Robert Mondavi  né en 1913 dans le Minnesota et mort en 2008, est le père fondateur de l’industrie américaine du vin. C’est a-t-on pu dire, l’un des créateurs de vins les plus influents et les plus respectés dans l’histoire de la Californie. Il a légué au monde sa passion du vin et sa philosophie, celle qui veut que le vin soit l’essence même d’une civilisation, une culture, et un art de vivre. Son nom est à jamais associé à Napa valley en Californie.

Marketing et viticulture

Diplômé en économie de l’Université de Stanford, Robert Mondavi très tôt se rend compte que pour réussir dans l’industrie du vin, le marketing est aussi important que la viniculture. Après avoir rejoint son père producteur de vins en gros à St-Helena, à Napa en Californie, il le convainc de racheter le domaine Charles Krug. Ce sera le point de départ d’une carrière fulgurante. Il commence par moderniser les installations du domaine avec une obsession, la qualité. Toute sa vie ; il innovera. Ainsi est-il le premier à organiser des visites-dégustations pour le public, avant même que cela fut le cas en France.

Le Fumé blanc de Robert Mondavi

A 53 ans, il fonde la Robert Mondavi Winery, premier domaine de cette importance à être créé dans la vallée de Napa depuis l’abolition de la prohibition en 1933. Pour ce nouveau projet, Robert Mondavi fait appel à l’architecte, Cliff May qui élève un monument à l’histoire de la Californie inspiré des missions espagnoles. Robert Mondavi est le premier aussi à introduire en Californie certaines techniques vinicoles révolutionnaires : fermentation à froid, cuves en acier inoxydable ou l’utilisation de fûts en chêne français. Ainsi, en 1968 produit-t-il un vin de sauvignon blanc sec en fûts de chêne, une variété encore assez rare en Californie. Il le nomme Fumé Blanc qui deviendra synonyme de vin de ce cépage. Jamais à court d’idée, il lance la mode des dégustations anonymes et organise dans son domaine, des concerts de jazz, de musique classique, des expositions et des programmes complets culturels et culinaires.

Opus One, un partenariat avec Philippe de Rothschild

Avec toujours cette volonté d’innover, il s’associe en 1979 avec le Baron Philippe de Rothschild pour créer Opus One Winery à Oakville. Immense succès avec un record à la clé : une caisse de vin Opus One adjugée 24 000 $ lors de la première vente aux enchères de la vallée de Napa. Cette vente dont il est le fondateur est encore aujourd’hui la plus importante vente aux enchères de vin aux Etats-Unis. Mais ce partenariat apporta beaucoup plus. Elle permit à la Californie d’acquérir une plus grande reconnaissance internationale de son terroir, ce qui entraîna le début d’importants investissements européens en Californie. Il joua également les mécènes, offrant 25 millions de dollars à l’université de Davis en Californie pour créer le Mondavi Institute for Wine and Food Science.

Son échec en France

Entre 1980 et 1990, il étend son empire en prenant des participations dans des vignobles italiens, australiens et chiliens. Rappelons qu’il échoua à s’implanter en France, dans le Languedoc. Après de longs travaux de prospections, sa firme avait fini par découvrir un terroir idéal, à Aniane (département de l’Hérault), celui de l’Arboussas, une colline boisée qui abrite à sa base les vignobles de Daumas Gassac et Grange des Pères. Ce terroir était présenté comme le plus prometteur de toute la région. Mondavi avait finit par obtenir du maire de l’époque, la signature d’une convention au terme de laquelle, Mondavi défrichait 50 ha pour les exploiter durant 50 ans contre le paiement d’un loyer. Mais devant l’hostilité suscitée par cette firme , considérée comme une multinationale plus intéressée par les profits que par la qualité du vin, Mondavi renonça à son projet.

La légion d’Honneur

Pour sa contribution aux progrès de la viticulture mondiale, il recevra la Légion d’Honneur en 2005 et se verra admettre dans le California Hall of Fame en 2007, par le Gouverneur d’alors, Arnold Schwarzenegger.

Robert Mondavi finit par vendre fin 2004 son entreprise, Mondavi Corporation, au géant américain des vins et spiritueux Constellation Brands pour 1,36 milliard de dollars.

Les vendanges du bonheur

Il avait publié en 1998 son autobiographie, Les vendanges du bonheur Elle résume la philosophie qui a conduit sa vie.Faudrait-il associer ce livre à d’autres raisins, d’autres vendanges, de la colère d’hier au bonheur d’aujourd’hui ! Les raisins de la colère de John Steinbeck(publié en 1939) : Nom de Dieu ! Regardez, s’écria-t-il, les vignobles, les vergers, la grande vallée plate (…) Jamais j’aurais cru que ça pouvait exister un pays si beau. Ruthie chuchota : « c’est la Californie ». Et ce si beau pays, la Californie fut celui que magnifia  avec tant de talent Robert Mondavi.