs américains aux 6 propriétés rive droite dont Château Fonplégade (70 ha) Cru Classé de Saint-Emilion.